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ou dont se servent les Peintres, & quelques Arti-tifiars.
* Bol d’Armenie. C’est une substance terrestre,très pesante, grasse, friable, d’un goût astringent,de couleur de safran, ou d’un jaune rouge. LesMédecins Rappellent Rubrica Sinopica , & les A-poticaìres , Boïus Armena ; les uns, de la Villede Sinope , où ils ' supposent qu'on le trouve ;les autres, de l’Arménie, où ils disent qu’est si-tuée la Ville de Sinope. On nous en aporte trèsrarement.
On estime celui qui se réduit promtement en unepoussière très sine, quand on le pile dans un mor-tier, ou qui se dissout aisément dans Peau ; qui necontient point de sable; qui paroit se fondre commedu beurre, quand on le mâche, & qui est manifes-t'ment astringent.
On le croit dessicatif; & cette qualité le fait em-ployer pour pmsieurs maux intérieurs & extérieurs.Le Bol d’Arménie se falsifie aisément.
I est parié d’un Bol de Hongrie, qui a la mê-me vertu que celui d’Arménie, dai.s les Fr ans. Philos,de la Sor. Royale de Londres , A. 1665. w. I. art. 8.
Bol fin du Levant. C’est une terre médicina-le , qu’on aoporte du Levant, a peu près de la mê-me n mare & avec les mêmes qualités que le Bold'Arménie.
Vomet , dans son Hijloìre générale des Drogues ,prétend qu’on ne sait a Paris ce que c’est que levéritable Boi d’Arménie, non plus que le Bol duLevant ; & que toutes les sortes de Bols qu’on yvend, font tirés des Provinces du Royaume, &même de quelques lieux des environs de la Villede Paris.
On devroit presque en croire un si habile Dro-guiste ; mais ce qui peut néanmoins faire un peuhésiter, c’est qu’on trouve ces deux sortes de Bolsdans tes vlus nouveaux Tarifs des dròits d’entréedans le Royaume; d’où l’cn peut juger qu’ilvienten France du vrai Bol d’Arménie, & du Levant.En tout cas, pour ne rien oublier de ce qui pour-roit être utile au Lecteur, voici un Extrait de Po-met.
„ Les Bols, dit-il, dont on fe sert a Paris, vien-x> nent de Blois , de Saumur , & de Bourgogne.„ h y t n a de plusieurs couleurs, fur tout de gris,» de rouge , & de jaune. Ce dernier est le plus estso,> mé, & le plus d’usage parmi les Doreurs. Le Bol» qu’on tire de B aviné, & d autres endroits d’au-» tour de Paris, coûte moins, & fur ce pied est» d’un plus grand débit. Tous ces Bois, pour être» de bonne qualité , doivent être doux, luisons &» astringens ; c’est - a - dire , que mis fur les lé-« vres, ou fur la langue, ils ayent peine a s’en» séparer.
II y a une autre sorte de Bol, qu’on nomme Bolen bille , Boiliamini , ou Brouillamini ; c’est un Bollavé au sortir des carrières, pour en séparer le gra-vier, & réduit en pâte, dont on forme des billes ,ou morceaux plats, de la grosseur, & longueur dudoigt. On s’en sert extérieurement.
Ce qu’on appelle Bol Blanc est de la marne,qui est astringente , mais elle ne produit pas un aussibon effet que le Bol.
Le 'Bol ct Arménie , & le Bol fin du Levant , payenten France de droits d entrée, par le Tarif de i66q. lepremier 10 f, & l autre jO f. le cent pesant ; Ó” parl Arrêt du 15 Aouft i68y ils sont mis au nombre desmarchandises du Levant, de Barbarie, de Perse , & c.sur le r cjuelles il ejl ordonné de lever vingt pour cent deleur valeur.
Bol, ou Bolus. Terme de Médecine. C’estun médicament préparé d une telle épaisseur ou con-sistance qu’on le peut avaler en un ou plusieurs mor-ceaux t ou fur ïa pointe d’un couteau; a quoi quel-ques ma aides ont moins de répugnance. On lui a
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donné de la casse en bol.
BOLLOS. On nomme ainsi dans les mines duPotosi, & du reste du Perou, les lingots, ou bar-res , qui fe font de l’argent qu’on tire du minéral ,par l’opération du feu souvent répétée, ou par lemoyen des eaux fortes. Voyez Argent.
■f BOLOGNINI. Monnoie de cuivre, gui fe fabri-que à Boulogne en Italie. Elle y tient lieu de fols ;& dans les achats & ventes, on y marchande parBolognini, comme on soit en France par fois. Ils va-lent 4 quadrins, c’est-a-dire, la bayoque de Rome,qui y a cours en concurrence avec eux, k cause qùeBoulogne est Terre Papale. Leur nom, comme onle juge assez, vient de la Ville où ils sont frapés.L’écu de Bologne vaut 85 Bolognini ou Bayoques.12 Bolognini font 1 Biana , & 6 Bolognini upeBoiognina; ce qu’il faut distinguer. Voyez Bayoque.
BOLZAS. Voyez Coutil , vers la fin de P Article.
BOMBASIN. Etoffe de foie, qui se fabrique aMilan, d’où la Manufacture en a été apportée enquelques Provinces de France.
Les Bombafins de foie payent à la Douane de Lyon6 lìv. par balle pour t ancien droit, & 3 liv. pourla nouvelle réapréciation.
Bombasin. Voyez Basin.
BOMBE. Espèce de grosse grenade , dont on sesert a la guerre, & qu’on tire avec un mortier.
Les Bombes font du nombre des marchandises decontrebande , dont la sortie ejl défendue par l Ordon-nance de 1687.
BOMERIE. Voyez Bodiner’e.
Bomerie. Se dit aussi quelquefois de l’argent prê-té a gros intérêt.
BON. Terme d’honneur dont on se sert dans leCommerce pour dénoter un Marchand riche & fiol-vabie. Vous pouvez hardiment confier votre mar-chandise a Monsieur un tel, je vous garantis qu’ilest bon.
BON-BANC. Sorte de pierre de taille, molle,& sache a se mouliner, lorsqu’ellè est exposée a Pair,& a Phumidité. Le Bon-banca ordinairement depuisif pouces jusqu’k 24 de hauteur. Le meilleur se ti-re des carrières des environs de Paris. Voyez Pierre.
BON-D’AUNAGE. Voyez Aunage.
BONNE-MESURE. Ce qu’on donne au del'ade la mesure. Voyez Aunage.
BON-NOTR. Voyez Noir des Teinturiers.
BON-OUVRIER. On appelle Fil blanc - bon-ouvrier , une sorte de fil qu’on tire de Liste enFlandre , & qui est plus connu k Paris fous le nomde Fil d’Epinay. Voyez Fil.
BON-TEINT. Voyez Grand-teint.
BONDON. Tampon, ou cheville de bois, grosse& courte, dont on fessier t k boucher un trou, qu’onlaisse au dessus des futailles & tonneaux, pour lesemplir.
On appelle aussi Bondon , le trou même qui enest bouché. On le laisse quelque tems ouvert, quandce font des vins, ou cidres nouveaux, qui ont étéentonnés ; afin que lorsque les liqueurs viennent abouillir, í’écume & les immondices en puissent sor-tir , & que les cerceaux, dont les pièces sont reliées,ne courent pas risque d’être rompus, par la trop sor-te fermentation des vins & des cidres.
On laisse pourtant quelquefois fermenter des viys,sons leur donner de Pair par le Bondon, afin de leurdonner plus d’esnrit & de vigueur; mais alors oncercle les tonneaux de fer, & Pon prend des pré-cautions , pour que le Bondon ne puisse être em-porté.
-f- Observez qu’il faut se servir de Bordons soifsau tour, & d’un bois dur, & non de ceux qu’on acommunément, qui -ne font faits qu’k la gâche, &d.e bois léger & poreux ; de cette précaution dépendsouvent la perse entière du vin.
BONDONNER un tonneau. Signifie quelcme-
fois