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l’un objecte ce «me l'on comprend aussi nettement que lui. & dontTautte ne sauroit se deffcndre que par des réponses où ils ne compren-nent rien tous deux.
Ce qu’il faut conclure de cela , est que les Mystères de l’Évangileétant d’un ordre surnaturel, ne peuvent point & ne doivent pointêtre alíujettis aux régies de la lumière naturelle. Ils ne íont pas faits
Í Jour ctre à l’épreuve des disputes Philosophiques : leur grandeur,eur sublimité ne leur permet pas de la subir. II seroir contre la natu-re des choses qu’ils fortifient victorieux d’un tel combat , leur carac-tère essentiel est d’'être un objet de Foi, & non pas un objet de scien-ce. Ils ne seroient plus des Mystères , fi la raison en pouvoir résou-dre toutes les difficultez. En un mot l’esprit de dispute est la chosequi paroíse la moins approuvée dans l’œconomic Évangélique, Jeliis-Christ ordonne d’abord la Foi & la soumission. C'cst son début ordi-naire > & celui de ses Apôtres . Sut moi , croi est tu sents sauvé. Luc.S. 27. & p. sç. Acl. 16. 3i. Or cette Foi qu’il exigeoit ne s'aquc-xoit point par une luire de discussions Philosophiques , & par degrands raisonnemens ; c’étoit un don de Dieu , c'étoit une pure grâ-ce du Saint Esprit, Sc qui ne tomboie pour l’ordinaiie que fur des per-sonnes ignorantes. Math. n. zs. Elle n’étoit pas même produitedans les Apôtres par 1 ester des réflexions fur la sainteté de la vie de J.C. & sur l’excellence de sa Doctrine Si de les Miracles. II falloir queDieu lui-même leur révélât que celui dont ils ctoient les Disciples »étoit son Fils éternel, ibtd. 16. 17. Si Jesus-Christ & ses Apôtres sontdescendus quelquefois au raisonnement , ils n’ont point cherché leurspreuves dans la lumière naturelle , mais dans les Livres des Prophè-tes & dans les Miracles; & li quelquefois Saine Paul s’ell prévalu dequelque Argument ad hommem contre les Gentils , il n’y a guéres in-sisté. Sa méthode étoit enticrement différente de celle des Philosophes.Ceux-ci sc vantent d’avoir des principes íî évidens , & un système fibien lié > qu’ils n'ont point a craindre d’autres obstacles de persuasionque l'esprit stupide des Auditeurs , ou que la malice artificieuse deleurs émules,& ils s’cxposent à rendre raison de leur Doctrine à toutle monde & i la soutenir contre tout venant. Saine Paul au contraire,reconnoít que sa Doctrine est obscure , qu’il ne la se:t qu'imparfaite-ment. I. Corinth. 13. ex. & qu’on n’y peut rien comprendre, à moinsque Dieu n’y communique un discernement spirituel, Sc que sans celaelle ne passe que pont folie. La même , 2. 14. Il conteste que la plu-part des personnes converties par les Apôtres , étoient de petite con-dition & ignorantes. La même » jr, 26. II ne défie point les Philoso-phes à la dispute, & il exhorte les Fidèles à le tenir bien en garde con-tre la Philosophie , & à éviter les contestations de certe Science , quiavoir fait perdre la Foi 2 quelques personnes. Lf. aux Colojf. 2. s. &à Tttnoth, s. 20. zi.
Ainsi le véritable moyen de ne pas s'engager dans un chemin quine peut que conduire au Pyrrhonilme , au Déisme ou à l’Athéïsme ,c’cst de se soumettre à lautorité de Dieu , & de croire humblementles Mystères qu’il lui a plu de nous révèles > quelques inconcevablesqu’ils soient , & quelques impossibles qu’ils paroislenc à notre raison.Vyez Bayle , & au mot. Irréligion.
INCRUSTATION. Terme d’Architecture. C’est un or-nement de marbre , de jaspe , de piètres dures & polies , ou d’autreschoses brillantes qu’on applique par carreaux dans des entailles fai-tes exprès dans le corps d’un bâtiment. Les incrustations du Châteaude Madrid ne font que dc poterie î mais celles du Louvre font demarbre. II y a cette différence entre incrustation Sc enduit , qu’onincruste une muraille , un pilastre , une colomne , en la revêtant demarbre , dc jaspe . Sic. au lieu qu'on ['enduit en appliquant dessusune couche dc chaux , de plâtre ou de quelqu’autre matière détrem-pée. Incruster vienr de trusta, croûte , surface , soit rude & rabo-teuse , ou polie. On appelle aussi incruster , quand on met une pie-ce en la p ace d’une autre qui s’est écornée par quelque accident, &qu’il faut hacher.
Les Anciens peignoient à fraisque sur le stuc , & l’on voir dans Vi-truve les soins qu’ils prenoient â bien faire les ín rustarions ou en-duits de leurs bâtimens , pour les rendre plus beaux & plus durables.Les Modernes ont trouvé que les enduits de fable & de chaux sontplus commodes pour peindre, parce qu’tls ne sèchent pas si-tôt que lestuc. Cet enduit se fait avec du fable bien fin détrempe avec de lachaux bien éteinte. A Rome on se sert de portolane , qui est uneespece de sable. L'enduit doit être bien pressé , bien poli , frais &humide pendant que l’on pesos. Le corps de la muraille qui portel’enduit doit être dc plâtre ou de massonnerie de brique ; & u elle estdc pierre de taille , il faut y coucher une espece de mur avec du moi-lon , pour y mettre l’enduit.
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INDE. Ce nom se prend pour une vaste Région de l’Asie , maisil est beaucoup plus usité au pluriel qu’au singulier ; à moins qu’il nesoir joint à quelque adjectif , comme quand on dir, les Mogols don-nent la Loi á tourc l’Inde. Voyez, Indes.
INDE. C’est le nom d’un bois dont la décoction est fort rouge.L’arbrc dont on tire ce bois, qui est solide , pesant Sc qui souffre lepoli , est fort grand , fort gros & croît abondamment dans les Islesdc la Jamaïque > de C.unpêchc Sc dc Sainte-Croix en Amérique ; cequi fait qu’on l'appelle bois dinde , bois de la Jamaïque, ou bois deCampêchc. Son écorce est mince , unie , douce au toucher , grise ,argentée ou jaune : ses feuilles rcflèmblenc assez à celles du laurierpour la figure ; Sc son fruit qui est à peu près de la grosseur d’unpois , orné d’une petite couronne de couleur jaunâtre , tient a l’ar-bre par une petite queue ; ion goût est acre & piquant, assez agréa,ble , parcç qu’il sent le gérofle, & contient trois petites semences. IIfortifie le cerveau &l’estomac, aide à la digestion , excite la transepíration & chafle les vents. Le plus grand usage du bois d inde que
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l’on tire du cœur de l’arbre est pour la teinture , il est fort rouge Sila décoction de même. On a marque que fi l'on met de cette décoc-tion dans deux petites bouteilles, & que l’on mêle dans l une un peude potidte d’alun , celle-ci deviendra d’un très-bcau rouge clair qu’elleconservera > & que l’autre deviendra jaunâtre dans moins d’un jour,quoique les deux bouteilles soient fcrmces dc la même maniéré. Cet-te décoction a encore cela de singulier , que si on en 1 aillé une par-tie á l’air , elle deviendra noire comme dc l'encre dans le même espa-ce dc tems.
INDE. Nom d’une drogue appellée en Latin lndicum , parce qu’el-le est préparée aux Indes Occidentales , Sc qu’on l'apporte dc la enmalle ou en pâte sèche. Elle est d’un si graud usage pour teindre lesétoffes de laine & dc soie , ainsi que les toiles de lin Sc de coton,que nous ne pouvons nous dispenler d'en rapporter ici ce que nousen savons. Les Droguistes , fur tout les Modernes, disent que l’IndcSc l’Indigo se tirent du íuc d’une petite plante que les Persans Sc lesTurcs appellent Nil, Sc que nous appelions par corruption Anil , aulieu de Alnil , qui est le mot Turc avec l’article Arabe al s fur quoiil est bon de remarquer qu’on a pû dite anil lorsque l’on tirott cc suede l’Onent , mais que depuis qu’il nous vient de l’Amcrique , cemot s’elt aboli. Quoiqu’il en soit , les feuilles de cette plante , quia environ deux ou trois pieds dc haut, sont allez épaisses , rondesSc d’un vert tirant sur le brun par dcllus & argenté par dessous. Safleur » qui approche fort de celle du pois , est rougeâtre , Sc pro-duit des gousses longues & recourbées en forme de faucille , & ren-ferment une petite graine de couleur d'olive . Sc semblable a celle desraves.
Quand les Américains veulent semer l'anil Sc qu’ils ont bien pré-pare la terre, ils font des trous a un pied de distance l’un de J au-tre , Si jettent dans chaque trou dix ou douze grains de semence qu’ilscouvrent d’un peu de terre , & au bout de trois ou quatre jours l’a-nil ne manque pas de lever, fur tout dans un tems de pluye > de sor-te qu’un mois ou six semaines après , cette plante est en crat d’srrecoupée pour en tirer sonde > Sc que íi on la laisse croître pendanttrois mois elle fleurit & donne de la graine. Mais il y a une especede chenilles qui s’engendtent quelquefois en une nuit dans l iste deS. Christople » Sc que les Habitans appréhendent d'autant plus, qu’el-les les frustrent de leurs plus belles espérances. Quelques-uns pour re-médier à ce malheur coupent toute la plante , la mettent dans les cu-ves méme avec les chenilles, Sc ce qui s’en rire ne laisse pas dc servir:d’autres font une grande ouverture entre ce quelles ont mangé &
1 endroit où elles n’ont point touché i cependant cela n’est point en-core arrivé dans l’Amérique.
Lorsque les Indiens veulent tirer la fécule ou le suc épaissi bleu del’anil pour cn faire sonde , ils coupent cette petite plante avec unefaucille dès que les feuilles se cassent en tes touchant , & après enavoir ôté les branchages , ils les mettent macérer dans un vaisseauavec une certaine quantité d’eau pendant trente à trente-cinq heures ,Sc au bouc de ce tems-là ils tournent le robinet pour faire écoulercette eau, qui est chargée d’une teinture v.rre tirant fur le bleu, dantun autre vaisseau : après quoi ils font battre certe eau par quarte fortshommes avec des cuillers de bois dont les manches onr dix-huic àvingt pieds de longueur > Sc qui font posez fur quarte morceaux defer qu’ils nomment chandeliers : Sc pour employer moins de mondeá ce travail , ils se servent d’un gros rouleau de bois a six faces, quipar le moyen d’une pointe de ter à chaque bouc est posé sur deuxmoutons de même matière. A deux des faces de dessous ce rouleausont attachez six sceaux en pyramides Sc percez par en bas , & un In-dien en tournant continuellement ce rouleau, fait que quand les sceauxse lèvent d’un côté , les autres s'abaissent ; de forte qu’il continue tost-jours 1e même manège jufqu’à ce que l’eau soit extrêmemen' mousseu-se. Alors on y jette un peu d’huile d’olive, c’cst â dire , environ unelivre d’huile fur une cuve de soíxante-dix livres d’inde , tel qu’on icvend en Europe. Aussi-tôt que l'huile y a été jettée , cetre moufle sesépare en deux , & l’on voir paroîrre au travers quantité de petitsgrumeaux, comme sont ceux du lait tourné. Quand on s’apperçoitde cela on cesse de l'agiter pour la laisser reposer , Sc quand elle estbien rassise , on débondonne la cuve afin que l’eau s’écoule Sc qu’ilne reste au fond de cc vaisseau , qu’on appelle baterie , que la féculeou te suc de l'anil , en forme de boue ou de lie de vin; ensuite ilsla mettent dans des chausses de drap pour l’égotirer & en cirer le peud’eau qui peut encore y être : puis ils la mettent dans des caisses d’undemi pouce de haut pour la faire sécher, & lorsqu’elle est scche, c’estce qu’on appelle inde , qui ne diffère de l’indigo » qu’en ce qu’il n’aété extrait que des feuilles de l’anil, au lieu que pour faire I’indigoon employé la tige Si les feuilles dc cette plante tout ensemble. VByezIndigo.
II y a plusieurs espèces d’inde. Lc meilleur est celui qu'on appelleinde de Serquefle , à cause d’un Village nommé Scrqueíle où il sefait, qui est à près de quatre-vingt lieues de Surate , Sc à deuxd’A-madabat. On le choisir en morceaux pi rs, d’une épaisseur raisonna-ble , moyennement durs , nets , nageant fur l’eau , inflammables ,d’un beau bleu, ou violet foncé , parsemez cn dedans de quelquespaillettes argentées , Sc paroissanc rougeâtre quand on la scote furl’ongle. L’inde en matons est encore d'une aflez bonne qualité , onl’appelle indigo d’Agra , & il est en figure de matons , d'où lui vientson nom. II s’en fait aussi aux environs de Bia^a , d’Indooa , danslc Royaume de Golgonde , à Brampour & à Bengale ; mais celuique les Hollandois apportent de ces deux derniers lieux est !e moinsestimé de tous. Unè chose à laquelle il faut encore bien prendre gar-de » c’est que comme la plante dont on fait sonde se coupe trois foispar an , la premiere herbe est sens comparaison meilleure que Issdeux autres , & la troisième nc vaut pas la seconde , aussi différent-elles beaucoup de prix.
Usagi