9-2 z CHEVALET.
Chevalet, chez les Cordiers. Est une maniéréde haute selle a 5 piés , qui soutient la sangle, lors-qu’elie se fabrique. Voyez. Cordier.
Le Chevalet qui sert dans les Manufactures dedraps & autres étoffes de laine, est une machine debois, haute de quelques piés, disposée en talus, ala maniéré d’un pupitre, fur laquelle font attachéesde grandes cardes de fer. C’est fur ce Chevaletqu’on drousse les laines distinées a la fabrique desétoffés de lainerie; c’est-a-dire, qu’on les carde enles passant & tirant plusieurs fois a travers des dentsrangées fur cette espèce de pupitre. Voyez. Drous-
SEURS.
Chevalet, chez les Maîtres Vanniers. Est uninstrument différent de presque tous les autres aux-quels on donne ce nom ; en ce qu’il n’a que troispiés, deux d’un côté, & un de f autre , & que cespiés font gros «Sc courts , ayant a peine un bon piedde haut, & plus de dix pouces de diamètre. Sonusage est pour soutenir les hottes lorfqu’on les tra-vaille , & qu’on en entrelasse les osiers. Voyez. Van-nier.
Chevalet , en terme de Sculpteur. Se dit d’unpied, ou efpéce d’efcabellon, fur lequel ils posentle modèle de cire, de plâtre, ou.de terre glaise,d’après lequel ils doivent faire leurs figures. Voyez.SCUIPTEUR.
Chevalet. C’est aussi un instrument en formede banc a quatre pieds, qui sert aux Tonneliers,Lattiers, Jardiniers, &c. pour tenir leurs bois tan-dis qu’ils le planent avec la plane plate. Voyez. Ton-nelier.
Chevalet, chez les Peintres. Est un châssistriangulaire, fur lequel ils mettent les tableaux qu’ilspeignent. On appelle Tableaux de Chevalet, ceuxqui font de grandeur a être peints fur le Chevalet.Voyez Peintre.
Chevalet, ou Triquet. Voyez Triquet.
Chevalet. Terme d’Imprimerie. La presse desImprimeurs a trois parties, qu’on appelle des Che-valets. Lune est attachée aubout du berceau, poursoutenir les tympans. L’autre pend du plancherau-dessus de celui-ci, «St sert a appuyer la frisquette ,quand on l’ouvre pour placer la feuille sor les tym-pans , soit quand on la tire, soit quand on la meten retiration. Enfin la troisième est une avance debois qui est aune des jumelles de la preste,. fur la-quelle s’abbat le barreau, âpres qu’il a ete tiré. VoyezImprimerie.
Chevalet. Les Serruriers, Arquebusiers, Cou-teliers , & autres Ouvriers qui travaillent le fer, ontplusieurs outils ou instrumens auxquels ils donnentle nom de Chevalet. Les deux principaux sont ce-lui qu’ils appellent Chevalet k blanchir , & celui qu’ilsnomment Chevalet k forer , on fraser.
Le Chevalet k blanchir , c’est-a-dire, qui tient lespièces plates qu’on veut limer, comme des platines,des verrouils, ou des écussons de serrures, est com-posé de trois pièces, l’une de bois, les deux autresde fer. Celle de fer est une petite tablette d’un pou-ce d’épaisseur, d’un pied de longueur, «St de y ou6 pouces de-largeur , plus ou moins cependant,suivant l’ûuvrage ; la plus grande des pièces de fer,est un châssis mobile, assez large pour que la ta-blette couchée horifontalement y puisse entrer. Auhaut du châssis , qui est dressé perpendiculairement,est un écrou où s’engraine une longue vis ; c’estavec cette vis qu’on ferre contre la tablette la piè-ce qu’on veut blanchir, qu’on lime aisément en met-tant la tablette du Chevalet dans le gros étau del’établi.
Le Chevalet k forer est tout de bois, & consisteen trois pièces ; l’une couchée horifontalement, &les deux autres dressées d’aplomb. Celles qui sontd’aplomb soutiennent le foret, ou les fraises garnies■de leur boète : l’archet qui sert aux forets simples,
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est propre aussi pour les forets du Chevalet. VoyezForet.
Chevalet, en terme de Scieurs de long. Signi-fie une forte pièce de bois soutenue sor quatre piés,qui sont posés aux deux extrémités de la pièce \dont chaque couple arboute l’un contre l’autre. CesOuvriers s’en servent pour soutenir & placer en l’airles bois qu’ils veulent scier de long. Quand lespièces de bois destinées au sciage, sont longues ,il faut deux Chevalets for lesquels on couche lapièce de champ; mais lorsque la pièce est médio-cre , il suffit d’un seul Chevalet, en mettant deuxou plusieurs pièces de bois posées diagonalementdu Chevalet a terre, & attachant au-dessus la piècede bois a scier, qui ainsi reste en partie en l’air. CesChevalets ont ordinairement 6 a 7 pieds de hauteur.Voyez Charpentier.
Chevalet. Signifie aussi, en terme de Faiseursd’instrumens de musique, une petite régie, ou piécede bois mobile, qu’on met à plomb vers le bas de latable des instrumens, pour en soutenir les cordes ,& leur donner plus de son, en les tenant tendues enl’air. II y a aussi des Chevalets immobiles, & coléssor la table, même de l’instrument : les cordes sontattachées a ceux-ci. De la première efpéce font lesChevalets des violons, des violes, «Sc autres sem-blables ; & de la seconde, les Chevalets des luths ,des téorbes, des guitares , <Scc. Les clavessins, lesépinettes, & les manicordions ont aussi leurs Cheva-lets , & même plusieurs ; le manicordion en ayantjusqu’a cinq. Voyez Instrumens de Musique.
CHEVALINE. Vieux mot > qui n’est plus guè-re en usage qu’k la campagne, où il signifie la nour-riture & le trafic des chevaux. Ainsi l’on dit, Qu’onfait une grande nourriture de Chevaline, pour dire,qu’on a des haras, & qu’on y élève quantité dechevaux. On dit aussi, Trafiquer de Chevaline , pour,Trafiquer de chevaux. Voyez Cheval.
CHEVALIS. On nomme ainsi en terme de na-vigation «Sc de commerce de rivière, particulièrementsor la Loire, les routes qu’on est obligé d’y faire eneau baíìè pour le passage des bateaux.
L’article XXI. de la Déclaration du Roi de 1703.donnée pour le rétablissement & augmentation ducommerce «Sc de la navigation de la rivière de Loi-re , défend , sous peine de 50 livres d’amende , defermer & remplir de fable les routes vulgairementappellées Chevalis qu’on fait en eau basse pour lepassage des bateaux , duquel délit «Sc amende leMaître Marinier fera responsable pour ses compa-gnons.
CHEVELIERES. Marchandises dont il est parlédans le Tarif de la Douane de Lyon, de 1632.
Le s Cheveliéres payent 7 fols 6 deniers le quintal ,d ancienne taxation , & 2 fols 6 den. de nouvelle réa-préciation.
CHEVER. Terme de Jouaillier. C’est cerner,ou creuser une pierre par-dessous, pour lui ôter dela couleur, quand elle est trop forte. On chéve lesrubis, pour leur ôter la chalcedoine , c’est-a-dire ,une couleur blanche qui s’y trouve quelquefois at-tachée par-dessous, & qui en diminue le prix.
CHEVEUX. Poils longs «Sc déliés, qui viennentà la tête des hommes «Sc des femmes.
II y a des Cheveux de plusieurs couleurs ; desnoirs, des blonds, des blancs , des roux, des châ-tains ,- ôte. On croit avec assez de vraisemblance,que cette diversité vient de la différence des hu-meurs ; le roux, de la bile ; le blond, de la pituite ;le noir, de la mélancolie. Pour le blanc, c’est à lafaiblesse de stage qu’il doit ordinairement fa cou-leur ; il s’en trouve pourtant avec la première en-fance , dont la blancheur leur est , pour ainsi dire ,originelle.
Une autre différence des Cheveux consiste dansla crêpure, la frisure , Sc, ce ç díon appelle’des Che-veux