Band 
Tome 1.
JPEG-Download
 

42 z BENJOIN*

ires métaux. II se dit du plus ou du moins de fa-cilité qu’on a a tirer le métail du minerai, ou pier-re métallique. Cet or est difficile a bénéficier, lesfraix en seront grands. Cette mine de cuivre se bé-néficie aisément, le Propriétaire s’y enrichira. VoyezOr , Argent , ó* les autres métaux.

BENJANS. Voyez Banians.

* BENJOIN, en latin Benzoinum , Belzoinum t ,Assa dulcis , est une Résine sèche, dure, fragile, in-flammable , formée de différentes miettes ou petitsmorceaux brillans , tantôt jaunâtres, tantôt blan-châtres, iéunis ensemble, & qui font une massed’un goût résineux gras, d’une odeur suave &pénétrante, sur-tout lorsqu’on la brûle au feu.

On en trouve de deux sortes dans les boutiques.Le premier s’appelle Amygdaloides il est pâle, oud’un rouge brun; il contient des grains blancs com-me des amandes. L’autre est noirâtre ; il n’a pointde taches ou très peu. On l’aporte du Royaumede Siam, & des Iles de Java & de Sumatra. On re-garde comme le meilleur celui qui est transparent,qui contient des Amandes, qui répand une douceodeur, & qui n’est pas souillé par des parties hété-rogènes.

L’arbre qui donne le Benjoin, & qui a le mêmenom, est fort ample & fort beau; ses feuilles fontsemblables à celles du Chromer ou du Limonier,plus petites cependant, moins luisantes & blanchâ-tres en dessous. Ses fruits font des Noix de la grosseurdes Muscades, arrondies, applaties , composéesd’une écorce charnue , moins épaisse que celle desNoix ordinaires; raboteuses en déhors & cendrées,vertes en dedans ; & d’une coque un peu applatie,cendrée, dont la substance est plus mince & plustendre que celle de la Noisette. Cette coque renfer-me une amande blanchâtre ou verdâtre intérieure-ment, & couverte d’une peau rougeâtre & ridée.Cet Arbre naît aussi dans la Virginie.

Voici ce que Grhnmius raporte fur la maniéré dontles habitans de l’Iíle de Sumatra recueillent la Ré-sine du Benjoin. Quand P Arbre qui porte le Ben-join a 5 ou 8 ans, on fait des incisions en longueur,un peu obliquement, jusqu’au bois, dans la partiesupérieure, a la couronne du tronc vers l’originedes branches. C’est de la que coule cette excellenteRésine, qui est d’abord blanche, ténue, giutineuse& transparente , & qui se fige & se durcit peu-a-peu à l’air, & devient jaune dc rougeâtre. Si on lasépare dans le tems convenable, elle est belle &brillante : mais si elle reste trop long-tems a l’ar-bre, elle devient grossére, un pçu brune ; & il s’ymêle des ordures. On n’en retire pas plus de troislivres du même arbre. Les habitans ne laissent pascroître ces arbres au de la de six ans ; mais aussi-tôt qu’ils ont enlevé toute la Résine qui y étoit atta-chée , ils les coupent ou ils les arrachent commeinutiles, & pour faire place a des plantes plus jeu-nes : car les jeunes arbres donnent beaucoup plusde résine & bien plus excellente que celle des vieuxarbres.

Le véritable Benjoin en larmes, qu’on trouve ra-rement en France, & dont les Gens de la fuite del’Ambassadeur de Siam apportèrent assez grande quan-tité , est d’un jaune doré au déhors, blanc au dedans,rayé de petites veines claires, blanches & rouges,friable, < 3 t fans aucun goût ; mais d’une odeur dou-ce , & fort aromatique ; bien différent du Benjoinen larmes, qui se vend communément a Paris, quiest en masse , clair & transparent, de couleur rou-geâtre , & mêlé de larmes blanches, semblables ades amandes ; ce qui lui fait donner le nom de Beti-join Amygdalóide.

Lé meilleur Benjoin vient dans l’Isle de Suma-tra , a un endroit qu’on appelle Baros , fur la côteOccidentale de cette Ifle, un peu en deça de la Li-gne. 11 appartient aux Hollandeis, lesquels en en-

BEN. BER. 424

voyent beaucoup de la dans ì’Indostan* car lesGentils de cette contrée en consument quantité dansleurs cérémonies de Religion.

Le principal usage du Benjoin est pour les par-fums & les fumigations. Pris intérieurement il estbon pour exciter l’expectoration, dans l’asthme,dans la toux invétérée & l’engorgement des pou-mons. On en recommande sur-tout les fleurs : Onprépare aussi de l’huile & de la teinture de Benjoin.

Ils’estvendua Amsterdam 1748. 24 à 58 fols lalivre.

Le Benjoin de toutes sortes paye en France les droitsddentrée fur le pied de 6 liv. le cent pesant ; mais lors-qitila été entreposé y & qu’il vient du Levant, de Bar-barie & de Perse, & dlItalie , il ejl du nombre desmarchandises , fur lesquelles, conformément à P Arrêt duConseil du 15 Août 1685. il doit être levé 20 pourcent de leur valeur , & même sans être interposé, quandil entre par le Port de Rouen.

BENNE. Voyez Banne, & Banneau.

- BERAMS. Grosse toile, toute de fil de coton,qui vient des Indes Orientales, particulièrement deSurate. II y a des Berams blancs unis, & d’autresrayés de couleur. Les blancs font de 9 aunes a lapiéce, fur de large; & les rayés font de ix| au-nes de long, fur | de large.

BERCEAU. C’est la partie antérieure de la pres-se des Imprimeurs, qui sert a soutenir le train surles barres , & lui donne le mouvement par ses pou-lies. Voyez Imprimerie.

Berceau. Petit lit d’enfant, a quatre pieds, faitordinairement d’osier blanc entrelassé , qui a un pe-tit arceau du côté du chevet, pour porter le rideaudont on le couvre. Il fait une partie du commerce& des ouvrages des Vanniers.

Les Berceaux d'osier payent en France les droitsd entrée fur le pied de \o f la charrettée , & pour ceuxde sortie , un sol de la douiaine.

BERCELLE. Espèce de petite pincette, dont lesEmailleurs se servent pour tirer l’émail a la lampe..Elle est d’un seul morceau de fer replié en deux ,dont les deux branches font p lattes, & un peu poin-tues. Voyez Email.

Bercelle. C’est aussi un petit instrument d’Orfé-vre, ordinairement de leton , qui d’un côté a despincettes, & de l’autre une espèce de pelle, ou decuilliére. Ils s’en fervent a monter des pierreries, &a quelques autres ouvrages délicats d’Orfévrerie.

* BERCHEROCT, ouBERKEWITS. Poids donton se sert a Archangel, & dans tous les Etats duCzar de Moscovie, pour peser les marchandises degrande pesanteur, ou de grand volume, commeest la potasse, &c. Le Bercheroct pèse 400 1 . Mosco-vites, qui rendent environ 328 1 . poids de Paris; cequi feroit environ 32 à 33 de Paris lepoe'de, dont10 font le Bercheroct, de forte que le poéde est de1 . 40 de Moscovie, qui font 1 . 3 6 d’Angleterre.

BERGAME. Grosse tapisserie, qui se fabriqueavec différentes fortes de matières filées, commebourre de foie, laine, coton, chanvre, poil debœuf, de vache, ou de chèvre. C’est proprementun tissu de toutes ces fortes de fils, dont celui dela chaîne est ordinairement de chanvre , qui se ma-nufacture sur le métier , a peu près comme la toile.Quelques-uns prétendent que le nom de Bergamelui a été donné , de ce que les Habitans de Berga-me en Italie en ont été les premiers inventeurs.

Rouen &Elbeuf, Villes de France, de la Pro-vince de Normandie, fournissent une quantité consi-dérable de Bergames de toutes les couleurs & nuan-ces ; les unes en façon de point de Hongrie ; les au-tres a grandes barres chargées de fleurs & d’oiseaux,ou d’autres animaux ; d’autres à grandes & petitesbarres unies , fans aucune façon ; & d’autres, qu’onappelle Chine & Ecaille, parce qu’elles font rempliesde façons qui imitent le point de la Chine, & les

écailles