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Tome 1.
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477 B L A. BLED.

BLANQUETTE. Espèce de bière très foible.En Flandre r & en Hollande, on rappelle de la Mol-le ou Mol. Voyez Bieîíe.

Blanquette. Est aussi une forte de vin blanc,qui vient de Gascogne. Voyez Vin.

BLANQUILLE. Petite monnoie d’argent va-lant 2 sois 6 deniers, ou 4 fols aujourdhui, qui acours k Maroc, & fur cette côte de Barbarie.

BLARE. Petite monnoie de cuivre, avec le mé-lange , ou alliage d’un peu d 1 argent, qui se fabriquea Berne en Suisse. Elle est k peu près an même titre,& de la même valeur que les ratzes de Soleurre, deFribourg, & de quelques autres Villes de Suisse.Voyez Ratze.

BLASTIER. Marchand qui va acheter des blésdans les greniers de la campagne, pour les transpor-ter & les revendre dans les marchés des Villes &gros Bourgs.

Les Réglemens faits fur le Commerce des blés ,font défenses aux Blastiers d'amener & d’expofer envente aucuns blés coupés, ni mélangés ; ni d’avoirdes sacs pour servir de montre , dont le dessus soitde beau blé & bien conditionné , & le fond le plussouvent d’une qualité beaucoup moindre; a peinede confiscation, & d’amende.

La Sentence dn Lieutenant Général de Police de laVille de Paris du 22 Décembre 1702. rendue con-tre deux Blajliers de Belly & dEsfouille , les condam-ne solidairement à yo livres d’amende, pour avoir con-trevenu à ces Révlemens.

BLATA-BIZANTIA, qu’on nomme aussi UN-GUIS ODORATUS. Est le dessus du coquillageque les Latins appellent Conchilium.

II y en a de différentes grandeurs ; mais toutesont la figure d’une griffe, ou ongle d’un animal fé-roce’, ce qui lui a donné le second nom sous lequelil est connu ; ayant le premier, parce qu'il vientplus ordinairement de Constantinople , qu’on nom-moit autrefois Bizance.

Le Blata-Bizantia est fort mince, de couleur bru-ne , facile a brûler, & de mauvaise odeur, quandon le brûle. On s'en sert au même usage que leCafloreum , c’est-a-dire, pour les vapeurs.

Quelques Auteurs font fort embarrassés de de-viner pourquoi l’on nomme ce coquillage Unguisodoratus, Ongle odorant, puisqu’au contraire il estd’une puanteur très grande : mais outre que Dios-coride , qui en parle assez amplement, assure que leparfum qu’il exhale , quand on le brûle, est très-agréable , ce qui feroit croire que le Blata-Bizan-tia des Modernes n’est pas le même que celui desAnciens ; ne pourroit-on pas dire, qu’il est nomméOdorant par antiphrase, comme disent les Latins,ou nar ironie, comme parient nos François, parcequ’en effet il est très puant ; cette maniéré d’expri-mer les choses par leur contraire étant assez ordi-naire dans les langues, sur-tout en Latin.

Le Blata-Bizantia étant assez rare a Paris , lesApoticaires y substituent quelquefois le Solen , quiestime autre forte de coquillage, mais moins sou-verain pour les maladies où l’on employé le Bla-ta-Bizantia., Voyez Solen.

Le Blata-Bizantia paye en France les droits d 1 en-trée fur le pied de 3 liv. 10 f le cent pesant.

BLE*, ou BLED. Plante qui produit un grainpropre a la nourriture de l’homme. II signifie aus-si le grain que cette plante porte , battu & séparé de

l’épi.

Dans le commerce des Blés, on n’en distingueque de trois sortes : le Blé proprement dit, qu’onnomme autrement Froment : le Seigle, qui est uneeseéce bien différente , & d’une qualité fort au des-sous : & un troisième Blé , qui résulte du mélangedes deux autres, qu’on appelle Blé méteil. A l’é-gard des Laboureurs, ils mettent encore au nom-bre* des Blés, plusieurs de ces grains qu’on sème

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au mois de Mars, comme l’orge,l’avoine, les pois*les vesces, &c. mais pour les distinguer, ils les qua-lifient de petits Blés.

Le mays & le sarasin sont encore des grains, aux-quels on donne le nom de Blé ; l’un s’appellantBlé de Turquie , & Blé d’Inde ; & i’autre Blénoir.

Quand on dit simplement du Blé, on l’entendtoujours du froment : quelques-uns néanmoins yajoutent son nom spécifique , & disent du Blé fro-ment.

II n’y a que PEurope , mais non pas par-tout ,Egypte , (k quelques autres cantons de l’Afrique ,le long des cotes de Barbarie, & peu d’endroitsde l’Amérique, défrichés & cultivés par les Euro-péens , comme dans la nouvelle France, la nou-velle Angleterre, & l’Acadie , qui produisent duBlé.

Les autres parties du monde ont en leur placele mays, & le ris; & même en quelques lieux desIles, & du grand continent de l’Amérique, de sim-ples racines, telles que font les bâtâtes & le ma-nioc. C’est de ce dernier qu’on fait ce qui s’appellede la Cassave. On parle ailleurs de ces grains, &de ces racines. Voyez Mays, Ris, Manioc, &Bâtâtes.

L’Egypte passoit autrefois pour le Pais le plusfertile en Blé de tous ceux où il en croît. On fçaitpar l’Histoire sainte, en quelle réputation elle étoitla-dessus dès les premiers tems ; & l’on apprend parl’Histoire profane , qu’elle en fournissoit a une par-tie des peuples soumis a l’Empire Romain ; & qu’el-le étoit nommée la Mère nourrice de Rome , & del’Italie.

La France & la Pologne semblent avoir pris laplace de l’Egypte. C est dans ces deux Royaumes1 qu’on fait le plus grand commerce de Blés ; &c’est de leur abondance, & de leur superflu, quela plupart des autres Nations de l’Europe subsis-tent: a quoi l’on peut ajouter les côtes de Barba-rie , dont les Blés font transportés ordinairementen Italie.

A l’égard des Blés du Canada, ils font en par-tie consommés par les Habitans, & en partie en-voyés a celles des Iles Antilles, qui font occupéespar les François. Les Anglois font la même chosedes Blés qui croissent dans leurs colonies du conti-nent de l’Amérique. Ils les transportent de même ,lorsqu’il leur en reste, a la Barbade , & dans leursautres Iles.

En France, les Blés du cru du Royaume font re-gardés comme une marchandise de contrebande; &l’on n’en peut transporter au dehors, quelque abon-dante qu’en soit la récolté, sans permission j ou gé-nérale , ou particulière , conformément aux an-ciennes & nouvelles Ordonnances pour le commer-ce des Blés, entr’autres celles de 1577. & de 1699. apeine de confiscation, & de Çoo livres d’amende;comme il est aussi spécialement porté par l’article 6du titre 8 de l’Ordonnance des cinq grosses Fermesdu mois de Février 1687.

Les permissions générales pour le transport desBlés s’accordent ordinairement par des Arrêts duConseil d’Etat ; tels, par exemple , que les Arrêtsdes dernier Février 1671. 14 Mai 1686. ? Avril,Juillet, & 22 Novembre 1687. 17 Février, &10 Avril 1688. enfin , 30 Septembre 1702. ;Septembre 1718. &18 Février 1719. qui permet-toient la sortie des blés , fromens , seigles , & mé-teils, hors du Royaume, par tous les Ports, Bu-reaux & passages , fans payer aucuns droits de sor-tie , pendant un certain tems marqué par leídits Ar*rets. Les deux derniers Arrêts ne font que pour 6mois chacun.

II y a encore une autre forte de permissions géné-rales, qui s’accordent pareillement par des Arrêts

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