Band 
Tome 1.
JPEG-Download
 

w

I'

N

121 A M B R.

confirmé sa conjecture : Car ayant fait une dissolu-tion de cet Ambre, par de l’esprit de vin tartarife,il trouva, après la décantation , une gomme mel-Iagineuse , a qui rien ne pût rendre sa premiéi e du-reté , parce que la partie résineuse avoir été dissoutepar l’opération. Tout cela , joint au peu de variétéqu’on remarque dans ses couleurs , en comparaisonde celui de Prusse, ne paroît guéres propre a le fairerechercher. Cep Ridant Mr. Sendelìus ne désespèrepas d’en pouvoir faire des verres ardens, a causede sa grande transparence ; il a même eu, de la dis-solution qu’ii en a sait, un vernis, qui, parce qu’ilest nouveau, pourra peut-être servir de fard pourle beau sexe.

On a. vu jusques ici différentes opinions tou-chant la nature de ? Ambre jaune. Disons encoreque l’Auteur du Spectacle de la Nature Tom. III.p. 311. croit qu’il a la même origine que celle dujayet, qui ne paroît autre chose qu’un bitume noirmêlé de parties de fer, & durci comme une pierre ;l’ambre, jaune ayant la même odeur, même éiec-tncvé , c’est-k-dire, même facilité a attirer les pail-les & les matières légéres, après avoir été échauffépar le frottement.

AMBREéADE. On nomme ainsi l’Ambre fauxou factice dont on se sert pour la traitte sur quel-ques Côtes d’Afrique, particulièrement au Sénégal.

11 y en a de grosses rouges, dont le millier quiest de 20 cordes, pèse 3 livres ; & d’autres de peti-tes rouges qui ne pèsent que 2 livres & demie. Voyez.VeRr.otek.ie.

* AMBRETTE, nom François de la GRAINEDE MUSC, ou l’herbe au musc , parce qu’elleapproche beaucoup de l’odeur du véritable musc.On l’appelle chez les Egyptiens ABEL-MOSCH.C’est la semence d’une Plante qui croît en Egypte &dans les Illes Antilles , aussi-bien que dans lepais de Galam en Afrique. Voici la descriptionqu’en donne le P. Le Breton (a) qui paroît laplus juste, ayant été en Amérique en Botaniste cu-rieux.

La tige de cette plante est ronde , tendre, moel-leuse en dedans, & velue par-tout en dehors, fansen excepter ni ses feuilles, ni ses fleurs, ni ses fruits;elle s’éléve k la hauteur de 3 k 4 piés, lorsqu’ellen’a point d’apui ; mais quand elie est soutenue par.quelque lien ou arbrisseau, elle peut monter jus-qu’a 7 ou 8 piés.

Sa feuille est assez large a l’endroit où son pédi-cule , qui est au moins de 3 a 4 pouces de longueur,commence a la nourrir ; car c’est ia qu’elle se recour-be des deux cotés, pour y former deux coudes oupointes; & de la elle diminue jusqu’aubout, qui estfort pointu, en façon de fer a lance. Tout son con-tour est tant soit peu dentelé.

S t Heur est faite en forme de calice évasé, & com-posé de cinq feuilles arrondies dans leurs extrémi-tés, & rangées en volute, dont les parties d’enhautfont d’un jaune pâle, mais gai. Le bas ou le fondest d’un rouge foncé, lisse & purpurin des plusbeaux qu’on puisse voir. Du milieu appellé culier ,s’éiéve unpistile, dont le sommet est blanc, char-gé de quantité de bouquets poudreux, ou grainésde jaune. Deux pellicules envelopent cette fleur:fune est découpée par languettes ; l’autre est d’a-bord entière pour contenir ia fleur qp état ; mais ellese déchire ensuite en pn seul endroit, lorsque lafleur est entièrement épanouie.

Son fruit est de figure pyramidale, k y anglessaillans, dont les faces font rentrantes, & couvertde poils roides & piquans, lorsqu’ils font secs. Sabase, qui appuie sur la queue, s’y rétrécit en s’yarrondissant : il contient beaucoup de graines faitesen façon de rognon, applaties de deux côtés, qui

(4) Mém. de Trévoux, 175*. p. 1080,

AMBRETTE. 122

exhalent une odeur douce & agréable, à peu prèssemblable k celle du musc. C’est pour cela qu’onlui a donné le surnom d’herbe ou d’arbrisseau aumusc, ou d’ambrette.

Au reste cette admirable qualité se perd avec letems, si l’on n’a pas le foin de les bien enveloper.Pour les faire sentir, il faut les*frotter rudemententre les mains. On perce les graines pour en fairedes chapelets de senteur. Ce simple est uíie espèced’Aic.e.

Mr. Savary dit que ses feuilles font assez sem-blables k celles de la Guimauve, ce qui lui a faitdonner par nos nouveaux Botanistes le nom de Gui-mauve des Indes veloutée, Althcea Indica villofa. Ilajoute que cette graine n’est guéres plus grosse , quela tête d’une très grosse épingle, & qu’elle exhaleune odeur qui tient tout ensemble de l’ambre & du.musc, d’où son nom d’Ambrette semble dériver.

Son principal usage est pour la composition dequelques parfums , où néanmoins il est fort diffi-cile ae ia faire entrer, si l’on ne la fait employer.Les Parfumeurs Italiens s’en fervent beaucoup. EnFrance les Religieuses & les Patenôtriers en font desChape.ets. O11 prétend que ses feuilles cuites dansi’eau & mises en cataplame, font excellentes pourles tumeurs.

L’Ambrette de la Martinique est la meilleure detoutes ; il faut ia choisir nouvelle, bien nourrie,sèche, bien nette & de bonne odeur.

Le P. Labat dans son Voyage de VAfrique Occisdentale , dit, que PAmbrette vient en quantité,parfaitement bien, & sans culture, dans tout lepais de Galam; que les Nègres n’en font aucun u-sage ; que les femmes même , qui aiment beaucouples odeurs, ne se servent point de ces graines ; quequand cette plante trouve un terrain gras & pro-fond , elle croît jusqu a la hauteur de 6 ou 7 pieds.Cette graine, dit-il, est chaude jusques au premierdegré, & elle s’employe avec succès en certainesmaladies. On dit que ceux qui vendent du musc,en augmentent la quantité en y mêlant de cesgraines.

Mr. Garcin nous aprend que le mot ddAbel-mofc ,qui est usité parmi les Egyptiens, vient du mot ArabeHabel-mojc , lequel signifie ia Graine au musc , ou se-mence musquée. Cette graine qui sent si agréable-ment le musc, lorsqu’elie est fraîche, ou qu’elleest bien conservée dans des bouteilles, vient d’unePlante qui ne croît naturellement que dans la Zone-Torride, laquelle n’a point d’odeur dans aucuneautre de ses parties, que dans fa graine seulement.Les Egyptiens sont les premiers qui l’ont fait con-noître aux Européens. Elle ne croît pas naturelle-ment en Egypte; este n’y est seulement que culti-vée, comme dans bien d’autres endroits. Elle de-mande des pays chauds & humides ou pluvieux &non secs, comme est l’Egypte, le GolfePersique,&c. où elie n’y vient pas si druement, & n’y don-ne pas une si bonne graine. C’est de la, que Mr.Savary a dit avec raison que cette graine estmeilleure a la Martinique. Elle croît dans différenslieux de l’Amérique, mais encore plus familière-ment dans ies Indes Orientales, où elle est plus enusage.

Les Malabares la nomment Cattu-Gafluri : elleest exceilente dans leur pais, & ils en font quelqueCommerce. Dans rifle de Ceylan où elle croît éga-lement, elle y est nommée parles Cingalois Kapu-hanajsa. La Plante qui porte cette graine odorifé-rante , est proprement une espèce du genre de Ket-mia ; c’est pourquoi le célébré Mr. de Tournefortl’a nommée Ketmia JEgyptiaca , femme, mofehato ,Institut. Rei Herbar. 100. II auroit ete mieux dedire Ketmia Indica , &c. puisque son origine est pro-prement des Indes.

«

t