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M O R. M O S.

Morsure de vipère. Voyez Vipere.]

M O R T-B OIS, est le bois vert qui ne porte point de fruit, eora-ìfnc est le bois blanc.

, M o r t-g a g E, est une ancienne maniéré de parler, pour dire, anti-ehrese .

M o r t-c i v 11. E, est I état de ceux qui ont fait profession en Reli-gion , ou qui font bannis, ou condamnes aux galères á perpétuité, mc-me au-delà dc neuf ans. La mort-civile ne fait point d’ouverture aufidei-commis ni au douaire : cependant quelquefois , fans attendre lamoi t naturelle , on ordonne que la femme jouira d'une pension, quis'évaluë à proportion du douaire ; ainsi le même effet est produit lousn n nom diffèrent.

Mort-taillables , font certaines personnes à qui des terres©nt été données à condition dc les cultiver : ils ne peuvent les quitterfans permission de leurs Seigneurs, lesquels ont dtoic de fuite. Cela aparticulièrement lieu en Bourgogne,

Le Mort saisit le Vi r , signifie , que comme l’institutiond'héririer n est pas nécessaire en Pays Coutumier, l’héritier succède audéfunt à Tinstant de la mort , pat la continuation qui sc fait du Do-maine, sans être obligé dc demander au Juge la possession des biens.Voyez. Succession. En quoi le Droit François diffère du Droit Ro-main , nam res hurcditaru antequxm aliquis harts existât nulìius ìn bonisfunt. I. i, jf. de rerum divstone. A l’occalion de cet article il faut ex-pliquer cette expression Latine , in commorientibus , c’est-à-dire -, entreceux qui meurent en même tems, soit dans un naufrage,un incendieou autre occasion fatale, le plus jeune est présumé être décédé le pre-mier : ce qui régie plusieurs choses qui suivent de ces morts en com-mun & au même tems.

M ORTIE R, c’est un composé de chaux & de sable,ou de chaux& de ciment , pour liaisonner les pierres. On dit que le mortier estgras, lorsou’il y a beaucoup de chaux. Ce mot vient du Latin morta-rium.qui lignifie,solo» Vitruve,plûtót le bassin où l’on le détrempe*que le mortier même.

M O R T OIS E. Terme d’Architccturc. C’est urçe entaille cn lon-gueur , creusée quartement de certaine profondeur dans une piece dcbois de charpentcrie ou de menuiserie , pour recevoir un tenon. Lamortoise , pour être bien faite , doit être aussi juste c n gorge qu’enabout. En Latin, cai/um.

[MORUE. C’est un poisson de mer qui est assez connu. On nousl’apporte salé dcTcrre-neuve , qui est une Isle de l’Amérique Septen-trionale, auprès de laquelle on fait la pêche de ce poisson. Je ne di-rai rien ici des manières ordinaires d’appreter la morue j je marqueraifeulement celles <jui sont plus recherchées , & qui ont étc inventéespoui flatter le goût, cn rendant ce poisson plus délicat.

Moruë en ragoût. Après lavoir écaillée, faites-la cuire avec eau & vi-naigre, citron, laurier, sel & poivre. Lorfqu'ellc est cuite,dídíez-la,& faites y une sauce rousse avec un peu de farine frite, huîtres, câpres& poivre blanc.

Morue frite. Prenez une queue de morue bien dessalée , faites-lacuire, fans faire bouillir l’cau. Étant cuite laissez-!a égouter, & l’ayantfarinée faites-la frire avec beurre affinée,& scrvez-la avec jus de citronou d’orange.ou avec verjus & poivre blanc* ou bien vous la servirezsèche avec persil frit.

Moruë en filets. Écaillez une queue dc morue, détachez-en la peau,& la faites descendre en bas. Ensuite tirez-en des filets , & remplisle2leur place d’une bonne farce de poisson * puis remettez la peau par des-sus la morue pour la couvrir. Apres cela faites fondre du beurre frais,jetrez-le par-tout fur votre moruë * prenez-la, & faites-la cuire au fourdans une tourtière, jufqu’à ce quelle ait pris une belle couleur. Onpeut aussi la faite cuire hors du fout, en mettant du feu dessus & des-sous la tourtière. On la sert chaudement fans sauce, ou bien avec unragoût de trustes,morilles & champignons.

Autre ragoût de moruë. Faites cuire votre moruë dans du lait frais.Étant cuite , frottez-la dc beurre fondu, Sc panez-la comme il est mar-qué d-desius ; faites-la cuire ensuite dans une tourtière, feu dessous StCellus , ou au four. Quand elle aura pris une belle couleur , vous laservirez chaudement avec un un ragoût de champignons, truffes Scmorilles.]

M O S.

■ M O S AI QU E. Terme d’Architecture. C’est un composé dc petitsmorceaux de verre de route sorte de couleurs , taillés quarrément Scmastiqués fur un fond de stuc , lesquels imitent les teintes Sc dégra-dations de la peinture,SC représentent de même toute sorte de com-pattimens Se de sujets: comme il s’en voir aux pendentifs & aux cou-pes rondes Sc ovales del’Église dc S. Pierre de Rome. II se fait aussi dcla mosaïque avec dc petites pierres de rapport de toute forte de mar-bres, pour former des compaitimens de lambris & de pavé : commeil y en a dans l’Églisc de S. Marc de Venise. Vitruve appelle le pavéqui cn est fait , pavìmentum seBile. On dit mosaïque pour musaïque,du Latin mufkium , ouvrage délicat & ingénieux. Scaliger dérive cemot dc tnoujan ; mais Nebricenfis croît qu’il vient de ce que ex illispjc-turis ornabantur mufea, pluriel de mejeum ou muséum. On donnoit cenom à ces sortes ds pavés , parce qu’on atrribuoit aux Muses les ou-vrages ingénieux, & qu’on y repréfentoit les Muses & les Sciences. IIpeut être que les édifices publies destinés pour les assemblées des gensde Lettres appellés mufea , furent embellis dc ces ouvrages : c’est le sen-timent dc l’Ábbé Vianet. La matière de ces ouvrages mosaïques ( j’en-tends celle qui est faite avec du verre ) est tics-durable ; elle résistecomme le marbre à toutes les injures de l’air. C’esl cn cela que cetravail surpasse route sorte de peinture , que le tems efface & consu-me, lorsqu’au contraire il embellit la mosaïque, qui subsiste si long-tems , qu’on peut dite , cjue fa durée n’a point de fin. Ces diff rensmorceaux doivent être tres-attistement rejoints, pour représenter ouun paysage,ou quelque autre desliin imité dc la peinture. II faut que

M O S. MOT. MOU.

cela soit travaillé avec beaucoup d'art, & que l’imagination de l'Ou-vrier soit riche pour produire l’agréable diversité qui en fait la beauté& la richesse. Beaucoup d’Églises font encore ornées de ces sortes d’ou-vrages. Mr. Ciampmi a fait graver ceux d’Icalie qui lui ont paru lesplus beaux. La mosaïque vient de Grecc, mais l’uíáge en est passé enItalie avant le régne d'Auguste. Vitruve en parle sous le nom d'epusseBile , ouvrage coupé ou fait avec des fragmens pavimenta seíhlia ,pavés de pieces coupées & rapportées ; opéra mufea efi mufiua, ouvra-ge de Muses, c’est-à-dire, ouvrage subtil & ingénieux ;tejselatum opus,ouvrage fait avec dc petites surfaces quarices ou de petits cubes. quise joignent, fe suivent Sc sc rapportent pour former des ornemens Scdes figures par leur union.

MOT.

[MOTTE. Terme de Chasse & de Fauconnerie. Prendre motte, sedit d’un oiseau,qui au lieu de se percher sur un arbre,se pose à terre.

MOU.

MOUCHE. Voyez cet Article dans le Dictionnaire (Economique,& y ajoutez ce qui luit. ,

Pour empêcher que les Mouches ne s'attachent fur les tableauxou autre chose .

On a l'expérience,qu’en lavant un tableau oa quelque autte choseavec l’cau où l’on a fait infuser des porreaux pendant cinq ou six jours,on empêche les mouches de s’y attacher. II faut mettre deux bottesde porreaux dans un seau d’eau.

Pour empêcher que les Mouches ne s’attachent à la chair. Voyez Chair.}

MOUCHETTE.T erme d’Architecture. Les Ouvriers appellentainsi le larmier d’une corniche* & lorfqu’il est refouillé ou creusé pardessous cn maniéré de canal , ils le nomment mouchette pendante. Vi-truve l’appelle corona alveolata. Ce membre d’Arcbitecturc est le mê-me qae le larmier. En menuiserie , c’est une espece de rabot dont lefer & le fût sont taillés en rond Sc éebancrés * pour faire des quartsde rond, dégager des baguettes, & faire d'autres ornemens ou mou-lures.

M O U F L E , en Méchanique & Architecture , c’est un instrumentcomposé de deux ou de plusieurs poulies enchallëes séparément, Scretenues avec un boulon dans une main de bois , de fer ou de bron-ze , appelle écharpe ou chape; ce qui est'proprement la moufle donc lamultiplication des poulies augmente considérablement les forces mou-vantes, & qui par le moyen des cables attachés aux machines, sert àenlever les plus pefans fardeaux dans les bâtimens. C’est ce que Vi-truve appelle trochlea , quoique ce mot signifie ordinairement unepoulie.

[MOULE. Instrument creux, dont on fe sert pour jetter & for-mer des figures en relief.

Pour faire des moules. Prenez du plâtre bien recuit & qui nc soit' point éventé; détrempez le de sorte qu’il ne soit ni trop clair ni tropépais * & quoique le plâtre ssiffise seul * on peur y mêler un quart ouun tiers de poudre fine de brique toute récente , & qui n’air jamaisétc mouillée ni servi, avec autant de poudre fined’alun de plume re-cuit , rouge & broyé sur le marbre. 11 faut détremper le tout avec del'eau, où l'on aura fait dissoudre du sel ammoniac. On met quatre on-ces de ce sel fur une livre d’eau. L’alun de plume rouge tout seul, lesafran de Mars, l’albâtre calciné, l’alun calciné & réduit cn poudre,arrosé de sel ammoniac,& beaucoup d’autres matières peuvent servirau même usage, & principalement la poudre fine dc tuile ou de bri-que, mclce avec le fouphie fondu.

Pour jetter des figures de plâtre en moule. II faut détremper dans l’eauclaire,du plâtre & autant de poudre fine de tuile ou de brique,& jajoûter dc l’alun de plume, & autant dc sel ammoniac en poudre; onen met une once de chacun fur une livre de plâtre. Votre plâtre étantainsi préparé , il faut le jetter dans le moule , que vous aurez eu laprécaution de frotter'auparavant d’huile de lin , & de faire sécher,afin que le plâtre ne s’y attache pas. Si vous voulez jetter une figurebien blanche , vous préparerez une pâte un peu liquide avec de» co-quilles d’œufs, & dc l’eau de gomme arabique.

Pour mouler des peijfons fur le naturel.

Après avoir lavé & bien essuyé le poisson, il faut Poindre légère-ment d’huilc d’olive ; on jette ensuite du plâtre pour mouler la moitiédu poisson. Le plâtre étant raffermi, il faut le tourner fans dessus des-sous, & faire des repaires * puis coucher les jointures du moule avecde l’ocre détrempé en eau : vous ferez de la même manière, pour jet-ter le moule de I’autre moitié du poisson. Le plâtre étant sec, il fau-dra le dresser & unir avec un'couteau,le long des jointures.

Pour faire un poisson en carton , il faut avoir une pâte de papierpilé , Sc la mettre dans les deux moitiés du moule , qu’il faut aupa-ravant frotter d’huile, comme nous savons marqué ci-dessus; onaura soin de la bien presser avec un linge & une éponge , pour entirer toute l’humidité; quand elle sera sèche vous la retirerez, Sc vousjoindrez les deux moitiés de votre poisson moulé avec de la colleforte * puis lui ayant donné une couche de colle à peindre, vous secoucherez de blanc, & le prêlerez.

Pour colorer le poison moulé.

Si c’est une carpe , il faut la coucher d'or cn feuille, à huile avec

assiette