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Tome 1.
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CIRÉ.

k 4000 quintaux, & les autres a proportion. CetteCire est ordinairement en sacs.

Outre les Cires du Levant -, on en tire austì deplusieurs Iles de P Archipel, particulièrement deCandie, de Scio & de Samos. Candie en fournitbeaucoup & assez bonnes ; Samos peu & excellentes;celles de Scio font médiocres.

Des Cires jaunes de France , celles de Bretagne& de Champagne passent pour les meilleures. IIs’en tire austì d’assez bonnes d’Auvergne , particu-lièrement de Thiers , oc dont il se fait en cetteVille une assez grande quantité'. Celles de Breta-gne ne font pas néanmoins d’une égale bonté ,y ayant -entr’elles de grandes différences suivantles cantons d’où elles font tirées. Les plus esti-mées de cette Province , 6c qui réussissent lemieux au blanc , font toutes celles de la basseBretagne , celle de la Haute ne faisant que du com-mun.

Les Cires de Normandie & de Sologne tiennentle second rang. 11 est vrai qu’il y a trop de choixdans ces dernières , qui font très mêlées, y enayant rarement d’entiérement parfaites, & toujoursen très petite quantité, ce qui n’arrive pas a cellesde la Basse - Bretagne , cette Province en pouvantfournir jusqu’a iço milliers, de la plus belle & de lameilleure qualité.

Des Cires étrangères, celles de Dantzick font lesplus estimées.

II faut avoir une grande attention fur les Ciresqui viennent du Nord & de la Pologne par Dantzick,qui font assez souvent fourées 6c sophistiquées. Sur-tout on doit fe défier de celles qu on tire par Ham-bourg & par Amsterdam, quand même elles auroientle sceau de l’une ou de l’autre de ces Villes : arrivantsouvent que malgré ces marques respectables , ce neíont que des Cires refondues , presque toujours mê-lées de suif & de résiné. Le plus íûr est, autantqu’011 peut, de ne les point prendre en pain , maisen morceaux, comme elles arrivent du pais.

Les Cires de Bretagne & de Constantinople fontordinairement hautes en couleur , ce qui désigne leurbonne qualité. Celles de Smyrne font d’un jaunetirant un peu fur le blanc, fans pourtant en êtremoins bonnes.

II faut choisir la Cire jaune, haute en couleur,d’une bonne odeur , facile a casser , qui ne tiennepoint aux dents, quand on lá m^che ; qui n’aitpoint de pied, c’est-a-dire , qui soit bien purifiée :6c quand ce font de gros pains , tels que ceux quiviennent de Dantzick, prendre garde qu’il n’y ait aumilieu, de Peau, des pierres , ou de la terre.

La Cire jaune fe sophistique quelquefois avec dela résine , & du galipot, ou poix graiie, qu’on co-lore avec le rocou , ou la Terramenta.

On tire de la Cire jaune * par les opérations chy-miques, une huile blanche & épaisse, qui ressemblea du beurre ; 6c qu’a cause de cette ressemblance ,on appelle Beurre de Cire. De ce beurre on tire uneseconde huile claire comme de Peau. L’une 6c 1 au-tre font souveraines pour les engelures.

Le marc de mouches, que les Maréchaux em-ployeur pour les chevaux, & dont même les Chi-rurgiens usent aussi très heureusement pour les fou-lures de nerfs, n’est autre choie que les ordures quirestent dans les sacs , après que la Cire en a été ex-primée par la presse.

On appelle Brocolis , ou Cire vierge, une certai-ne Cire tjouge, dont les abeilles fe fervent, pourmastiquer 6c boucher les fentes , ou trous de leursruches. On l’estime propre pour les maladies desnerfs.

Cire blanche.

La Cire blanche, comme on l’a déjadit, est laCire jaune purifiée 6c blanchie.

DiCliûn. de Commerce. Tom. I.

CIRE.

Quelques-uns croyent qu’on peut dire indifférem-ment Blanchissage & Blanchiment de Cires : les plushabiles dans cet art fe fixent a Blanchissage.

Le blanchissage de la Cire fe fait, en la réduisantd’abord ën petits grains, ou parcelles, par le moyende la fonte , & de i’eau fraîche dans laquelle on lajette toute chaude, ou en l’étendant en lames trèsminces.

Cette Cire grainée , ou applatie , s’expofe k l’airfur des toiles , où elle reste jour 6c nuit ; ayant éga-lement besoin du soleil, & de la rosée. On la re-fond ensuite, 6c on la graine k plusieurs reprises; laremettant toujours k l’air dans fentre-tems des re-fontes.

Quand enfin la rosée 6c le soleil l’ont parfaite-ment blanchie, on la fond pour la dernière foisdans de grandes chaudières, d’où, avec un vaisseaude fer blanc, 011 la fait couler fur une table toutepercée de petits enfoncemens ronds, de la formedes pains de Cire blanche, que vendent les Mar-chands Epiciers - Ciriers ; ayant auparavant mouil-lé les moules d’eau fraîche & nette, pour qu’onen puisse plus facilement retirer la Cire : après quoion l’expofe encore k l’air fur ies toiles pendant deuxjours 6c deux nuits, pour la rendre plus transparen-te, & la faire sécher. Voyez Greloùer.

La Cire blanche est plus ou moins estimée, sui-vant les divers lieux où l’on a travaillé k l’on blan-chissage. LeSr. T orne t , dans son Histoire générale desdrogues , les met dans Tordre suivant.

i°. Le blanchissage de Château-Gontier. 2 0 . Ce-lui d'An gérs. 3 0 . Celui du Mans. 4 0 . Celui de Hol-lande. j°. Celui d’Amboife. 6°. Celui de Ghaumontprès de TroyeS. Et enfin , *7°. celui de Rouen.

Ce dernier n’est guére estimé , a cause des suifsde bouc, de chèvre, ou de mouton, dont la Cirequi s’y blanchit, est toùjours mêlée ; au contrairede celles de.Château-Gontier 8 c d’Angers, qui fontpures, 6c propres aux plus beaux ouvrages.

Le blanc de Château-Gontier a été autrefois très-renommé pour la perfection où il avoit été porté,mais il a depuis dégénéré.

Celui du Mans s’est soutenu; mais par la multi-plicité des Blanchisseurs, il est arrivé tout le contrai-re de ce que Témulation produit ordinairement; lajalousie qui régne entre eux, ne les portant qu’ktendre au bon marché, qui est presque toujours unobstacle a la perfection des ouvrages.

Le blanc de Hollande est estimé , mais on en faitpeu d’ufage en France Toutes les Cires qui fe blan-chissent en Hollande, fe portent ordinairement enEspagne ou en Portugal, ou dans les terres que lesHollandois occupent aux Indes.

La Cire blanche de Hollande vient dans de gran-des caisses de 400 a 700 livres pesant. La premièresorte s’appelle Cire Royale.

II ne fe fait plus guére de blanchissage de Cire kAmboife, k peine a présent en est-il question. Chau-mont & Angers font peu de chose. Mais pour dé-dommager la France de ces pertes, le blanc qui fefait k la Manufacture d’Antony, a deux lieues deParis fur le chemin d’Oriéans, est si beau, qu’ilpourroit même disputer de préférence avec celui duMans, qui pourtant fera toujours estimé, si lesBlanchisseurs veulent renouveller leur première at-tention a faire plutôt de beau blanc , que d’en faireen quantité , comme on vient de le remarquer.

II ne fàut pas Oublier que ce font les Vénitiens quiles premiers ont travaillé au blanchissage des Cires,& que ce font leurs Ouvriers qui en ont apportéTinvention en France.

11 faut choisir la Cire blanche, de quelque blan-chiment qu’elle vienne, claire, transparente , enpains épais; 6c qui cassée fous les dents , n’y adhèrepoint, 6c n’ait point de mauvais goût.

On employé cette Cire en cierges * bougies, tor-

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