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6r OIS.

De t Apoplexie.

Cette maladie vient de trop de sang > ou de repletion. Elle atta-que le cerveau , Sc bouchant ìes conduits , cause assez souvent lamort. Si elle vient de trop de réplction, il faut paître les oiseauxde cœur de veau, d’agneau, ou de jeunes chevreaux; l’on nettoyebien cette viande, & après savoir hachée, on la trempe en eau tiè-de. On peut les pairie aussi de la chair de jeunes poulets, ou depetits oiseaux; & pour ôter la cause du mal, il faut les purger avecune cure de filasse ou de cotton, trempée dans du sucre réduit enpoudre, continuant à leur faire prendre ce remede pendant deux outrois jours. S il leur ôte l’appétit, on trempe leur pat dans un peud’urine, pour le faire revenir.

t)es Abscis qui se forment dam 'la tête des Oiseaux de proye.

Cet accident sc découvre par l’enflure des yeux, & par une humeurpurulente qui découle des narines.

i. Pour guérir ce mal, il faut purger le ventre des faucons: ce quise fait en leur faisant prendre du matin, pendant trois ou quatrejours, une pillulc de la composition suivante : Vous prenez un quar-teron de lard, avec autant de moelle de bœuf, & après avoir cou-pé votre lard en lardons, vous mettez le tout tremper dans seau fraî-che , l’espace de vingt - quatre heures, ayant soin de changer d'eaude six heures en six heures. Ensuite ayant retiré le lard Sc la moel-le, vous les faites fondre à petit feu, dans une casserole. Étant fon-dus, vous les passez par un linge blanc, puis vous y ajoutez peu àpeu un quarteron de lucre candi réduit eh poudre, avec une dragme de íafran battu, quand la liqueur est figée, Sc presque froide.Après cela vous incorporez le tout ensemble, en le remuant avec unbaron plat, ou une spatule de bois, & vous le conserverez dans unpot bien net. Cette composition peut se garder trois ou quatre anslans se gâter, ni changer de couleur ; Sc l’on fait par expérience ,quelle est meilleure la quatrième année, que la première. La dose en est de la grosseur d une paite feve. Quand ils l’ont prise, ilfaut les porter sur le poing jusqu’à ce qu’ils l’ayenr rendue.

L. Pour leur guérir tout à fait ia tête, il faut réduire en poudreun gros de semence de rhuë, demi-gros de semence d’aloës hépati-que, & une dragme de safran battu, le tout pluverisé ensemble; &sayant incorporé avec quantité suffisante de miel rosat > vous en fai-tes prendre une pillulc de la grosseur d’une petite feve, pendant quel ■ques jours.

Maladies des yeux.

Pour guérir les fluxions qui surviennent aux yeux des oiseaux, lors-qu’ils se font trop échauffés à la poursuite de leur proye, ou qu’ilsont été trop tôt mis au frais, ou enfin lorsqu’ils ont été exposés àquelques pluyes froides, il faut les purger comme il est dit ci-dessus ,avec les cures de filasses, ou de cotton , Sc leur foufler dans les nari-nes, parle moyen dune plume, ou autre petit tuyau, la poudre com-posée de parties égales de poivre, de poudre d’œillet, IV. de semenlanctum. II faut aulfi leur frotter le palais d'un peu de moutarde;& fi vous appcrcevez qu’il sorte un peu de sang corrompu par lesnarines, vous y instillerez quelques gouttes de vinaigre, ou vous au-rez fait tremper du miel rosat séché, Sc réduit en poudre.

Des Cataractes.

II est de la derniere conséquence de ne point négliger les catarac-tes, ou rayes, qui se forment aux yeux des oiseaux; parce qu’au-trement elses deviennent incurables. Le meilleur remede pour lesdissiper, c’est de foufler fur les cataractes, de l’aloës & du sucre candi réduits en poudre, & mêles ensemble. L’urine d’un enfant biensain , instillée dans les yeux, est encore un fort bon remede, auffibien que le lait qu’on tire d’un œuf frais, que l’on fait cuire commepour le manger. Enfin le suc de la racine de chelidoine, bien ratis-sée , peut produire un ester très favorable. Avant que de donner cesremedes aux oiseaux, il fauc les purger avec une cure de filasse oude cotton.

Du Rhume.

Le rhume est causé ordinairement par une pituite ou humeuracre qui tombe du cerveau. Pour guérir cette indisposition, il fautpremierement curer les oiseaux á l’ordinaire, puis les faire vivre derégime, & leur donner lc matin dans l’espace de six jours, une foisleur pât trempé dans l’huile d’amandas douces, & deux autres foisimbibé de rhubarbe. Si le mal est opiniâtre, vous lc guérirez en fai-sant prendre le soir aux oiseaux une pillulc composée d’alocs, dc safran& d’hiera picra réduit en poudre.

Du Pantois,

Ce mal est causé par des humeurs acres qui tombant du cerveaufur lc poumon, le dessèchent, & altèrent les organes de la respira-tion. Pour remédier à ce mal, il faut purger l’oiseau avec dc l’hui-le battue, Sc blanchie dans une ou deux eaux : ce qui sc fait de cet-te maniéré. Vous prenez une écuelle, ou quelque autre vaisseau per-cé , vous bouchez le trou avec le doigt ; vous versez dans le vais-seau de seau bien nette, & ensuite de l’huile ; & après avoir bienremué & battu les deux liqueurs avec une spatule, jusqu'à ce queseau paroisse chargée de ce que l’huile a de plus grossier, vous reti-rez le doigt, & vous laissez couler l’eau, ayant soin de retenir l’bui-k dans lc vaisseau. Vous en faites prendre à l’oiscau, & vous le por-tez fur le poing, jusqu’à ce qu’il ait rendu son remede avec ses émeus.U.ne heure ou une heure Sc demie après, vous lui donnez du cœurdc" veau, ou du foye de poule mouillé. Si l’oiscau est bien à lachair on peut lui faire macérer sa viande dans l’eau de rhubarbe, 8clui en donner gracieusement, aptes lavoir bien nettoyé*. Vous con*

O I s.

tinuez dc la sorte, I’espace de six ou sept jours, observant de le pur-ger avec une cure de filasse, ou de cotton, le quatrième jqur.

Le plantois sc connoit particulièrement a ces signes, i. Si l’oiíeaua de fréquens battemens de poitrine, a. Loríqu’il fait mouvoir sonbalai, tantôt bas. Sc tantôt haut. j. S’il ne peut émeuter, ou si sescmeus sont petits, ronds & secs. 4. Si l’oiseau a le bec couvert, s’ilbâille, Sc sil ferme le bec en-haut. Ce dernier signe est mortel.

De la Craye.

C est un dureté des émeus si extraordinaire, qu’il s’y forme dcpetites pierres blanches, de la grosseur d’un pois, lesquelles venanta boucher le boyau, causent souvent la more aux oiseaux, si l’on n’a( T d y remédier. Comme ce mai est causé par une humeur secheSc épaisse , il faut l’humecter & l’attenuer, en trempant la viande desoiseaux dans du blanc d’œufs & du sucre candi, battus & mêlés en-semble.

Des Filandres.

Il y a deux sortes de filandres. Les premières sont de petits fil,,mens, ou filets aigus, qui proviennent d’un sang caillé & desséché,par la rupture dc quelque vienc, ou pour avoir mangé de la viandepuante, ou crop grasse, ou trop grossière. Quand les oiseaux sontattaqués de ce mal, ils sont maigres & atténués, ils ont les plumeshérissées fur lc dos, Sc on les entend crier comme pour sc plaindre.Alors il saur les curer avec la filasse ou le cotton préparés.

Les autres filandres, ou aiguilles, sont de petits vers qui se formentdans le corps du faucon. Pour le soulager, il faut prendre une gous-sc d’ail. en ôter lc germe , Sc remplir Te vuide de íafran, ensuite luifaire avaler le tout en guise de bolus. II faut recommencer quaran-te jours, après, parce que ce remede ne tue pas les vers, i esétourdit seulement pour la premicrc fois.

Des Vers.

On connoit que les oiseaux ont des vers, lorsqu’ils sont pares-seux, que leurs cmeus ne sont ni purs ni blancs, Sc qu’iís remuentieur balai de côté & d’autre. Ces vers qui sont extrêmement déliésRattachent au gosier, autour du cœur, du foye & des poumons.Pour les faire mourir, faites prendre aux oiseaux un bolus gros com-me une feve, de poudre d'agaric, ou d’aloës. mêlée avec de la cor-ne de cerf brûlée, 8c du dictame blanc, incorporant le tout ensembleavec quantité suffisante de miel rosat. Quand les oiseaux ont pris cemédicament, il faut les porter sur Je poing, Sc ne les point quitterqu’ils n’aycnt rendu leurs émeus, après quoi on leur donne un pâtbon & bien préparé.

De la Goûte.

Les oiseaux de proye sont sujets à la chiragre, qui est une eípe-ce de goure cauíée par une humeur acre & épaisse, laquelle s’attachcaux jointures des mains, & cause de petits nodus, qui en empêchentle lipre mouvement, enserre que les oiseaux ne peuvent avíllonnerlc gibier. On connoit qu’ils sotìt attaqués de ce mal, quand ils s’ap-puyent tantôt fur un pied, & tantôt lur un aurre, Sc qu'ils ont lc*doigts enflés. Pour les guérir, il faut ses leur frotter avec de vinai-gre Sc de l’eau, où l’on aura délayé Sc battu auparavant du blanc d’œuf.Au lieu d’eau naturelle, on peut sc servir d’eau rose, & ajouter qua-tre dragmes dc poudre d’acada, avec autant dc poudre de cire d’Ese

Pour remédier à cette maladie, il faut purger ses oiseaux* avec unecure de filasse., ou de cotton, & ensuite, les pairies avec des viandesmacérées dans l’huile d’amandcs douces, & dans l’eau de rhubarbealternativement; puis leur donner encore une cure comme auparavant.

On peut lier la cure avec de la rhuë, ou dc l’abfynthe; & si l’onremarque que le mal soit aux reins, & en dehors, il faudra faire tiédirdu vin, & cn étuver ces parties.

Des {Jleeres qui viennent à la bouche des Oiseaux.

Pour guérir ces sortes d’ulceres, qui font très dangereux, on sesert du micl-rosat, ou de poudre dc cithymale, & dc coque de noix.Pour les réduire en poudre, on ses concasse, & les ayant envelopé*dans un linge mouillé, on les met sous la cendre chaude. Étant ré-duites en poudre très subtile, on en applique lur l’ulcere. deux foi*le.jour. On peut se servit auffi de suc de citron, Sc cn laver l’ulcere :& quand il est bien net, & tout à fait guéri, on étuve l’endroiravec du sytop de mûres. II ne faut pas oublier de curer L’oiscau al’ordinaire, avant que de lui faire aucun remede.

Des Excroijfances de chair qui viennent à la bouche des Oiseaux.

Pour enlever ces excroissances, qui sont de petites carnosirés blan-châtres, ou noirâtres, de la grosseur d’un petit pois, on sc sert deciseaux, & on ses retranche le plus adroitement qu’il est possible. Sil’endroic où elles sont placées ne permet pas l’ufage des ciseaux, ilfaut les faire ronger, eii y appliquant de l’alun brûlé , ou une gout-te d’huile de íouphre distillée. On se sert pour cela d’un petit linge,ou d’un peu de cotton.

De plusieurs autres accidens qui peuvent survenir aux Oiseaux.

II arrive quelquefois, que ses faucons sont blessés en attaquant lemilan . ou dc héron. Si la blessure qu’il ont reçuë est légire, vousla guérirez avec le remede suivant. Mettez dans un pot vani unepince de bon verjus. Faites-y infuser pendant douze heures, pim-prencllc & confoude, de chacune une poignée , avec deux oncesd'aleés. & autant d’encens, une quantité suffisante d’origan, Sc un

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