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Tome 1.
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S<J AI.M. ALOE.

6 onces §, poids gros. .

ALM ADTE Petit canot de quatre brades de long ,

ordinairement d’écorced’arbre , dont se serventles Nègres de la côte d’Afrique, pour trafiquer en-tr’eux, & avec les Européens.

At madte , est aussi un vaisseau des Indes, fait enforme de navette de Tisserand, a la réserve qu il aParti ère quarré. II y en a de 80 pieds de long, &de 6 ou 7 de large. Ils peuvent contenir quanti-té' de marchandises ; & c’est avec quoi les plus ri-ches Marchands Indiens font leur principal com-merce , soit qu’ils les chargent pour leur proprecompte , soit qu’ils les louent a fret aux Marchandsd’Europe.

ALMANACH. Calendrier ou table ou sont mar-qués les jours & fêtes de Parusse, le cours du Soieil& de la Lune, & quantité d’autres choses curieu-ses ou nécessaires.

Les Marchands en ont toûjours dans leur bouti-que , & ne manquent point d’en porter dans leurAgenda, pour y trouver les dates dont ils ontbesoin.

j joutez : Les At manachs sont du nombre desLivres que les Marchands Grossiers peuvent ven-dre , pourvû qu iis ne soient pas imprimés dans laVille où iis sont, suivant le Règlement pour laLibrairie du 28 Fevrier 1723.

ALMENE. Poids de deux livres -, dont on sesert a peser le safran dans plusieurs endroits du Con-tinent des Indes Orientales.

ALMENDINE, ALMANDINE, ou ALBAN-DINE. Pierre précieuse, qui est une espèce de Ru-bis , mais plus tendre & plus légère que le rubisOriental. Sa couleur tire néanmoins plus fur celledu grenat, que fur le rouge du rubis. Voyez Ru-bis.

ALMONDE, ou ALMUDE, ou ALMOUDE.Mesure de Portugal, qui sert a mesurer les huiles.Les Portugais vendent leurs huiles d’olives par al-mondes , dont les 26 font une botte ou pipe. Cha-que Almonde est composée de 12 cinadors , & lecanador est environ un mingle, ou bouteille d’Am-sterdam. Voyez Alquter. & Mingle.

ALMOXARISFASGO. On nomme ainsi dansquelques Ports de l’Amerique Espagnole, particu-lièrement a Buenos-Ayres, un droit de 2 & demipour 100 de la véritable valeur des peaux de tau-reaux, qui se payent au Roi d’Espagne, pour lasortie des cuirs qui s’embarquent sor les vaisseauxd'Ëurope. Outre ce droit, il est encore dû le droitde Quint, mais seulement a raison de 4 réauxchaque cuir. Voyez Taureau.

* ALOE'. Le suc d’Aloës , est un soc épaissi,dont on distingue plusieurs eípéces dans les Bouti-ques, soit par rapport au pais, soit par rapport auxplantes dont on le tire, soit par rapport a fa propresubstance.

La plus commune distinction de l’Aloë dans lesboutiques est par rapport a fa substance pure ou im-pure , en soccotrin , hépatique & caballin. Les Au-teurs modernes ont fait une distinction entre l’Aloësoccotrin, ou comme d’autres disent sycotin, &l’hépatique ; quoiqu’il paroisse que ce soit la mêmechose chez les Anciens. En effet l’Aloë hépatiquedes anciens Grecs étoit nommé par les Barbareslycotin, cPun mot des nouveaux Grecs qui signifiele foie. Mais comme le meilleur Aloë hépatiqueetoit apporté de l’Iíle de Soccotara, alors ils ont ditAke Soccotrin & sycotrin, au lieu de dire sycotin:nom qui ne designe plus comme autrefois l’Aloëhépatique, mais seulement le meilleur Aloë ; sa-von 1 Aloe le plus pur, d’un roux tirant sor le rou-ge, ou jaunâtre, brillant & transparent ; c’est pour-quoi on l’appelle aussi Aloë brillant, luisants songoût est amer, astringent, un peu aromatique; sonodeur est forte, non désagréable.

ALOË. 9S

On appelle Aloë hépatique , celui qui est com-pacte , sec, opaque, qui approche de la couleur dufoie : d’un goût plus amer & astringent, & d’une 0-deur plus forte.

Enfin {'Aloe cahallin est l’espéce la moins esti-mée ; il est pesant, compacte , noir, plein de terre& de sable, très-amer; d’un goût qui excite desnausées, puant, & que l’on doit laisser pour les ani-maux.

Pour nous, avec les Botanistes les plus exacts,nous distinguerons trois sortes d’Aloé; savoir i'A-loè excellent ou Soccotrin , le commun ou moins ex-cellent , & le fétide ou caballin. Le commun est oupur, & il s’âppelle hépatique , ou impur, & il se nom-me caballin de même que le fétide se divise enhépatique ou pur, & en sordide ou caballin.

Le meilleur Aloë , ou le soccotrin & le luisant,est très-pur, brillant, transparent, gras, friable enhiver, un peu plus mol en été, fiéxible dans lesdoigts, jaune., ou d’un pourpre roussàtre : lequelétant réduit en poudre a la couleur brillance de l’or,d’un goût amer, aromatique ; d’une odeur forte., a-romatique cependant, qui n’est pas fort désagréa-ble, &qui approche de la myrrhe.

On ne tire pas l’Aloë soccotrin de la même plan-te que l’hépatique & le caballin : la plante dont onle tire s’appelie Aloë soccotrin à. feuilles étroites ,épineuses, à fleurs couleur de pourpre : Ses feuillessont d’un verd foncé , longues d’un pié & demi,étroites , épaisses, succulentes, terminées en pointe,garnies de beaucoup de petites épines pries & ten-dres. Les fleurs sont disposées en é sis ; elles sent enlys, d’une feule piéce , en forme de tuyau, décou-pées en six quartiers, de couleur purpurine, pen-dantes, garnies de six étamines rougeâtres, saillan-tes hors de la fleur, attachées a la base du pi bile, &non pas à la fleur comme dans les autres fleurs ,d’une feule piéce ; quand elles sont passées, il leursuccède des fruits triangulaires, & a trois loges rem-plies de graines. Quand on coupe transversalementles feuilles, il en découle un soc jaune & amer,dont l’odeur est plus agréable que celle de l’Aioëordinaire.

Pour retirer cet Aloë, après avoir arraché lesfeuilles on les presse légèrement, & on en fait cou-ler le soc dans un vaisseau convenable : on le laissereposer pendant une nuit, afin que les parties lesplus grossières tombent au fond ; on verse le lende-main la liqueur qui sornage dans un autre vaisseau,on l’expofe au Soleil, afin qu’elle s’épaississe & íedurcisse; ce soc acquiert alors une couleur Jauve ;on nous l’apporte dans des cuirs de l’Istedepïocco-tora qui est vis-a-vis Pentrée de la mer rouge.

U Aloë hépatique-, ou l’Aloë commun, est d’une cou-leur plus foncée, moins brillant, plus compacte Scplus sec, de la couleur du foie , d’une odeur plusdésagréable, & d’un goût plus amer : on le retired’une plante nommée Aloë commun : Ses feuillesfont disposées en rond, longues d’une coudée, lar-ges de trois ou quatre pouces, épaisses d’un pouce ,terminées insensiblement en pointe, dentées a leurcirconférence, légèrement épineuses, & couvertesd’une poussière bleuâtre ; la chair intérieure en estmolle, douceâtre, gluante, semblable a de la gelée,transparente, traversée de côté & d’autre de vais-seaux qui répandent un soc jaune & sort amer : lesfleurs font k peu près comme celles de P Aloë socco-trin; elles sont jaunâtres & panachées de quelqueslignes verdâtres.

Cette plante croît dans l’Orient & dans POcci-dent, comme en Perse, en Egypte, en Arabie, enEspagne sor-tout dans les montagnes de la Sierra-Morena où elle vient d’une grosseur & d’une hau-teur extraordinaire ; on en tire le foc, non feule-ment dans plusieurs endroits des Indes, comme aCambaie & a Bengale, mais encore dans plusieurs

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