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pelle t ignorance sur mont «Me. z. La troisième espcce d’ignorance estcelle qui est insurmontable & invincible , ìorsqu'rlest impossible qnehous tachions ce que nous ignorons , ou quand après avoir pristout le foin possible, pour savoir ce qu'il faut que nous sachions. nousne le pouvons, toutes les autres fortes d’ignorance, fur tout affectées,ne fervent que pour couvrir la malice de fa volonté ; il faut aussi pouréclaircir ce sujet, faire soigneusement distinction , non-íeulementdesprincipes généraux, sur lesquels on établit le juste & l’injuste, l’excu-lable & I inexcusable; mais aussi de ceux qui en approchent en clar-té , & pat conséquent en la même oa approchante obligation, Ceux-là aussi lont tellement évidcns , qu’ils nc souffrent aucune difficulté,comme de ne pas dérober le bien d’un autre j mais les conséquencesde ces piincipcs ’évidens ont souvent des conséquences qui ne sontpas aussi claires ; car de ces conséquences, les unes sont faciles à con-naître , & les autres se connoidcnt plus difficilement ; celles qui fontfaciles à cónnoitrc sc trouvent, pat exemple, dans le cas de deux per-sonnes mariées : ce mariage posé & établi, il s’ensuit que l'adultere estsensé exclus > Lee. Dans la Jurisprudence, il y a souvent des choses & descas ou la certitude & l'évidence n’est pas égale ; mais les premiersptincipesde l’équité sonttnanifestesdans tout homme qui n’est pointmalade & hors de sens. En général á legard des Loíx Civiles, on ex-cuse ceux qui n'en ont point connoissance ni intelligence , quand iln’y a point de malice & d'ignorance crasse. Grotius même prétendque comme l’ignorance de la Loi, si elle est invinaible, excuse toutà taire le péché, il est vrai aussi de dire qu’elle le diminué, quand mê-me elle se trouveroit accompagnée de quelque négligence. C’est cequ’il dic a u livre z. du Traité du irtit de la guerres de la paix, chap.ìo. §. 43. Le même Auteur sait cette comparaison de la Jurispru-dence avec les Mathématiques. II en est ici, dit-iî , comme dans lesJ^athématiqucs, dans lesquelles il y a des premiers principes, ou quiapprochent des premiers, des démonstrations qui convainquent l’es-prit aussi-tôt qu’on les conçoit, & d'autres-qui sont effectivement vé-ritable, ; mais dont la vérité n’est pas connue de tout le monde. IIcite Aristote,qui paroîtici fort indulgent dans son 7. livre aNicoma-fht. Les Barbares, dit Aristote, qui pèchent pat leur mauvaise éduca-tion , doivent être comparés à ceux à qui quelque maladie cause desaltérations involontaires dans leur imagination , d’où ieuc viennentdes désirs déréglés, & conséquemment des poursuites & conduites vi-cieuses. Plutarque dit de même, qu'il y a certaines maladies d’espric,qui déplacent l’homme de son assiette naturelle ; mais dans la Prati-que & bonne Police, si l’on ne'punir pas toujours i'cvérement ces ac-tions nées de l’ignorance & de la rusticité barbare , on prend desprécautions, & on s’affûre contre des hommes si préjudiciables, & si dan-eeteux dans la société civile.
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ILLICO est un mot Latin » qui étoit d’ufage dans l’anciennePratique; il signifie furie champ. Selon cet usage, on étoit obligéd’interjetter appel aussi-tôt que la sentence dont on se plaignoit avoirétc signifiée, & ce n’est que pour être relevé de l’illico , qu’on a in-venté les reliefs d’appel; Voyez Imbert en sa Pratique civile (y criminel-le, Uvre z. chap. 1. sur la fin. Etre relevé de l’iìlico , signifie ne pointÊtre eh faute > pour n’avoir pas appellé d’une sentence disgracieused’abord for le champ ; ce mot est tel en Latin , & est dit comme sil’on disoit, in loco sy tempore ipso, for le lieu, for le champ.
ILLUSOIRE. Captieux qui tend à tromper sous une fausse ap-parence ; ce mot vient du Latin tlludere , illujìo : il se dit au Palaisdes contrats simulés, des actions des Parties, quicolludenc ensemble.Lespiéccs & les faits qu’on allégué doivent ctre fondés» vrais, réels &non illusoires. On se sert encore de ce terme pour donner à entendreque quelqu’un sc joué de nous, ou nous trompe secrettemeht, déser-té que ce n’est qu’avec une grande application , qu’on peut découvrirla tromperie qu’on nous fait, ou qu’on nous a faite fous l’apparenccpourtant de bons offices, & d’un procédé droit & légitime. Illusionest aussi un terme de Palais, pour marquer une maniéré d’agir nonsincère > mais pleine d’artifice & de chicane > un Avocat parlant d’unAvocat de la partie adverse, dit, ce ne font pas des objections solides;Mais de pures illusions.
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[IMAGE. Pour faire des images de colle de poisson de plusieurs«ouleurs, qu’on appelle communément images de Flandre.
Pour en faire de vertes , il faut mêler du verdet cn poudre avecde Peau > & laisser infuser pendant trois jours le pot verni, dans lequelvous avez mis l’infulion. Ensuite vous la passez par un linge en qua-tre doubles, puis ayant fait fondre votre colle dans cette eau sor unpetit feu, ayant loin de ne la pas faire trop épaissi:, vous la jettez forles planches, qui doivent avoir un bord de cire pour arrêter la col-le. II faut deux onces de verdet sor une pinte d’eau.
Pour en faite de ronges, on fait infuser du brésil dans l’eau. Pour«n faire de bleues, on y fait infuser de l’azur, & pour eh faire de jau-nes , on y fait infuser du sassran avec un peu d’aíun de roche > pour*n faire d’or ou d’argenr, on mêle avec la colle de l’or ou de l'argenten coquille, puis ayant jette le fond dans un linge, vous jettez le toutfur la planche, comme ci-dessus.
^ Image-s. Pourdaircir les images. Voyez. Estampe. Peinture.
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IMBECILLE & Imbécillité. Voyez Charondas, Uvre 7.rep. 60. Ces deux mors se disent des esprits foibles en toute forte d’â-ge & de sexe. Les enfans au-dessous de sept ans font ordinairementencoie foibles &imbecilles, leut corps est encore trop mol & humi-de pour avoir les nerfs solides & deslechés» pour soutenir la petiteMasse de leurs corps dans de grands efforts, & ces mêmes indisposi-tions du tempérament sent aussi cause que leurs opérations vitales ,Terne l>
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sensitives, & encore moins les raisonnables » ne sc peuvent faite cons-tamment. Les vieillards dans le grand âge, tombent dans ía mêmefaiblesse Sc imbécillité corporelle Sc spirituelle » sur tout quand ils sesont négligés dans leur âge moïen ; & qu’ils ont prodigué leurs forces;mais ceux qui ont une vieillesse modérée & reglée font allez long-tems honneur á leur âge. Ce mot d’imbecille vient du Latin tmbecdhs ,fine baculo , & par son étymologie ce mot convient fort bieh au vieil-lard dont nous parlons ; car c’est comme si on dìsoit vieillard fans bâ-ton , fans appui, fans force; car 1e mot bacutus, même dansl’Écritu-re; signifie force, frangam baculum panis, je romprai la force & vertunutritive du pain, dit le Seigneur, en menaçant son Peuple. En Droirsi un imbecillc est absolument privé dc sens & de raison, il ne peut tes-ter. On donne des curateurs aux imbecilles aussi bien qu’a.ux furieux.Quelques Jurisconsultes soutiennent qu’un imbccille peut disposer deses biens , pourvu qu’il ait un peu plus de jugement qu’un enfant dequatorze ans.
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IMMATRICULATION. Terme de Droit. C’estl’enrégistre-ment qu’on fait d’un nom de quelqu’un , dans quelque registre public»comme celui d’un rentier de ’l’Hôte: de Ville, quand la rente changede propriétaire; on paye un écu au Commis des payeurs, pour le droird’immatriculc pour chaque tente; on le dic aussi de l’enrégistrementqu’on fait du nom d’un Avocat ou Officier, quand il est reçu , ou lorf-qu’il fait le serment dans les régistres de la Compagnie ou on le re*çoit, alors il a foin de lever son immatricule, cest-à-dire, Pacte de faprestation de ferment. Ces mots immatriculation > immatricule, imma-triculer , immatriculé , viennent du mot matricule de rnatnx, le seind’une mcrc, parce que c’est dans le registre appellé matricule, que sontcompris les noms de tous ceux qui lont comme les confrères d’unémême profession, d’une même condition & droit,
IMMÉMORIAL. Terme deDroic. La pollession immémorialeétablit une coutume, & forme wi titre consacré par le rems, qui enfait voir la justice. La possession centenaire est une possession immé-moriale, & vaut un titre. La prescription immémoriale est de cent ans »parce qu’il n’y a point de mémoire de cent ans. Ce mot adjectif scdit d’un tems Sc de la durée d’une chose, dont on ne peut dire le com-mencement ; or les choies de cette ancienneté n’ont aucun rapport ànous, puisque la piûpart des hommes mourant en-deça de ce terme,aucune de leurs actions & témoignages , ne peut contredire à ce quiest de cet ancien établissement. Ce mot vient de in particule négativeLatine, Sc memoria souvenir, chose établie parfaitement, puisque per-sonne ni mémoire d’homine, actuellement vivant, n’en peut assignerk commencement ni aucun titre, 8 c marque d’une injuste origine &établissement : étant naturel de présumer que tout a été bien établi »lorsqu’on ne peur avoit de preuve , ou témoignage du contraire.D’alieuts les raisons de prescriptions militent aussi pour le cas despossessions immémoriales,. parce qu’il n'est ni expédient ni possible,
? :ue les Juges Sc Magistrats s’occupent à rechercher les droits Sc lesairs au-de-lá d’un certain terme, parce que les affaires d’un tems con-sidérable moralement présent, suffisent pour les occuper entieremenc& utilement, pour k présent bon état de la police, íe de la vie civile»Ce mot immémorial signifie donc deux choses, l’une qu’esscctive-ment il n’y a point de mémoire d’homme actuellement vivant , quipuisse rendre témoignage de la qualification de la chose , ou que lachose s’est passée depuis fi long-tcms, que les Juges Sc Magistrats nedoivent plus s’en souvenir, & s’tn occuper, parce que leur attention,leur mémoire, & la capacité de leur esprit ( qui n'est point infinie)ne doit point être divisée, & partagée entre ks affaires du cou»pré-sent des affaires trés-preilántes de la vie civile» & des affaires surannées,qui n’ont presque plus de rapport au tems moralement présent. Im-» mémorial vient de mémoire, qui signifie plusieurs choses. La faculté parlaquelle fans écriture l’on peut rappeller dans son souvenir, ce que nousavons fait, ou ce que les autres ont fait; Sc cette mémoire dont Jëmot immémorial se tire, n’est pas la mémoire d'un particulier; maisune certaine mémoire publique, qui signifie qu’aucun particulier nepeut ramentevoir ; ou faite ressouvenir les autres à qui il importeroirde savoir 1e sujet sur lequel l’on pourroir 011 voudroic concroverser.Mémoire est aussi un écrit sommaire qu’on donne à quelqu’un, pourle faire souvenir de quelque chose, pòu r n'en avoir pasl’esprit chargé,& ne pas être exposé à en perdre k souvenir & l’attencion. Le mocimmémorial a rapport à cette sorte de mémoire , ou monument parécrit, ou autre équivalent, vestige & trace d’antiquité ; qui peut ame-ner à la connoissàe de ce donc est question, & sur quoi les éclairacissemens scroiencà souhaiter, pour asseoir un jugement fur des chosesobscures, par la longue fuite des tems ; voilà ce qu’on peut appelserproprement immémorial cette chose ou sujet, dont on n’a ni mémoire >ni aucun monument , ni aucun instrument qui puifle en faite connoktcla nature & le droit. Voyez. Mémoire.
IMMEUBLE est touc ce qui est attaché à la terre, comme unëmaison » une terre, un moulin à vent, & généralement ce qui ne peutêtre transporté d’un lieu en un autre sans détérioration , res immobilesqu& solo burent. Voyez la Coutume de Paris art . es. fy suivons. II ar-rive aussi que par fiction des meures, deviennent immeubles, c’est-à-dire, sont réputés en justice & en jugement, commes’ils étoient réel-lement immeubles , parce que quoiqu’ils ne le soient pas pat soi ,l’équité veut les prendre pour tels, les suppose pour tels, pat des rai-sons pressantes, par lesquelles on voit que ces choses meubles méri-tent, ou par leur destination, ou par quelqu aune considération d’ê ! réélevées au rang, propriétés & prérogatives des choses immeubles. Onlit dans t article çs. de ta même Coutume de Paris ces paroles. Sommede deniers donnés par pere , more , Uyeul ou ttyeule , ou autres ascendans 4leurs enfans en contemplation, ( c’est-à-dire, en vûë & pour cause) demariage pour être employée en achat d'héritages , encore qu’elle n’ait étéemployée , est réputée immeuble à cause de la destination. De sorte que laI Kkkij personne