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OIS.

peu de mastic. L’infusion ctant faite, passez le tout pat un linge, arecexpression ; Sc gardez ce remède pour le besoin. On se sert de cettecolatiite pour ccuver doucement la blessure , qui se guérit par cemoyen fort aisément.

Si la blessure est considérable, il faut couper d’abord la plume, pourempêcher quelle ne s'y attache , & y mettre une tente imbibée debaume, ou d'huilc de millepertuis.

Si la blessure est interne , ayant été causée par l’essort qu’a fait le «faucon en fondant sur sa proye, il faut prendre un boyau de poule, :ou de pigeon, vuider Sc laver bien ce boyau ; puis mettre dedans de ■la momie, & faire avaler le tout à l’oifeau. II vomira fur le chample sang qui sera caillé dans ton corps ; Sc peu de rems après il feraparfaitement guéri.

Si la blessure de loiscau est considérable, mais extérieure , & queles nerfs soient offenses., il faudra premierement la bien étuver avecun liniment fait avec le vin blanc , dans lequel on aura fait infuserdes roses féehes » de l'écorce de grenade , un peu d’absinthe Sc d'aiun ieníuite on y appliquera tic la terébentine.

Des fradures.

Si l'oiseau se casse une jambe, ou une cuisse, il faut la lui remettrele plus promptement Sc le plus adroitement qu'il est possibse; ensuiteon y met une carte, ou une petite éclilse pour la tenir en état; puison y applique un emplâtre de poix noire fondue, dans laquelle onmêlera de la satine. On purgera aussi loiscau pour détourner l’hu-meur, & on le tiendra dans un lieu chaud , sur-tout si le tems estfroid ; Sc on laissera l’cmplâcre jusqu’à ce quelle tombe d’cllc-même.

De la multtte tmpelotté».

Pour guérir les oiseaux qui ont la musette empelottée par une hu-meur vilqueuse & glante qui retient les cures, il íáut les purger avecla filasse, ou le coton, liés de sel ammoniac > & d’une fois autant desucre candi. Ensuite on les porte fur le poing, Sc on les jardine, met-tant un baquet plein d’eau auprès d’eux; puis on leur deíserre le cha-peron , le lâchant presque tour-à-faic, & on ne les quitte point qu’ilsne commencent a tirer du collier. Alors ils ne tardent guéres à ten-dre la doublure. Deux heures après > on leur fait demi-gorgée dunecuisse de poulet toute chaude , ou d’unc aîle de pigeon bien trempée.II faut donner aux laniers & aux sacres une dose plus forte de selammoniac, qu’aux tiercelets & aux faucons.

Des accident qui arrivent an pennage des oiseaux.

Il atiive quelquefois aux oiseaux courageux, de sc tordre Sc de sefroisser les pennes, en battant leur proye trop rudement.

Si ses pennes ne sont que torses » on les redreíse facilement en sesmouillant dans de l’eau un peu plus que tiède. Si elles sont torses•Sc pliées , on ses remet dans leur premier état , en ses étendant en-tre des côtes ou troncs de chou fendus en long , que l’on aura faitchauffer entre deux braises; ou bien en appliquant dessus , en fo:mc4 Îe cataplasme > de l’avoine cuite, & réduite en confidence de bouillie.

Si la penne «st rompue , de sorte qu’elle ne tienne plus qu’au nerfde dessus, il faudra la coudre , ou la cheviller adroitement, avec uneaiguille fine, enfilée de soye délice , ou de fil très fin. Quand on apassé le fil plusieurs fois en long, de lune à faune partie ce la pen-ne , de maniéré qu’elle paroisse forme & dans son état naturel, on faitdes nœuds - & l’on coupe tout auprès le fil qui reste.

Si la penne est tellement rompue qu’il faille absolument lacouptr,il faudra faire cette opération dans le tuyau de la penne , & prendreune autre penne de quelque oiseau semblable . laquelle vous coupe-rez au même endroit, puis vous insererez le tuyau de celle-ci , dansle tuyau de la première, & vous colletez l'endroit del’insertion avecde bonne colle de poisson. Lest ce qu’on appelle enter une penneau tuyau. Pour avoir toujours la facilité d enter les pennes, il fautconserver celles des oiseaux qui meurent.

On peut enter encore d’une autre façon, en coupant la penne au-dessus da tuyau, par lc moyen d’une aiguille à trois carrés, & poin-tue par les deux boucs , que l’on fait entier jusqu’à moitié, de partSc d’autre dans les deux plumes. II faut auparavant faire trempertette aiguille l’efpace d’unc heure dans du vinaigre Lc dii sel. oudans du jus de citron , ou de limon; & à leur défaut, il faut l’en-fonctr dans un oignon, ou dans plusieurs gousses d’ail, selon fa lon-gueur.

Si' un faucon s’étoit démonté une serre, il faut incorporer de lacrotte de chèvre ou de brebis, avcc de la terébentine de Venise; en-suite on mettta de ce mélange dans une petite chaussé de cuir, qui se-ra faite exprès pour 1e doigt de l oiscau qui est démonté. Quelquetems après, il fe trouvera par ce moyen remonté comme auparavant.

InftruBion pour le vol des autours.

Ce que nous avons dit ci-dessus, pour élever Sc instruire ses oi-seaux de proye > seroit imparfait. fi nous négligions de parler des au-tours. II est vrai quç ces derniers oiseaux ne donnent pas tant de plai-sir que les autres ; mais on est bien dédommagé pat la quantité dugibier qu’ils abatent, Sc ceux qui aiment plus i’urile que l’agtéabse ,comme sont les simples Gentilshommes, trouvent mieux leur comp-te à chasser avcc l’aurour, qu’avec les autres oiseaux dcleuire , qui neconviennent qu’aux Princes Sc aux grands Seigneurs, lesquels sont enétat d’entrctenir grand nombre de Valets , de chiens Sc de chevaux.L’autour n’est pas de grande dépense ; il est aisé de l’élcver Sc de l’ins-truirc > quand on le fait chasser, tout son exercice consiste cn finesse& en ruse , ce qui doit faire beaucoup de plaisir à ceux qui sont en-tendus dans l’art de la Fanconnerie ; Sc quand l’autour a besoin d’ai-de, il peut être secouru par des Valets, ou autres gens à pied.

O I 5.

Cet oiseau est le'plus grand de la Fauconnerie, après le gerfaut. IIest de couleur fauve , & íemé de taches jaunes ; il a ses ailes courtes,la tête petite, les yeux noirs] & três-enfonccs, le bec gros Sc recour-bé, ses serres noires, les jambes hautes Sc jaune», la queue longue Sclarge.

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Les autours sont distingués par leur âge, par leur pennage, parleurs yeux, ou par le lieu d'où on les rire.

i. l’ar rapport à l’âge , on appelle autour niais , celui qui a été prisdans le nid , Sc qui n’a pas encore volé ; aurour branchier , celui quiacommencé á voler, Lc qu’on a pris fur les branches des arbres; au-tour passager , celui qu’on a pris en passant, ou avec 1c filet ou autre-ment; autour fourchent, celui qui est de moyenne taille, entre le for-mé Sc le tiercelet, Sc qu’on appelle aussi quelquefois second.

i. Par rapport au pennage , il y cn a de toux , dfc blonds, Sc d’au-tres d’unc couleur tome différente , enlorce que fans une longue pra-tique , on s’y trojveroit souvent trompé , tant est grande la différen-ce du pennage de ces oiseaux.

3 . Par rapport aux yeux , la plupart les ont noirs ; mais on entrouve quelques-uns qui les ont d’un brun clair, d’autres comme decouleur d’ambre jaune, d’autres tirant fur 1e roux. &c.

4 . Par rapport aux lieux où ils prennent leur origine , ceux quinaissent dans nos climats sont de taille médiocre; mais ceux qui nousviennent des autres Pays, font ou beaucoup plus grands , ou beau-coup plus petits, selon la différence de l’air qu’ils ont respiré, ou desalimens dont ils ont été nourris.

Au reste. toutes les différences que nous venons, de marquer , ncconstituent point différentes espèces d’autours. L est toujours la mê-me efpécc , qui n’est diversifiée qu’accidentellement.

Comment il faut choisir les autours.

On ne doit jamais enlever les autours mais de leur aire , qu’ilsn’ayent commencé à noircir, & qu’ils n’aycnt la queue au moins à lamoitié de fa juste longueur, car plus ils font forts, plus on ses esti-me i c’cst pourquoi l’on doit faire encore plus de cas des autours èran-chiers-, que des niais. Les fourcherets , vasenr mieux que tous les au-nes. Les tiercelets sont beaucoup moins islimés que informés , parcequ’ils ne sont pas de si longue garde, & qu’ils sent sojets à se débat-te ; quoiqu’ils loient beaucoup plus segers pour se plaisir. Les au-tours de passage sont d’excellens oiseaux, sur-tout pour les Pays demontagnes où il y a des arbres ; parce qu’ils suivent leur pioye, &se branchent sort à propos. II faut les choisir d’unc mue . ou d’unan, pour pouvoir les instruire Lc les affaiter comme il faut.

lnstrudìons pour nourrir & dresser les autours.

On tient ordinairement ses autours à la cuisine, parce qu’ils sc plai-sent dans les endroits chauds ; c’est aussi afin de ses faite au bruit dumonde Lc des chiens.

Pour ses bien dresser, il faut ses nourrir à la main. & ses paître dechair de volaille , prenant garde qu’ils ne s’empclottent point lors-qu’on leur donne de la plume qu’ils ne peuvent digérer. II fautpoun-tant avoir attention à ne leur pas faire connoître la volaille . ni sespigeons ; autrement ils dépeupseroient la basse-cour. Ainsi quand onles paiera de vif, il faudra leur donner de petits oiseaux, ou des per-dreaux , ou des perdrix, ou des tourterelles , ayant soin d’arracher au-paravant la queue à ces différentes sortes de gibier.

On dresse aisément ses autours . cn pratiquant à peu près ses mê-mes leçons que nous avons données ci-dcssùs pour ses autres oiseauxde la Fauconnerie. Les autours fe rendent fans peine fur le jpoing,

par