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carrosses, les Religieux sonnant leur cloche, les Pré-dicateurs en chaire, les Crocheteurs chargés de boni’bons ; enfin tant d’inventions grotesques & ridicu-les, propres à amuser un âge incapable d’aucuneoccupation plus sérieuse.
Les plus fameux Bimblotiers de Paris de cettedernière espèce, sont ceux qui étalent dans les sal-les du Palais , ou aux foires de S. Germain & de8. Laurent. Il s’en fait aussi quelques petits étalagesen d’autres endroits ; mais c’est peu de chose.
La Bimbloterie paye de sortie , comme Mercerie , 3liv. le cent pesant , a moins que ce ne soit de ces richespoupées , qu’on envoye pour les modes , qui payent parestimation.
BIMBLOTIER. Celui qui fait , ou qui venddes bimblots. Les Maîtres Miroitiers-Lunetiers deParis ajoutent à ces deux qualités, celle de Bimblo-tiers , a cause de la faculté qu’ils ont de faire desbimblots d'étain allié de plomb. Voyez Miroitier.
BlMILLION. Ancien terme d’Arthmétique ,dont Fusage est perdu. II signifie un certain nom-bre, qsson nomme aujourd’hui Milliard. Voy. Mil-liard. 1
BINARD. Chariot a quatre roues d’égale hau-teur , fur lequel on transporte des blocs dé mar-bre, & des pierres de taille, soit au sortir de la car-rière, soit après que les uns & les autres ont été taillés.II y a deux fortes de Binards ; les uns extrêmementélevés, faits de pièces de bois, fortes - & massives ;ceux-ci ont des limons, & se tirent avec des che-vaux : les astres font plus bas , & moins forts ,avec un timon traversé de distance en distance partrois ou quatre leviers d’une grosseur raisonnable.Ge sont des hommes qui tirent ces derniers , &qui s’y attellent avec des bretelles de sangle. Lesgrands Binards ne fervent que pour amener de la car-rière aùx atteiiers, les pierres & les marbres d’u-ne grandeur & d’un poids extraordinaires. Pourles petits Binards, ils fervent dans les atteiiers mê-me, au transport des pierres'taiilées, & prêtes â met-tre en place.
On nomme Bardeurs, les Manœuvres qui les traî-nent ; & Hal ebardiers, ceux qui avec des leviersaident a les charger, & a les conduire Ceux-ci seservent de pinces de fer, pour donner le tournantaux roues. Quand , pour mener des pierres enoeuvre, on se sert du petit Binard, on le couvred’une natte de paille, ou bien on met sous la pier-re , des bouchons aussi de natte, qu’on nomme desTorches. On dit, Un Binard armé de ses torches,lorsque la natte ou les bouchons y font.
Quelques-uns donnent simplement le nom de cha-riots , aux grands Binards a quatre roues, & réser-vent celui de Binard pour les petits , qui n’en ontque deux : d’autres au contraire n’appellent Binardsque les Binards a 4 roues , & nomment Chariotsles autres. Ces derniers ne servent qu’à voitureíles pierres taillées, de Fattelier où on les taille ,jusqu’à l’endroit où ellës doivent être placées; & cefont toujours des hommes qui les tirent.
BTNDELY. Petit passement foie & argent ,qui se fabrique en plusieurs endroits d’Italie.
Par le Tarif de la Douane de Lyon les Bindelys pay«ent % f de la livré.
BTNNELANDS-PAS. Ón nomme ainsi â Am-sterdam Sc dans le reste des villes de la dominationdes Etats Généraux de Hollande, des espèces de Pas-seports , ou , comme on les aopeile en France, desPassavants, qu’on est obligé de prendre quand onveut transporter une marchandise d’une ville a unëautre sans payer aucuns droits d’entrée & de sortie.Ce passeport ne coûte que 24 sols; mais il faut lérapporter acquité au bout de 6 semaines ; c’est-'a-di-re, avec un certificat des Commis, que les mar-chandises font arrivées au lieu de. leur destination,fans quoi elles payepoient comme si elles étoient sor-D ici ion. de Commerce. Tom. L
BIR. BIS. .4 5 Ì
ties pour être transportées dans les païs étrangers.Voyez, l’Article des Droits d’Entrée & de Sortie.
BIRE. Engin à prendre du poisson. C’est ùneespèce de nasse. L’Ordonnance des Eaux & Forêtsde 1669. défend de mettre des bires ou nasses d’osierau bout des dideaux dans le tems de la fraye. Voyez.Fraye.
BIROTINES. Voyez. Bartjtines.
BIS. Ce terme est absolument Latin, & Veut direen nôtre langue, Deux fois.
On s’en sert souvent parmi les Négocians, par-ticulièrement lorsque par mégarde on a cotté dansun livre deux feuillets du même nombre ; en ce cason met Bis a côté du chiffe, qui marque le nom-bre de l’un des deux feuillets , pour faire connoîtrequ’il est employé doublement.
La même chose s’observe a F égard des numérosque l’on met fur les pièces d’étoffes, lorfqu’on ena mis deux fois un même. On a trouvé ce moyen;pour n’être pas dans l’obligation de reformer touteune fuite de cottes, ou de numéros.
Bis , qui est entre le blanc & le noir. Terme déBoulanger. Les pauvres mangent du pain bis. 11 ya aussi du pain bis-blanc, qui est un mitoyen entrele pain blanc, & le pain bis. Voyez Pain.
BTSA. Voyez B'xa.
BISAGE, ou REPARAGE. Signifie, en termesde teinture, la façon qui se donne à une étoffe ,lorsque le Teinturier la met dans une autre couleurque celle où elle avoir été teinte la première fois.II est permis aux Teinturiers du petit teint, de fai-re toutes fortes de Bisages & Reparages.
BISCU T T. Ce qui est cuit deux fois. On le ditparticulièrement du pain qu’on prépare r our lesvoyages de mer, fur tout ceux de long cours.
Ce Biscuit doit avoir quatre cuissons ; on ssendonne que deux pour les autres.
Le bon Biscuit doit être fait six mois avant l’em-barquement, de farine de froment épurée de son <i& de pâte bien levée.
L’eau & le biscuit sont les victuailles les plus ns-cesiaires pour Farmement des vaisseaux ; & si l’imou l’autre se perd ou r e gâte, les Équipages languis-sent & souvent périssent misérablement, sur-touts’ils se trouvent engagés dans les voyages de longcours.
On va donner ici diverses observations pour fairede bon biscuit, tirées d’un mémoire dressé rar leSr. Savary de Ganche , un des frères des Auteurs déce Dictionnaire, pendant dix anrées qu’ií a étéchargé de Fa direction générale des vivres de la ma-rine , dans le département de Brest.
Maniéré de faire le Biscuit de mer.
Bled Froment.
Le froment est le seul blé qu’il faut employerpour le Biscuit. II faut le choisir d’un grain rougs& glacé, & sur-tout qu’il soit bien rurgé de la nielle,de í’yvroie & cíu blé faudré & moucheté.
Le blé nouveau de 3 ou 4 mois est le meilleur ;celui d’un an peut aussi y rire employé , s’il n’a pointété échauffé, & s’il a été gardé dans des magasinssecs & bien airés, point trop élevé de pile , c’est-à-dire, au plus de 2 pieds & demi, & remué aumoins une fois tous les 15 jours.
Lorsqu’on tire le grain des bâtimens, il faut dumoins le faire rasseoir i<? jours & le remuer avecdes pèles du moins 2 ou 3 fois. Quand il est échauf-fé , feulement dans fa superficie , ce qu’on connoiiis’il ne sent pas Faigre , &'si les grains ne s’attachenfpas l’un à l’autre en le pressant avec la main , il luifaut un mois de magasin, & le remuer continuelle^ment jusqu’à ce qu’il soit bien remis.
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