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N a

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N A P.-

tissement, & qu’il ne faut pas employer de nouveaux moyer. r . pourmanifester une choie qui est publique & manifeste par elíe-méme :non sunt multiplieanda média feu remédia juris abjque necejfitate. Lcifeauremarque, que le nantíífemene est une tradition feinte Sc imaginaire( ou imaginée.) Voyez, Nantir; & à-1 égard de 1 ccymologie de cemot j voyez, N A m p s.

N A P.

N APE d'eau , efpéce de cascade , dont l'eau tombe en forme denape ou surface d'eau mince Sc étendue, suspendue cn l’air, & qui estcomme horizontale, & se recourbe en tombant par une surface cour-be vers les extrémités tout autour, par ía pesanteur qui surmonte laforce mouvante du jet ou saillie. Telle est la nape d’eau qui est à latête de l’allée d'eau â Versailles. Quelquefois cette nape mince est furune ligne droite > quelquefois fur une ligne circulaire, comme le bordd'un bassin rond. Les plus belles napes font les plus garnies; mais el-les ne doivent pas tomber d’une grande hauteur ; car dans une grandehauteur les bords de la nape tout autour ne font pas une belle chute ,parce que la matière des eaux se divise, Sc ne fait plus une chute con-tinué; niais toute frangée & itrégulicre, chaque ligne d'eau tombantséparément : c’est ce que l’on appelle, nape qui se déchire dans fa chu-te ou retour.

N A R.

r[N A RC OTI QU E. Remède qui provoque le sommeil, parI 1 épanchement d’une sérosité qui assaille les glandes du cerveau ; en sot teque les esprits ne pouvant s'y séparer en quantité nécessaire, Sc ceux mê-me qui s’y filtrent étant unis avec des parties aqueuses, ne peuvent semouvoir à [ordinaire , ni ranimer les patries du corps; de manièrequ’elles tombent dans une eípéce d’inaction, ou de repos, qui ôte pres-que tout sentiment.

On employé en médecin; deux espèces de narcotiques. Les uns neprocurent ie sommeil que pat accident, comme la jusquiame, le lau-danum > le philonium, le diascordium, les émulsions des quarte semen-ces froides, le fyrop de nénuphar, lespillulesde cynogloíïe, sespillu-Ies de statekel, la thériaque , la teinture anodine de sydenham, la man-dragore , & autres semblables. Il yen a d’autrcs qui procurent le som-meil par eux-mêmes, en agissant immédiatement fur les esprits; ctlsíbnt l’opium, & les décoctions de pavot blanc.

Teinture de corail anodine.

Cette teinture est une préparation d’opium , laque'le se fait de cettemanicrc. Vous coupez une once d’opium par tranches très-mincts, quevous faites sécher àTémve lentement; enfuie les ayant réduites cn pou-dre, vous les arrosez peu à peu avec seize onces de ceintwc de corail ;puis ayant fait digérer la matière pendant deux fois vingt-quarie heurtsau bain marie dans un marras débouché, afin que les pattes iulphmeu-fes de l’opium se dissipent, vous la retirez. Scia lassiez refroidir. Quandelle est froide, vous y ajoutez camphre, castor, bois de faflâsras, iat-íran Sc réglisse, de chacun un gros ; sel volatil de tartre Sc fleurs debenjoin, de chacun deux gros; miel de Narbonnc, une once,- huile decanelle & d'anis, de chacune trente gouttes. Le pout étant bien mêléensemble , vous le bille z digérer au bain-maiie, à une chaleur tres-douce . l’espace d’un mois , dans un marras bouché avec une vessiemouillée. II faut avoir foin de remuer & agiter de rems en cems lenia-ras. La digestion étant achevée , il faut filtrer la teinture . Sc laconserver dans une bouteille bien bouchée.

Seconde opération pottr la teinture de corail.

11 faut mêler ensemble, & calciner jusqu a rougeur, deux livres devitriol blanc , avec autant de vitriol marcastìte ; ensuite les ayant dis-tillés pat la retotte. Sc ayant fait la séparation de l’esptit d’avec l’huile,on prend huit onces de cet eíprít, & deux onces de corail ronge enpoudre ; on les mêle ensemble , & l’on fait digérer ce mélange aubain de fable . pendant fix jours. La digestion ctant faite , on versela teinture par inclination, & aptes avoir ajouté huit onces d'eípricdevitriol fur le marc, on procède comme nous venonsdc marquerxi-dessus ; puis on distille cette teinture jufqu’à siccicé. Sc ayant versé sei-ze onces d’efprit de vin rectifié sur le résidu > on sait digérer k tout,jusqu’» ce que la teinture soit d’un beau rouge.

foudre de corail anodine.

Pour rendre la teinture moins susceptible d’akération, on peut la ré-duire en poudre, en faisane évaporer au bain-marie , jusqu» ficcité,toutes les parties humides dont elle est chargée. Cette opération ctantfaite, on prend une once dc cette poudre, avec une once de corail rou-ge, demi-once de candie, une onced’ycux d’écrevistes, deux gtosdecloux de girofle, Sc douze onces de lucre royal. On réduit routes cesdrogues en poudre, & les ayant mêlées exactement, on les passe pati’étaminc de soye, Sc on les conserve dans un lieu bien sec.

La teincure, ou la poudre de corail dont nous venons de donner lespréparations , sont les narcotiques les plus allures. En ses employantavec précaution, ons’enfert toûjours avec succès,non-sculcmcn:dansles insomnies; mais encore dans toutes les maladies où le sommeilest troublé pat des douleurs plus ou moins aiguës; dans celles où lífièvre est si fort allumée, qu’ellc jette le malade dans l’épuiscment ;dans les coliques d’ellomac, hépatiques Sc néphrétiques , dans les per-tes Sc convulsions hystériques , dans le flux trop abondant des hémor-roïdes, dans les vômiflemens Sc cracheinens de sang, dans les fuper-purgations , crispations, frémissemens des nerfs, dans les toux vio-lentes & convulsives > dans la phrénésic & traníport au cerveau, dansla pleurésie. dans la goutte > dans les seiatiques, rhumatismes, Sc géné-ralement dans toutes les maladies qui ne bifléne prendre aucun re-pos par la vivacité de la douleur quelles causent.

Pout donner ce remède avec prudence , il faut avoir égard ì l’âgej.. tu ì u n.vurede la Malaise. Si k malade est adulte, Lcdéja

n a r*

ávastcé en âge, on peut lui donner quinze gouttes de la teinture, onquinze grains de la poudre. S’il est dans un âge tendre, on lui en don-ne moins. La régie ordinaire, est de donner deux gouttes, ou deuxgrains, » un enfant de deux ans; trois gouttes, ou crois gta.ns, a unenfant de trois ans; Sc ainsi des autres -proportion. Dans les coliques,vômiflemens & crachemens dî sang, & autres mabdiessemblables, ilest » propos de faire précéder la saignée, & de donner ensuite au ma-lade quelques îavemens purgatifs, ou cattninatifs>êc anodins; puis onlui fait prendre la teinture > ou la poudre, » b dose proportionnée a tonâge. Si ce remède nappasse pas les aceidensdans l’espace d’une heure,oú environ, il faut lui mêler k double de ce même remède, avec íìxonces de tisenne appropriée . Si lui faire prendre une cuillerée dc cemélange bien remué, de quart d’hcure en quartd’hcure, ou de demí-heure en demi heure, jusqu’» ce que b douleur soit calmée, St qu’ilpuisse dormit. Si les douleurs se font encore sentir après son réveil ,on continuera Lissage dc cc mélange d’heure en heure seukmcîu, oude deux heurts en deux heures, jufqu’à cc que le nul soit cniieir-menc calmé.

Dans les douleurs aiguës causées par la diílcnrerie, par des hémor-roïdes extrêmement enflammées, pat des cancers, ou des ulcères, patde grandes opérations de Chirurgie, il saur donner au malade la dosemarquée ci dessus, deux ou trois heures aprèsqu’ilauta soupé,ayantsoin d’aujjmenter, ou de diminuer cetçe dose , de trois ou quatre grains,selon lesdisserens c flirts qu’elle produira.

Au reste, il faut bien prendre garde de ne point donner à un ma-lade aucun remède narcotique , qúc quelques heures pprès qu’il aurapris de b nourriture, Sc lor tqu’on pourra juger que b digestion est faite.

II faut observer aussi , de ne lui donner ni bvemens, ni autres re-mèdes purga ifs , que huit ou dix heures après b derniere prise.

Si l’on est oblige d’employer l’opium pur, ou le laudanum, au dé-faut des narcotiques plus doux, il faut le restrsindre à n’cn donnerd’abord qu’un quart dc gtain > aux personnes les plus robustes ; le ré-servant d’en augmenter la quwriré, ( s'il est nécessaire ) mais avec beau-coup de discrétion > ces remèdes pouvant être trcs-nuisiblcs > places m ilà propos, ou employés « une dose trop forte. II pourroit même ar-river qu’ils jettetoient 1e malade dans une léthargie , qui scroit suiviede la mort.

Pour remédier à ce danger, il faudroit faire avaler promptementau malade, un demi-iéticr de jus dc citron , ou de.sort vinaigre,non :pas coût à la fois; mais par deux ou trois cuillerées, &dcquait d’heu-re en quart d’heure. On peut faite prendre ces liqueurs pmes, ou mf- ■lées avec un peu d’eau. II faudroit cependant lui faire flairer fanscesse l’esptit volatil de sel ammoniac, & lui doucher la tête cnmcmt-teins avec dc l’eau fraîche. Si ces secours ne réussillôient pas , il fau-droit nécessairement recourir à l’émetíquc, ou à quclqu’autte purgatif.

11 y a des tempéramens ausquels l’ufage des narcotiques est abso-lument contraire; test pourquoi on ne doitpointlcsdop.net aux per-sonnes qu’ils réveillent & agitent, au-Iieu de lesalìòupir; non plusqu’aux vieillards, ni à ceux qui sont fossiles , ou exténués par de lon-gues maladies. On n’en doit point user non plus à l’égar^ des mala-des qui ont eu des suppression* d’urine, ou qui suent bellement ; nià l’égard des femmes enceintes > ou qui sont nouvellement accou-chées, ou qui ont leurs régies, à moins que ces régies ne dégénèrenten perte.

11 faut s’en abstenir dans k tems des évacuations critiques, & dansles accès dc migraine, Sc autres maladies accompagnées d’assoupiíse-mem, ou d’engoutdissement dans les membres; dans les vertiges, outouraoyemens dc tête, Sc dans l’hyvrcflc; dans les petites véroles &rougeoles, hydropisies de poitrine, & du bas-ventte; dans lescatarressoffoquans . Sc fluxions de poitrine , où les crachats sont viíqueux ,abondans , rouillés Sc teints de sang. Si quelques-uns de ces mauxcroient pourtant si violens, qu’on fût obligé de recourir aux narco-tiques , íl faudroit les joindre à des remèdes chargés de parties vo-latiles , comme le castor, la poudre dc coeur & de soye dc vipere ,l’ambrc gris . la canellc , k girofle , k maris , & autre» sembbbk»remèdes, capables dc diviser les parties glutineuscs Sc résineuse» desnarcotiques.

Enfin s’il y avoir du péril à faire prendre les narcotiques par la bou-che , on pourroit les mêler cn petite quantité , dans les décoctionsdont les Iavemens qu’on donneroir au malade leroient composés.

Comme les vertus du fyrop d’opium font à peu près les mêmesque celles de la teinture , ou de la poudre de corail anodine, Sc qu’ilpeut servir dans les mémes occasions, il est à propos d’en donner icila préparation.

Autres narcotiques plus doux, dont tusage efl fort fréquent.

Outre l’opium, on employé beaucoupd’auttes narcotiques qui pro-duisent dc fort bons effets. Voici les préparations dc ceux qu’ôn cf-cirfie les plus doux Sc les plus salutaires.

fttut If on peur la toux violente, & /« douleurs de poitrine.

Pilez dans un mortier de marbre, deux gros des quatre grandes se-mences froides bien épluchées, un demi-gros d’amandes douces, Scautant d’ameres, pélccs, Sc un gros de pistaches. Réduisez k cour enpâte fine, en versent dessus peu à peu une ou deux cuillerées d’ea ìcommune. Délayez ensuite cette pare dans dix ou douze onces d’unedécoction d’orge ou de quelque eau distillée, & appropriée à la ma-ladie; puis ayant passé la’ liqueur par letamine, vous y ajouterez uneonce de fyrop de nénuphar , Sc vous b partagerez en crois prises ;vous cn ferez prendre au malade k soir, à l’heure du sommeil ; réité-rant !e métne remède juíqu’i deux ou trois fois. S’il nc réuflissoit pas,il faudroit ajouter unedemí-once , méme une once de fyrop de pavotblanc , 5c faite p.eadre au malade une prise dc ce mélange , de qua-tre heures en quatre heuies, Sc un bouillon entre chaque prise, en casqu’il ne dormit pat.

a * PaHoh