OIS. o l.s. * ft
Maniéré de jetter le Faucon.
Lc faucon étant bien affaité, il faut l’armct de sonnettes, plus oumoins grosses, à proportion qu'il est plus ou moins fort Sc coura-geux. 11 vaut mieux au commencement lui en donner d un peu plustortes, que le trop foibles, julqu’à ce qu’on ait bien connu ton cou-rage. Etant ainíi arme, on 1* porte â cheval, dans une plaine, Sc làon l'excite de la maniéré que nous avons marquée ci deílns. A cescris f oiseau s’anime > Sc commence à étendre les ailes. Alors fans perdic de tems, il faut lui ôter le chaperon, le laitier libre, & luimettre le bec au vent, aíxn que le prenant aisément il faste sa montéeavec plus dc facilité. II arrive quelquefois que l’oifeau branle cn-hautfur la tête du fauconnier, Sc qu’il rode de bonne action ; il faut alorsjetter le leurre á contre-vent, Sc rappellcr son oiseau à haute voix iLe s’il venoit à chevaucher le vent,il'faudroit descendre de cheval,latstèr paicre le faucon de ce gibier, Sc le rendre gracieux & de bonnehumeur en l’acharnant sur le tiroir.
II peut arriver quelquefois que les faucons, fur-tout ceux qui fontniais, ne veulent point s’clever en l’air, en quittant le poing du Fau-connier , Sc qu’au contraire ils fe tiennent en bas fur une motte deterre; alors pour les en faire partir, & les obliger à revenir fur lepoing, il faut avancer à cheval devant eux, & les effaroucher avecune baguette; cela les oblige à revenir au leurre, où il ne fau c pasmanquer de les affriander, en leur en laiilànc prendre quelques gor-gées. Si malgré tous les foins qu’on sc donne, un faucon est tou-jours indocile, il faut le porter dans quelque endroit de la plaine, oùil y ait des oiseaux qui vont en troupe, tels que font les écourneauxLc les corneilles > & lorfqu'on en est à une certaine distance, il fautdesserrer un peu lc chaperon à l’oifeau de proye, asm qu’il les apper-çoive , & dans le moment que ces oiseaux s’envolcnt, il saur le dé-chaperonner tout à fait, & le jetter promptement dessus, afin qu’illeur donne la chaste, & qu’il faste une montée assez étendue. Pen-dant cc tems là, on prend un canard, qu’on a apporté exprès de lamaison; Sc après lui avoir joint les grandes ailes fur les paupières,on le prend de la main droite > par la partie de l’aile qui est au dos ,Sc on le présente au faucon, dans Pendrait le plus commode, cnlui criant, Sc le tappellant, pour l’obliget à fondre deílns. Lorsqu’on juge qu’il peut l’appercevoir, on le jette en Pair du côté quevole le faucon , & s’il arr;vc que oiseau Pavillonné, on lui permet des’cn paitre à l'oisir, en l’animant de la voix. En fuite on lui donnegorgée chaude, de la langue, du cœur, & du foyc du canard; Scquand il s’est repu, on prend la cuisse, pour la lui faite tirer, &assouvrir pleinement fa faim, quand il fera revenu fut le poing. 11faut pratiquer ce même moyen pendant plusieurs jours & julqu’à ceque P oiseau battant des ailes fur le poing du Fauconnier, fasse con-noicre qu’il veue s’eslòrer, Sc fondre fur la proye.
Si après tous ces foins Lc toutes ces précautions, un faucon nes’affaite pas, il faut l’abandonner, comme un oiseau qui n’est bon a rien.
La Figure suivante représente Pattitude où doit ctre le Fauconnier,quand il jette l’oiseau ; de quelle manière le faucon doit être posté,Sc comment il fond en Pair fur fà proye.
r J**t/J*. Jô .j 4 j 4 «v;
j-st.
C ■\'(o4r
Oijirvatìons sur Us Oiseau» qu'on a drejfés,
II est à propos de donner ici la manière de curer l’oiseau, pour l’in-duirc au leurre, Py attacher Sc Pobliger à revenir fur le poing, fansy être convié par le réclamé. On y réuíliten le prenant fur le poing,après qu’il a fait deux ou trois montées , & autant de descentes, Sccn lui présentant la chair d’un poulet, qu’il aura tué lui-mcme ; &
plus Poifeau sera (Juinteux & hagard, & plus souvent il faudra lerappeller après qu’il aura pris son ester, & l'affriandcr afin de le ren-dre gracieux Sc de bonne humeur. II faut avoir soin fur-tout d'cm-pécticr qu’st ne prenne le change, & qu’il ne fe jette fur le gibier,au-licu de revenir au leurre.
Comme il y a des faucons trop chargés de graisse, il faut avoirfoin de les estimer. Ce qui sc pratique de cette maniéré, dans le temsqu’ils sc jettent fur le gibier, Sc qu’ils Pavillonnent. II faut prendrele cœur d’un veau, avec du íoye dc poulet, puis fendre un pouletou quelque autre oiseau en quatre, & iinbiber de son lang ce cœur& ce foye, que vous donnerez ensuite au faucon, pour Perhpécherde s’acharncr aux entrailles du gibier qu’il a pris ; & pour Pessimctvous envelopperez ce cœur & ce foye de la petite plume qui se trouveau cou du poulet. Cette cure est parfaitement bonne pour detìëchétle flegme de Poiscau. " J
II y a des oiseaux qui font sujets á faire des fuites, & en particu-lier, les gerfauts & les faucons. Pour les empêcher de faire ces fui-tes Si de dérober leurs sonnettes, il faut les suivre à la montée, 3cles rappeller au leurre, austì-tôc qu’on s’apperçoit qu’ils veulent s’é-carter; & lors qifils sont revenus, on les affriande avec de bon pât,& pour les rendre encore de meilleure humeur, on les acharne furle tiroir.
Pour rappeller plus sûrement Poiscau quinteux, on reste à Pen-droit où il a fait (à fuite, pour voir s’il fera fa rentrée; & auílì- tôtqu’il rentre, les Fauconniers piquent du côté que i’on veut le rap-peller > en lui présentant du vit, qu’il ne faut pas manquer de luiabandonner dés qu’il est descendu. Si Poifeau a été bien affaité, ilrentrera après avoir fait plusieurs feintes; c’est pourquoi un des chas-seurs doit se tenir au même endroit ou il a fait ia fuite. afin de leleuirer, & dc 1 engager à faire la descente.
II y a des faucons qui châtient leur gibier après savoir pris, quandils sont affamés ou gourmands. Pour les en empêcher, il faut leur jetterun poulet, ou une perdrix morte attachée à la filière. Aussi tôt ilsquitteront leur gibier, & íe laistèront prendre aisément. Alors il nefaudra pas manquer de leur donner bonne gorgée de la proye qu’on leuraura jetrée.
II y a austì des faucons qui font si gourmands, que dans le mo-ment qu’on les leve pour les paître, ils baissent aussi tôt h tête, poursc jetter fur le pâr. On les corrige dc cc défaut en les faisant paicre àterre, sor leurs curées. 11 faut leur desserrer un peu le chaperon,afinqu’ils puissent paitre plus aisément. Par ce moyen ils sc corrigerontbien-tôt de ce défaut.
Il y a des oiseaux qui n’étant pas bien affaités, ne veulent voletque dans la plaine. ' On les corrige facilement de cc défaut, en leurfailànt prendre plusieurs fois le pat, dans quelque lieu couvert d’ar-bres.
De la mué des Oiseaux de Proye.
On distingue trois forces de mués. i. Celle des faucons, & deslaniers de pailàge. 11 faut d’abord les poivrer. St leur faire rendre ledouble, puis on leur met un baquet plein d’eau pour s’y baigner.Cette mué se fait sor la perche, dans la chambre, & à la chandelle ,parce que s’il muoientau jour, la graillé pourroitles suffoquer à forcede íe débattre. On les pair à sept heures du matin, & cinq heures dusoir, pendant touc Ie tems de la mué.
i. Celle des gerfauts íe fait dans un lieu fra’s. On commence patles poivrer, mais on ne leur fait point rendre le double. On les cou-vre d’un chaperon un peu l’arge, afin qu’ils puissent paitre plus aisé-ment; puis on les atia.be à un pieu, & l’on place devant le pieu,deux petits gazons afin qu ils puissent s’y reposer. On ne leur don-ne par jour qu’unc grosse gorgée, & on les fait jeûner une fois lasemaine. Ce jour-là on les déchaperonne, Sc l’on observe soigneu-sement s’ils n’ont point mal aux yeux, ou à la bouche.
Leur pát ordinaire doit être de petits chiens de lait, de rats, oude souris. Si on leur donne dc la viande de boucherie > il faut lahacher, & en ôter les nerfs Sc la graillé; & enluite y mêler quelquesjaunes d’œufs. Quand le cerceau leur vient, il saur avoir la précau-tion de laver leur viande, afin qu’ils ne se dégoûtent pas. Faute dcviarde, on peut faire leur pât de jaunes d’œufs durs, trempés dansdu lait.
z. La mué des niais, soit faucons > ou laniers de passage, se faiccomme il est marqué au premier article ci-destùs : mais il faut obser-ver que pendant trois semaines, ou un mois, on doit faire maéretleur viande dans i’huilc d’amandes d’ouces, oudansl’huile d’oh've bat-tue & lavée dans trois ou quatre eaux fraîches, pour lui faire per-dre fa mauvaise odeur.
Maladies des Oiseaux de proye, fy remedesqui leur font propres.
De la Fievre.
Il, est facile de connoitre, quand les oiseaux ont la fievre. Caton sent en les touchant une chaleur extraordinaire; leur tête &leurs pennes sont abaistées, & les pestes plumes qui sont fous lementon, paroislent recoquillées,' enfin ils sont dc mauvase humeur »
& ne veulent point manger. Quand on apperçoit ces symptômes, ilfaut les nourrit de foye de poulet, ou de chair de poulet tendre,ou d’autres petits oiseaux, laquelle il fuit laisser macérer, avant quedc la leur donner, dans de l’eau de buglofe , ou de chicorée sauvage.
11 saur en Eté mouiller les pieds dc l’oifeau, Sc le bloc fur lequel ilrepose, avec les sucs rafraichislans de plantain, de lairué , Sc quelque-fois de jusquiame. 11 faut faire percher Tasseau malade dans un endroitfrais un peu obscur & paisible. Quand l’oiseau est trop maigre,on le pair deux fois le jour ; Sc si tous les soins qu’on lui donne nele guériflent pas, on lui fera passer la fievre, en lui purgeant la bile,avec une cure composée de filastc, ou dc coton , de lagrostuir dunepetite feve, & toute saupoudrée de rhubarbe pulvérisée.
H iij D*