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Après la déflagration il reste une cendre bleuâ-tre, de laquelle par le moyen de la lotion , del’é-vaporation, & de la cristallisation , on retire du vi-triol. Mais après que l’on a fait la cristallisation duvitriol, il reste une liqueur grasse & épaisse, quel’on fait bouillir avec une huitième partie d’urine &de lessive faite de cendre de bois : par ce moyen ilfe sépare de la liqueur beaucoup de sédiment épais,rouge, qui fe précipite au fond du vaisseau ; Onpurifie cette liqueur, & on la fait bouillir de nou-veau , jufqu’a ce qu’elle soit suffisamment épaisse ;on la met cristalliser j d'où vient Y Alun de Suéde jqui est cristallin & transparent.
, L’Alun du Levant n’est guéres différent de1 ces trois fortes d’Aluns, & sert aux mêmes usages ;mais il est moins commun en France, a cause de lafacilité qu’il y a d’avoir des autres. L’on peut ache-ter a Smirne 6000 quintaux d’Alun tous les ans.II y en a de gros & de menu. Le gros est le bon 5& l’on en donne ordinairement 3 quintaux de me-nu pour 2 de gros. Le lieu où est la mine d’où fetire f Alun, est éloigné de 6 ou 7 journées de Smir-ne ; & comme cette mine est affermée , & qu’il fautnécessairement passer par les mains du Fermier, ilen augmente & diminue le prix a son gré, & suivantqu’il volt que les Européens y mettent la presse. Ontire aussi de l’Alun de Constantinople, qui est plusgras & meilleur que celui de Smirne. L’un & l’autreviennent par sacs. ( Remarquez qu on a dit ci-dejfus ,que celui de Liège ejl le moindre, par ce qu il efl gras,& ici on dit le contraire. Cejì aux Teinturiers à conci-lier ces deux sentimens. )
Commerce de F Alun à Am/lerdam.
L’on vend a Amsterdam trois fortes d 1 Alun; l’Alunde Rome , l’Alun de Liège, & l’Alun d’Angleterre.
L’Alun de Rome fe vend ordinairement 3 5 folsde gros les 100 livres; on accorde 4 livres par sacde tare, un pour 100 pour la déduction du bonpoids, & autant pour celle du promt payement.
L’Alun de Liège fe vend 30. fols de gros, aussi les100 livres. On ne donne point de tare. Le bon poids& le. promt payement font comme a ì’Aiun de Rome.
L’Alun d’Angleterre ne fe vend que 28 fols de grosles 100 livres; lorfqu’il est en futailles , on les tare;s’il est en sac, on donne 4 livres de tare par sac ; lereste est comme aux précédens.
f En 174S. Novembr. les 100. liv. fe vendoient7! florins.
Toutes ces sortes dF Alun payent en France de droitsdF entrée, F un portant F autre , 3. livres du 100. pesant,& de sortie seulement 20 sols ; à la r'eerve néanmoinsdes Aluns qui viennent de Conjlantinople, de Smyrne,& des autres lieux du Levant, terres & p aïs de la do-mination du Grand-Seigneur, du Roi de Perse, & T Ita-lie, sur, lesquels il se léve 20. pour 100. de leur valeur ,conformément à F Arrêt du Conseil du 15. Aoujl r 68 5.
-j- Par F Article IV. de F Ordonnance donnée à. Charle-roi le 2. Dec. 173Y. par F Archiduchesse Gouvernantedes Pais-Bas, on impose 3 florins fur le cent pesant deP Alun qui se tire de la Ville éf Païs de Liège , tantpour F entrée dans les Pais-Bas que pour le transit, par.dessus les Droits ordinaires , ce qui ejl à cause des dé-mêlés survenus entre ces deux Etats : Le Prince deJMge , par son Taris du 8. Juillet 1740. a par contreimposé 10 sor. 5 jols fur le 100. pesant d Alun ve-nant, des Païs-Bas , ce qui n aura lieu vraisemblable-ment que pour peu de tems.
Outre ces différentes sortes d’Alun dont il vientd’être parlé,-les Marchands Epiciers & Droguistestiennent encore deux préparations d’Alun : l’une estl’Alun brûlé ou calciné ; l’autre est l’Alun de sucre,Succárin, Zaccarin, ou Zuccharin.
L’Alun brûle' est de Y Alun de glace mis dansun pot fur un grand feu, qui en fait la calcination,en le rendant plus leger, plus blanc,, & facile amettre en poudre.
Diction, de Commerce. Tom. I.
ALUN. icá
L’Alun de Sucre, en Latin Succarinum, res-semble tout-a-fait a du sucre. Il fe fait avec de l’A-lun de glace, de l’eau-rofe & des blancs d’œufs,que l’on fait cuire ensemble, jusqu’a-ce .qu’il soitdevenu en consistance de pâte ; ce qui le met enétat de recevoir la forme qu’on lui veut donner,qui est ordinairement celle d’un petit pain de lucre,gros comme le pouce, & c’est de la qu’il tire sonnom de Succárin. Lorsque cette pâte est entière-ment refroidie, elle devient dure comme de la pierre.On s’en sert pour les fards.
U Alun naturel . est. liquide ou concret : les An-ciens ont observé deux fortes d 1 Alun liquide, f unpur, limpide ou comme du lait, uni & toujourshumide : l’autre impur, rempli d’ordures, pâle Straboteux. Les Anciens distinguent auffi celui qui estconcret par la figure ; il y a apparence que l’Alunde plume en est une espèce.
L’Alun de Plume, est une espèce de pierre mi-nérale , filandreuse, & de différentes couleurs, leplus souvent d’un blanc tirant sur le verd , appro-chant du talc de Venise , a la referve qu’elle n’estni fi verte, ni fi luisante ; & qu’au lieu de fe mettrepar écailles , elle fe léve par filets blancs & doux,semblables a la barbe d’une plume; auffi c’est de laqu’elle a pris son nom d "'Alun de Plume. Quelques-unsprétendent que c’est le Lapis Amiantus des Anciens.
Voici ce qu’en dit M. de Tournefort dans fa Re-lation de son voyage au Levant.
L’Alun de plume fe trouve dans les mines de l’A-lun commun, qui font dans l’Iíle de Milo ou Meìos,située a l’entrée de l’Archipel. Ii y vient par grospaquets composés de filets auffi déliés que la foisla plus fine ; ils font argentés, luifans, longs d’unpouce & demi, ou de deux pouces , de même goût,&, comme dit le savant Auteur, de même caractè-re que l’Alun de pierre : auffi soutient - il les mê-mes effets, & a-t-il la même solution, qui est aigre-lette & stiptique.
II ne faut pas’ confondre l’Alun de plume avecla pierre incombustiìe, comme font la plûpart desDroguistes François, Italiens, Anglois & Hollan-dois, qui mi substituent ordinairement une est c ce deméchante amianthe, que l’on aprorte des environsde Caristo dans fille de Negrepont, ou les amian-thes de Smirne , de Genes , & des Pyrénées.
La différence de tous ces amianthes avec l’Alunde plume , consiste en ce que ce dernier est un vé-ritable sel, qui ne diffère de l’Alun ordinaire qu’ence qu’il est partagé en filets, & que l’autre est unematière pierreuse, insipide, qui s’amollit dans l’huile,& y acquiert assez de souplesse pour pouvoir être filésur du fil de Coton; c’est de l’amianthe que.l’on faitdes mouchoirs & des bourses qui blanchissent au feu.
Les Anciens ont connu l’Alun de plume. Pline,qui rapporte qu’on tiroit de Melos trois sortes d’A-lun , fçavoir de solide , de liquide , & de chevelu,a sans doute entendu par l’Alun chevelu, celui queles Epiciers-Droguistes appellent Alun de plume,& qui vient effectivement de l’Ifle de Melos. [ Onen tire auss d’Egypte & de Sardaigne. ]
•f Le P. Labat dit, que ’c’est l’Alun de plumeque l’on peut regarder comme le véritable Alun na-turel, puis qu’il est formé par la nature fans le se-cours de fart, & qu’il est ainsi appellé, parce, com-me on l’a dit, qu’il ressemble a une plume , a causedes petites plantes que la nature pousse hors de terrea la hauteur de 2. oú 3. pouces , composées de pe-tits filets droits, déliés, blancs, tranfparens , quifont formés par une liqueur blanche, laiteuse , &alumineuse, que la chaleur du soleil attire des en-trailles de la terre, & que la même chaleur fait dur-cir & condenser. On attribue bien des propriétésa cet Alun, mais il est très rare. 11 y a encore dessubstances auxquelles on donne le nom d’Alun.
L’Alun Scazolle est une pierre blanche, tranf-L Z parente ,