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BLANCHIRIË. Voyez. Blanchisserie.BLANCHISSAGE; C’est le travail du Blanchis-seur. Ainsi lorsqu’on dit, que des toiles, des bas,des étoffes de laine, des foies, de la cire , & d 1 au-tres semblables marchandises, font au Blanchissa-ge , cela doit s’entendre , qu’elles font actuellemententre les mains des Ouvriers qui les doivent blan-chir.
II est défendu d’employer dans le Blanchissagedes bas, & autres ouvrages de Bonneterie de lai-ne , qui se font au métier, aucune craye , ni blanc.Règlement du 30 Mars 1700. Art. 15.
En quelques Provinces de France, particulière-ment en Normandie, on dit, Mettre la toile aucurage, pour dire, la mettre au Blanchissage. IIn est pas permis aux Ouvriers, non plus qu’auxAuneurs de toiles, de mettre en curage aucune toi-le pour leur compte particulier. Règlement pour laNormandie, 14 Août 1676. Art. 9. Voyez. Blan-chir, oh ton explique les blanchiment des foies, étof-fes de laine , & toiles.
Blanchissage. Se dit auflì des salaires qu’ondonne aux Ouvriers, qui blanch issent les différentessortes de marchandises.
Blanchissage des Cires. C’est le terme le plusen usage k Paris, au Mans, k Rouen , & dansquelques, autres des principales Manufactures de ci-re blanche. Blanchiment 11e se dit qu’en Province, &non pas même par-tout.
BLANCHISSERIE , BLANCHIRIE, ou BLAN-CHERIE. Ce font les divers noms qu’on donneà certains lieux destinés pour faire le blanchimentdes toiles.
En quelques Provinces de France, particulière-ment en Normandie, on dit Curanderie , qui a lamême signification.
II y a des Blanchisseries en Hollande, en Flan-dre, en Picardie, en Anjou, en Normandie, enChampagne, & dans presque tous les lieux où lamanufacture & le coînmerce des toiles est considé-rable. Les Blanchisseries de Hollande font les plusimportantes de toutes, particulièrement celles quifont établies depuis Harlem jufqu’a Alcmaer, lelong des Dunes. Voyez Blanchir.
Blanchisserie. Se dit aussi des lieux où l’onblanchit les fils. Les Blanchisseries d’Anvers pourles fils, font les mieux établies.
Blanchisserie. Se dit encore des endroits oùl’on blanchit la cire. Les principaux lieux de Fran-ce , où il y a des Blanchisseries établies pour le blan-chiment de la cire , font Château-Gontier, An-gers , le Mans, Amboise , Chaumont près Troyes,& Rouen. Il y en a aussi plusieurs en Hollande.Voyez Cire.
BLANCHISSEUR. Ouvrier qui blanchit les toi-les, la cire, les fils, &c. En Normandie, & enquelques autres Provinces de France, ceux qui tra-vaillent au blanchiment des toiles, font appellésCurandiers.
Les Blanchisseurs, ou Curandiers de l’étenduedes Généralités de Rouen & d’Alençon, ne peu-vent recevoir dans leurs blanchisseries , ou curan-deries , aucunes pièces de toiles, fans la marque dela Ville de Rouen. II leur est aussi défendu de feservir de chaux dans le blanchissage des toiles, quileur font données a blanchir. Règlement des toilespour la Normandie y 24 Décembre 1701. Art. 46,47 ó’ 49 -
BLANQUE. Sorte de jeu de hazard, que quel-ques-uns qualifient du nom de Commerce.
Le Jeu de la Blànque a été apporté en Francepar les Italiens qui y suivirent la Reine Catherine deMedicis.
Ce jeu, tel qu’on le jouoit alors, & dont EtiennePa r quier nous a laissé la description dans le chapitre49 du livre 8 de ses Recherches , n’étoit autre cho-
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fe que ce qu’on appelle aujourd’hui une Lotteric ,dont depuis un demi-siécle l’ufage est devenu si or-dinaire en France, aussi-bien qu’aiileurs. Voyez l’Ar-ticle des Loteries.
Présentement la Blanque n’a rien de commun a-vec la Lotterie , que le hazard qui distribue les lotsde l’une & de l’autre.
Chaque particulier y peut éprouver fa bonne oumauvaise fortune. Sans attendre compagnie, & , s’illui plaît, il peut en réitérer l’épreuve fur le champ ,avec la feule obligation de payer pour chaque coupqu’ii tire, la somme a laquelle le Maître les a taxés.
Le fond de la Blanque consiste ordinairement enpetits bijoux de diverses espèces , en tableaux,en bardes , en marchandises, en meubles & en coli-fichets , le tout de peu de conséquence , qu’on étaledans quelque boutique pour tenter les passans.
Comme ce n’est presque toujours qu’aux foiresde villages, que se tiennent les Blanques, il n’ya guére aussi que le peuple & le paf fan qui y met-tent la presse & qui s’en fassent un divertissement,fans prendre garde qu il n’y en a guére qui ne doi-vent être suspectes d’infidéíité , quoiqu’elles ne puis-sent s’établir qn’avec la permission des Officiers desSeigneurs des lieux où se tiennent les foires.
On tire a la Blanque de deux manières j l’une ,avec un livre ou registre ; & l’autre avec une ma-chine qui approche un peu de ces portiques oùl’on a joué si gros jeu a la Cour fous le Régne deLouis XIV.
Pour tirer a la Blanque de cette dernière ma-niéré , on jette une boule d’y voire , ou une balle deplomb, dans un entonnoir suspendu au-dessus d’unetable partagée en quantité de ronds un peu en-foncés , & celui de ces ronds où la boule s’arrêtefixe le fort du tireur qui fait blanque, c’est-a-dire ,qui n’a aucun lot, si son rond est blanc ; & qui ale lot indiqué par le chiffre dont chaque rond noirest numéroté, si la boule demeure dans un rond ‘decette couleur.
II n’y a point ou peu de ces sortes| de Blanquesqui soient fidèles ; & les pentes que celui qui la tienta coutume de donner aux ronds qui font blancs, yattirent si bien la boule, que ses nipes lui restenttoujours, au grand étonnement du badaut qui y a misson argent.
A i’égard de la Blanque qui se tire au livre, il yen a véritablement de sûres , & où le hazard n’estpoint déterminé par l’adresse : mais le mieux est des’en défier comme des autres, a cause des fripon-neries qu’on y peut faire.
Lorsqu’on veut tenir une de ces Blanques, on nu-méroté tous les lots qui doivent la composer. Ces nu-méros font ensuite distribués dans les feuillets d’ungros livre de papier blanc, en prenant néanmoins laprécaution que les petits lots soient mêlés avec lesgros, afin de donner plus de lieu au hazard. Lors-que ce livre , ou les feuillets blancs, excédent quel-quefois les noirs de plus de cent fur un, le Blan-quier après avoir reçu son droit, présente au tireurune grande aiguille de leton, que celui-ci fiche dansquel endroit qu’il lui plaît du livre, que l’autre tient& lui présente. Si le feuillet qu’il ouvre est blanc ,il fait blanque & n’a rien : si au contraire le feuilleta un chiffre, on lui délivre le lot désigné par le nu-méro.
II paroîtroit, k ce qu’on vient de dire, que la Blam-que au livre devroit être exemte de tout soupçon ;cependant il n’est pas difficile d’y tromper ; & la ma-niéré dont ce livre fe présente au tireur, celle dontil s’ouvre après qu’on a tiré, n’est pas un des moin-dres tours d’adresse, que les teneurs de Blanques ,qui font fripons , ont foin d’apprendre des joueursde gobelets, pour faire que les feuillets tirés fe trou-vent toujours blancs , ou du moins qu’il n’y ait quequelcpie très petit lot, pour encourager le specta-teur a risquer fortune. BLAN-