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Tome 1.
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p2:l CHEVAL

Le harpon & le fer des lances dont on se sert pourles attaquer, n’ont pas plus d 1 un pan oii d’un pan &demi de longueur, & sont d’un pouce d’épaisseur.Le manche du harpon doit avoir six pieds & être fortacéré & bien trempé. Quelque différence qu’il y aitentre la baleine & le Cheval-marin pour la force &pour la grandeur, les harpons propres k la premièrefont trop foibies pour le second, & a peine la peaudu Cheval-marin est-elle effleurée par un fer qui faitune large plaie a la baleine.

Ce n’est que pour les grosses dents de ce mons-trueux amphibie qu’on a coutume de l’attaquer; aussin’en prend-on que la tête qui appartient au proprié-taire du vaisseau.

Il est vrai qu’on en pourroit tirer quelque huile,mais la fonte du lard feroit trop difficile, la graisseétant entre-lardée avec la chair, de la même maniéréque la graisse de pourceau, k laquelle elle ne ressem-ble pas mal. Ceux qui ont tenté de fondre cette grais-se, ont trouvé que cinq bœufs-marins donnoient unebanque d’huiíe.

II y a quelques parties du Cheval-marin qui ne fontpas mauvaises k manger, entr’autres la langue, lecœur & le foie , si on les fait bouillir encore toutfraîchement tués; autrement elles deviennent ran-ces , & sentent l’huile de poisson. La langue est aumoins aussi grosse que celle d’un bœuf.

Les dents de cet animal ne font plus si estiméesqu’autrefois, & les vaisseaux qui vont a la pêche dela baleine, en rapportent souvent une si grandequantité , que le prix en est fort baissé.

Le Lecteur, a l’occasion de ce nombre presqueinfini de Ghevâux-marins qui fe trouvent dans quel-ques parages de la Mer glaciale, rie ferá peut-être pasfiché qu’on rapporte ici l’extrait de trois JournauxAnglois, & d’un Journal Hambourgeois, où il esttraité de ces amphibies.

On parlera d’abord des Jòiírnaux Anglois, aprèsavoir remarqué que l’un d’eux prétend qu’il y a plusde 800 ans que les pêcheurs de Norvège ont com-mencé k aller a la pêche de la baleine & du Cheval-,marin, & que dès ce tems-la les dents de ce dernierétoient en réputation.

! En 1606. des Anglois envoyés a la découvertedu Nord, ayant pris terre a La hauteur de 74 degrés5 ç minutes , y trouvèrent une si grande quantité deChevaux-marins, qu’ils en tuèrent jusqu’a 800 enmoins de six heures ; ils remplirent trois banques dedents, & firent 21 tonneaux d’huile.

En 1608. d’autres Anglois en tuèrent 90Ó en 7heures, dont ils eurent 31 tonneaux d’huile & deuxbanques de dents ; ils en prirent deux en vie, unmâle & une femelle; le mâle fut porté en Angle-terre.

En 16x0. il en fut tué 800 en deux jours, &un seul homme en tua 40 k coups de lance le premierjour.

Ce que rapporte le Journal Hambourgeois, est plussurprenant.

Des pêcheurs n’ayant pas eu un grand succès a lapêche de la baleine ., allèrent avec leurs chaloupesdans une Ile où ils íçavoient que les Chevaux ma-rins avoient coutume de terrir en assez grand nom-bre ; y en ayant trouvé au dela de ce a quoi ils s’at-tendoient, ils résolurent de les attaquer, ce qu’ilsfirent armés de harpons, de lances & de fusils. Maiss’étant aperçus qu’h mesure' qu’ils en tuoient, il en. accouroit de nouvelles troupes pour venger la mortde leurs camarades, ils furent contraints, pour fe met-tre eux-mêmes a couvert de leur fureur, de fe fai-re un rempart des cadavres de ceux qu’ils avoienttués, & de ne laisser qu’une feule entrée a cette es-pèce de Fort, ce qui leur réussit ; ces animaux quiiie pouvoient y entrer qu’un a un , étant facilementassommés a l’entrée : Enfin ils en tuèrent tant, qu’ilsfirent un profit très, j^jand dans ce voyage , & beau-Diiïion. de Commerce. Tom. L

C H E V A. L» : p àà

coup plus ,, dit l’Auteur, que si la pêche de la balei-ne avoir été bonne.

II faut ajouter ici une remarque fur les dents deCheval-marin ; sçavoir , qu’il y a apparence que derems en tems elles leur tombent, comme on dit qu’ilarrive aux éléphans, de leurs défenses ; ce qui sembleappuyer cette opinion , c’est qu’il y a des lieux qu’ontrouve tout couverts de ces dents après qu’on en achassé ces animaux.

Ces dents font aussi de quelque usage dans la Mé-decine , où on les substitue a la corne de Licorne. Onen fait des bagues, qui font une espèce de contrepoi-son , & qui Opère contre les maladies malignes. Voyez,Walrus.

Les dents de Cheval marin ou vache marine payenten France les droits d*entrée à raison de 3 liv. le centpesant , & ceux de sortie sur le pied de 8 sols.

Cheval de Terre. Terme de Marbrier. II fedit des vuides remplis de terre qui se rencontrentquelquefois au milieu des plus beaux blocs de mar-bre. Voyez Marbre.

Queue de Crevai.. Voyez Prelé.

CHEVALER. Se servir de l’instrument qu’oiinomme Chevalet, pour donner quelque apprêt ottfaçon a des marchandises, ou potir faire quelque au-tre ouvrage.

CHEVALER les Cuirs. Signifie en terme dèTanneur , les tordre & froter fur le chevalet. Oiìdit plus ordinairement, Quiosser. Voyez Quiosser.

Chevaler , chez les Courroyeurs. Se dit ausside certaines façons qu’on donne aux cuirs fur" lechevalet, sur-tout pour les H rayer, Ebourer, Bou-ter, & Dégorger. Voyez ces quatre Articles.

Chevaler les Laines. Veut dire, dans lesManufactures de lainage, les passer a travers degrandes cardes , ou dents de fer , qui font attachéesfur le haut d’un chevalet. Le véritable terme estDrousser. Voyez Drousseurs.

Chevaler une Piece de Bois. C’esl, en ter-me de Scieur de long, la placer fur les chevalets *ou tréteaux, pour la débiter en planches, poteaux ,chevrons, ou autres échantillons de bois de sciage.Voyez Scieur de long , òu Bois de sciage.

Chevaler. Est aussi un terme communaux Ma-çons , & aux Charpentiers. Chez les premiers, c’estétayer un mur, Ou autres constructions de Maçon-nage, avec des morceaux de bois qu’on nommeEtays, soit pour en prévenir la chute, soit pourles reprendre par sous-œuvré. Les autres le disentdes doubles étays arcboutans l’un contre l’autre,dont ils soutiennent un pan de charpente, qu’ils veu-lent ou redresser, ou avancer, ou reculer.

CHEVALET. Se dit parmi plusieurs Manufac-turiers & Artisans, de tout ce qûi tient en i’air leurbesogne, pour la travailler plus facilement.

Le Chevalets dans les Tanneries, est une piécéde bois creuse & ronde, longue de 4 ou 5 pieds *disposée en talus, fur laquelle on frotte les cuirs aforce de bras , pour en faire sortir les ordures ; céqui s’appellë les Quiosser. Chez lés Mégissiers, &chez les Chamoiseurs, ç’est aussi une pièce de boisa peu près semblable, sur quoi ils pèlent & effleu-rent leurs peaux. sFy«. Tanêur, & Megissier.

Chez les Courroyeurs , le Chevalet n’est pasnon plus bien différent de celui des Tanéurs. LesCourroyeurs s’en fervent pour Drayer, Ebourer ,Bouter; & Dégorger leurs cuirs, & leur donnerquelques autres apprêts & façons. Voyez Cour-royer.

Chevalet , en terme de Passementiers-Bouton-hiers. Est une espèce de pieu d’ënviròn 4 pieds dèhaut, fiché en terre, au haut duquel est aítachéêune poulie ; a laquelle tient tin petit morceau de boisen forme de sillet, a chaque bout duquel est uncrochet de fer tournant, qui sert a couvrir la carti-sanne , & & retordre la guipure.

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