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envers l’État subsistent toûjours > car ceux qui restent aptes l'enkietedestruction du Corps d’un État , n'en étant plus Membres , ne sau-toient s'attiibuer les mêmes droits qu'il avoir. Or il est clair qu’^í-Uxandre decruiíit cntierement la République de Tliébcs , Sc qu’ainliceux qui rebâtirent eníuite cette Ville, sonnèrent un Peuple tout nou-veau , qui ne pouvoir pas prétendre rentrer dans les droits particu-liers des anciens Thébains, par cela seul qu’il occupoit le même Pais, &qui n'avoxnr acquis aucun autre titre en vertu duquel il pût exiger ladette des Thessaliens. 6 . Enfin que les Theíìàlicns n’avoienc pas recou-vré Pacte de leur obligation par une (impie posteffion fans titre , maisqu'il leur avorc été vo onuiiement délivré par celui qui ctant devenumairie de tout ce qui appartenoit aux Thébains , avoir bien voululeur remettre cette dette. Voyez Pust'end. à Tend. cité ci-dejfus. 20.

L’étymologie du mot incorporel vient de corporel, palpable , sensi-ble ;ainít incorporel est le mcine que inpalpable, qui ne tombe pointfous les stns , qui ne le peut toucher de la main. Cependant quoiqueles droits (oient impalpables & ne fe puiflènt tou.ha,ceia n'empéchepas que les choses fur lelquellts ils s'exeranc ne soient sensibles & cor-so elles. Nous avons vû au commencement de cet Ai tide qut les droitslbnt spirituels , parce qu'ils consistent en certaines qualifications civi-les de la perlonne , en vertu delquelles le Magistrat, le Juge & lePrince la juge digne de percevoir des avantages considérables. Oi ccsqualifications lont appcllces droits incorporels , parce quelles ne lontpoint palpables.

INCRÉDULE , Incréduiité. Ces mots fe prennent cnbonne ou mauvaise part, & lont odieux en Morale. 11 est permis ,par exemple , d etre incrédule en Physique , Sc de tenir toûjours Ionesprit dans la suspension Sc la défiance jusqu'à ce que les choies loicntbien prouvées , parce que pour être honnête homme selon Dieu Scíèlon le monde , il n’est pas néceslkire d'être Cartésien , Gallcmnste ,Mallebranchistes ou Aristotélicien j mais il n’en est pas de même d'unPcre de famille , qui ne íácroit apprendre les vérìtcz révélées a ceuxqui sont sous là direction , s’il ne ics croit allez fermement lui-mê-me , pour ne rien commettre de ce qui, (don PÉcrituie Sainte ,expose au feu éternel , & ne rien omettre de ce qui , selon la mémeÉcriture , aura pour (à récompense une félicité qui n'aiua jamais defin. II en est de la révélation, de ses dogmes Sc de ses préceptes, patrapport a la raison humaine , comme de ces tubes optiques, par lemoyen defqueiles nous découvrons dans les corps célestes, ce que nosyeux n’y pourroient jamais appercevoir , à cause du trop grand éloi-

{ 'nement. La Foi est le verre optique qui fortifie Sc pcricctionne lesumieres de la raison : sans le secours de i’optique l’homine r.e com-prend rien à la relation historique de l’Aitronome, il ne peut mncioire de ce qu’il lui dit , & regarde comme autant de chyméres , devisions & de folks imaginations toutes les vêtirez optiastronomiques,de méme ausiî Pincrédulc fe mo que des dogmes de la Religion &des vêtirez Théologiques , parce qu’il en veut juger fans le secours del’optique divine . qui est la Foi , & qu’il ne s’cn rapporte qu’au té-moignée d ses serti , ou tout au plus à fa raison.

Cependant il est assez apparent que ceux qui affectent dans les com-pagnies de combattre les vêtirez Ics plus communes de la Religion,en disent plus qu’ils n’en pensent. La vérité a plus de part à leurs dil-putes que la conscience. Ils s’imagincnt que la singularité & la har-dieílèdes (entimens qu’ils soutiendront leur procurera la réputation degrands esprits. Les voilà tentez d’ctalet contre leur propre persuasionles difficultez à quoi sont sujettes les Doctrines de la Providence Sccelles de l’Évangile. Ils (e sont donc peu a peu une habitude de tenirdes discours impies , Sc si la vie voluptueuse sc joi.it à leur vanité,ils marchent encore plus vite dans ce chemin. Cette mauvaise habitu-de contractée d’un côté sous les auspices de l'oigueil , & de l'autresous les auspices de la sensualité , émouste la pointe des impressionsde 1 éducation , je veux dire qu’clle assoupit le sentiment des vêtirezqu’ils ont apprises dans leur enfance tom bant la D.vinité , le Paradis& l'Enfer ; mais ce n’est pas une Loi éteinte , ce n’est qu'un feu ca-ché sous les cendres. Ils en ressentent l’activité des qu’ils se consul-tent , & principalement à la vsìë de quelque péril. On les voit alorsplus tremblans que les autres hommes. Ils patient jusqu’à la supersti-tion > le souvenir d’avoir témoigné plus de mépris qu’ils n'en sen-toienc pour les choses saintes , & d’avoir tâché de se soustraite inté-rieurement aussi à ce joug , redouble leur inquiétude. On n’a presquejamais vû qu’un homme grave , éloigné des voluptez & des vanitezde la terre , se soit amusé a dogmatiser pour l’impietc dans ses com-pagnies , encore qu’une longue fuite de méditations profondes, niaismal conduites, l ait précipité dans la rejection intérieure de toute Re-ligion. Bien loin que cet homme voulût ôter de l'eíprit des jeunesgens les doctrines qui les peuvent préserver de la débauche, bien loinqu’il voulût inspirer ses opinions à ceux qui en pourroient abuser, ouà qui elles pourroient faite perdre les consolations que l’espérancc d’u-tie éternité heureuse leur fait sentir dans leurs miseres , il les fortifie*roit là-dessus pat un principe de charité Sc de générosité. II ga de sessenrimens . ou pour lui seul , ou pour des personnes qu’il connoittrès capables de n’en pas faite un mauvais usage. Voilà ce que fontles Athées de sistême , ceux que la débauche ni l'eípiit hâbleur n’ontpoint gâtez. Le malheur d'avoir été frappez d'un certain ptincr e Scde l avoir suivi avec trop de gradations de conséquences les a menezà une certaine persuasion. La grâce de Dieu les en peut tiret à la vûëde la mort, mais sens cela ils persistent dans leur indolence au milieudes ma'adies Sc des tempêtes, Sc s’ils se conforment aux Cérémoniesmortuaires de l’Églisc, c’est pour épargner à leurs parens les fuites fâ-cheuses de la rejection du Rituel.

Ne croire rien Sc croire tout, sont des qualitez extrêmes qui ne va-lent rien ni lune ni l’autre. Mais ce qu’il y a de remarquable,c’est quenonobstant leur opposition , elles sc prêtent la main mutuellement ,je veux dire'j que comme il y a des gens qui deviennent incrédulesjusqu’à l’excès, parce qu'ils voyçnt l’cxceffivc crédulité des autres, jl

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y en a aussi qui passent à l’exceslìve crédulité, parce qu'ils voyent qued’autres sont dans une incrédulité excessive. Un tel nie cela, dilencles uns , Sc puis encore cela j Sc de jour en jour il rejette de nouvelleschoses, Sc enfin rien ne lui parole probable , évitons ce péril Sc n’err-tamons point notre foi. Un tel croit cela , disent les autres , & pui*encore cela , Sc il s’engagc de jour en jour a r. oser douter de rien ,car les doutes fur une choie le convaincroient de témérité fur les pointsqu’il a embrasiez j évitons ce péril Sc n’entamons point notre négati-ve. Ces gens la nc sonc jamais a imiter.

L’expérience nous apprend que la difficulté de convertir les incré-dules ne vient pas tant de ce qu’on leur demande qu’ils croyent desMystères incompréhensibles , que de ce qu’on leur demande qu’ilsrenoncent à lans pallions. En ester, s’il n'y avoir pour êtr. bon Chré-tien , qn’a dire dans son ame , fe crois tout ce que Ton dit des Mystèresde la Trinité , de Tlncarnatton Ò' de tons Us autres qu on -veut que jtcroye , fans m'obliger à Us comprendre > la profession de l’Évangile nerebutetoit perlonne ; chacun se fetoir fort de croire tout cc qu’on vou-droit, pouivû qu’on ne lui demandât ni qu’il le comprît, ni qu’il vé-cût autrement qu’a ía fantaisie. Ce n’est pas que croire soit une choseauffi ailée que l’on diroit bien ; mais c’est que l’on s’imagine qu’il n’ya rien de plus aisé . Sc que l’on n’cxamine pas ce que c’est. Les unsfont accroire au inonde qu’ils croyent Sc qu’ils ne croyent pas j lesautres en plus grand nombre se le sont accroire à eux mêmes, ncsachant pas pénétrer ce que c’est que croire. Quoiqu’il cn soit , cha-cun sè juge capable de la profession du Christianisme , quand il penseque pour être fidèle il suffit de dire froidement que l'on est persuadéd’avoir cette foi spéculative qui croie les Mystères , parce qu'il n’encoûte rien , Sc cette foi superficielle qui est dans la pointe de l’eípritfans action ; mais quand il voit qu’on lui déclare que pour. croire àl’Évangile comme il faut , il est nécessaire de se mortifier , de souf-frit avec joye le mépris Sc les injures . d’aimer ses ennemis ; en unmot d’.illcr contre le torrent de ses passions sensuelles, alors la naturese révolte Sc la raison ne veut plus que l’on croye d.s choses qu’ellcne comprend pas, C’elt une illusion toute pure que l’on sc fa t, ouun prétexte que l’on cherche pour couvrir la véritable cause de sonincrédulité. On noie pas avouer que la raison pour laquelle l’Évang lene nous accommode pas , est qu’il nous ordonne de vivre vertueuse-ment : quoique ce soit là le grand grief, on cherche une excuse Scl'on sc met a disputer contre les dogmes de spéculation. Le coeur nefe voulant point rendre , fait que l’eíprit , qui est ordinairement fadupe , cherche des aunes pour le maintenir. Ce qui fait, dit S. Chry-íoítome . m I. ad Corinth. cap. 3. qu'on n a point de foi pour Us Com-mandemens de Dieu , c est qu’on fe jent trop lâche pour les accomplir.

Au reste toutes les causes de la difficulté de convertir les incrédu-les nc consistent pas dans la malice du coeur. Elles viennent quelque-fois d’unc obscurité involontaire de l’ame ; car comme il y a des ob-jets que nous ne saurions appercevoir , quclqu’envie que nous enavons, il y a aussi des véritez qui ne nous paroilïert jamais être desvêtirez, quclqu’envíe que nous ayons de ses connoitre , Sc quelqueeffort que nous (allions pour cela. Qu’on en dise ce que l'on voudra,nus facilitez n agissent jamais si les objets n’ont une juste proportionavec elles. Si les objets de la vûë font trop petits ou trop éloignez .ou dans les ténèbres > nous avons beau faire des vœux pour Ics voir,il faut nous résoudre à ne les voir pas, quelques bon yeux que nousayons. D'autre côté si nous avons la vûë foíb'.e , on a beau nousmettre les objets à la portée d’une bonne vûë > nous ne les voyonspourtant point. Et qui nous a dit que les objets de l’entendement nedemandent pas une pareille proportion asin que nous les apperce-vions î Qui nous a dit qu’il nc faut que souhaiter de les croire vérita-bles > asin qu’ils nous paroissent tels ? Qui nous a dit que la lumièreintérieure de notre ame est toûjours allez distincte pour connoitre lesobjets qu’on lui présente dans quelque éloignement qu’on les met-te , & de quelques voiles qu’on les enveloppe » Pour moi , fansnier qu'il v ait une infinité de personnes qui s’aveuglcnt volontaire-ment , ;e sois persuadé qu’il n’y a que Dieu qui connoifse ceux quiignorent malicieusement hs mystères de la parole , & que puisqu’ily a des gens qui voyent mieux la force d’unc objection que celle dela réponse , quoique la réponse soit meilleure & qu’ils n’ayent aucunintciêt ni à l’objection , ni à la réponse , il y a auffi des gens qui serendent aux plus foiblcs raisons, fans suivre la pente de quelque pas-sion déréglée.

De plus il tst évident que la raison ne sautoir jamais at eindre àce qui est au-dessus d’elle ; or si elle pouvoir fournit des réponses auxobjections qui combattent les Mystères, eller atteindroienr à ces mê-mes Mystères , elle sc les assujettitoit , elle les manieroit & les plie-roit juíqu’aux dernieres confrontations de ses premiers principes , jeveux dire , julqu’à ce qu’elle eût conclu qu’ils s'accordent avec la lu-mière naturelle. Elle feroit donc ce qui surpasse ses forces , elle nion-teroit au-dessus de ses limites , ce qui est formellement contradictoi-re. II faut donc convenir qu’elle ne peut point trouver de réponse àses propres objections , & qu’ainsi elles demeurent victorieuses taniqu’on ne recourt pas à l’autôtité de Dieu , Sc à la nécessité dc capti-ver son entendement à l’obéïssance de la Foi.

Tâchons de rendre cela plus clair. Si quelques Doctrines sont au-dessus dc la raison , elles sont au-delà de fa portée. Si elles sont au-delà de fa portée elle n'y sautoir atteindre , elle ne peur pas les com-prendre. Si elle ne peut pas les compendre , Ile n’v fuiroit trouversucune idée , aucun principe qui soit une source de solution j & parconséquent les objections qu elle aura faces demeureront fans répon-se , ou ce qui est la méme chose., on n’y répondra que par quelquedistinction aussi obscure que la thèse méme qui auta été attaquée.Or il est certain qu une objection que l’on fonde sor des notions biendistinctes , demeure également victorieuse , soit qu’on n’y répondetien , soit qu’on y faste une réponse où personne ne comprend rien iparce que la partie nc peut pas être égale entre deux hommes dont

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