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ches, flambeaux, figures, & autres ouvrages deCire.
Elle entre aussi, après qu’on La grainée, dans lacompoísiion de plusieurs pomades , dont les Da-mes se servent pour rafraîchir & conserver leur teint.
Suivant les Statuts du Corps de l’Epicerie de Pa-ris, du 28 Novembre 1638. art. 26. 27. & 28.ilest défendu fous de rigoureuses peines aux Mar-chands de,ce Corps, de mêler dans les ouvrages deCire, de la vieille Cire avec de la neuve ; commeaussi d’y faire entrer aucune résine, Cire grasse, gom-mée, mixtionnée, ou sophistiquée ; même d’en avoirchez eux : Et afin que le Public n’y puisse être trom-pé , il leur est enjoint d’y apposer leur marque par-ticulière , avec celle du poids de fouvrage.
Le Lecteur ne fera peut-être pas fâché , qu’a l’oc-casion de la Cire blanche, on mette ici quelques si-gnes , pour conserver a la postérité le nom du Sr. Be-noît , & subvention ingénieuse de ces cercles com-posés de personnages de Cire, qui ont fait íi long-îems l’admiration de la Cour, & de ia Ville.
Cet homme , Peintre de profession, trouva le se-cret de former sur le visage des personnes vivantes,même les plus belles, & ies plus délicates, óc tansaucun risque , ni pour ia santé , ni pour la beauté ,des moules daifS lesquels il fondoit ensuite des mas-ques de Cire , auxqueis il donnoit une espèce de vie,par des couleurs & des yeux d'émail, imités d’aprèste naturel. Ces ligures revêtues d’habits conformesà ia qualité des personnes qu’eiles représentoient,étoient 11 ressemblantes, que les yeux leur croyoientquelquefois de ia vie.
Outre ies uikges de la Cire , dont on a parlé avantcette courte digression , on s’en sert encore dans lacomposition de divers emplâtres, ou onguens, dontelle fait souvent ia baie. On en consomme aussi beau-coup pour ies Scels, ou Sceaux du Conseil, des Chan-celleries , des Pariemens, des autres Juridictionsinférieures , l’apposition des fceiés; & enfin, de tousceux qui ont droit de scêler , en Cire jaune, rou-ge , ou verte.
La jaune s’amollit avec la térébenthine, 6c con-serve ia couleur naturelle. La rouge est de la Cireblanche, fondue aussi avec de la térébenthine, 6crougie avec du vermillon, ou de l’orcanette : on laverdit avec du verd-de-gris j & on la noircit avecdu papier brûlé, ou du noir de fumée.
La Cire à gommer , dont se servent les Tapissiers,principalement pour les coutils, est une compositionde Cire , de térébenthine, & de poix grasse, fondues.ensemble, & mises dans des moules de fer blanc, enforme de petits gobelets.
* C 1 R e de la Louisiane.
Cette Cire n’est point l’ouvrage des Abeilles ,mais la production d’un Arbrisseau, qui porte de laCire, dans tous les endroits tempérés de P Améri-que Septentrionale , comme dans la Floride , a laCaroline, â la Louisiane 6cc. Cet Arbrisseau , quicroît fans culture 6c fans art répandu ça 6c lâ , porteun fruit dont on tire une Cire propre a faire de laBougie. On ignore encore le nom que lui donnentles Sauvages ; mais/f Académie des Sciences en a re-çu en 1725. une description exacte , avec les feuil-les mêmes, les fleurs 6c les fruits, 6c même de laCire toute faite.
Les graines font de la grosseur d’un petit grainde coriandre dans leur parfaite maturité, vertes aucommencement, ensuite d’un gris cendré. Elles ren-ferment dans leur-milieu un petit noyau oiseux , as-sez rond, couvert d’une peau verte chagrinée, &qui contient une semence ; 6c ce noyau est envelopéd’une Cire qui remplit tout le reste de la graine oufruit. Cette Cire est luisante, sèche , friable, dis-posée en écailles fur Ia peau du noyau.
II est très facile d’avoir cette Cire. II n’y a qu’a
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faire bouillir des graines dans une quantité suffisan-te d’eau, & les écraser grossièrement contre les pa-rois du vaisseau pendant qu’elles font fur le feu. LaCire se détache des graines qui la renfermoient, 6cvient nager fur la superficie de seau. On la ramasseavec une cuillier, on la nettoye en la passant parun linge, 6c on la fait fondre de nouveau pour lamettre en pains.
Un arbrisseau bien chargé de fruits en a 6 livres ,& une livre de fruit donne \ de Cire.
Cette grande facilité deviendroit encore beaucouplus grande par des plantations régulières de ces ar-res, 6c le peu de fraix qu’il faut pour tirer la Cire,seroit fort a considérer, si cette matière de’venoit unobjet de Commerce.
La Cire qui se détache par les premières ébullitionsest jaune, comme celle qui vient de nos abeilles ;■mais les dernières ébullitions la donnent verte, par-ce qu’alors elle prend la teinture de la peau dont lenoyau est couvert. Toute cette Cire est plus sè-che 6c plus friable que la nôtre. Elle a une odeurdouce 6c aromatique, assez agréable.
La culture de cet arbre ne deviendra un articleimportant, qu’en cas qu’on se résolve a profiter dece don de la Nature.
Nous ne parlons pas ici des vertus médicinales desfeuilles, des fleurs & des fruits de cet arbrisseau ;On peut consulter MHiJîoire de P Académie des Scien-ces A. 1735.
f La graine de cette plante, après avoir long-tems bouilli dans l’eau commune , laisse dans lefond du vaisseau, où on l’a mise en digestion, unsédiment inflammable, de couleur verdâtre, avecquelque tache blanche, qui peut être estimée unesorte de cire. A la vérité cette matière ne peut êtreemployée toute seule ; mais quand après i’avoirépurée suffisamment au feu : on la mêle suivant unecertaine proportion avec de véritable cire, il s’en for-me un tout aucpael la 'cire semble avoir communi-qué toutes ses qualités, 6c savoir rendu onctueuxcomme elle , 6c propre a entretenir la lumière d’u-ne mèche allumée.
-j- Les premiers essais que la Compagnie Françoi-se des Indes en a faits fur quelques parties de cettegraine qui lui avoit été envoyée, ont si bien réussi,que même on en a fait de la bougie, dont la lumière11’étoit point désagréable; ce qui fait croire qu’il serafacile d’en faire usage dans la fabrique des bougies6c des autres ouvrages des Marchands Ciriers ; cequi en diminuant de plus de moitié la consommationde la Cire, en diminuera aussi le prix ; celui de cettegraine, qui se trouve en abondance dans toutes nosnouvelles Colonies de la Louisiane, 6c qui peut en-core être augmentée par la culture, ne pouvant ja-mais être considérable, 6c nous dispensant de tirerdes Cires des Pays étrangers autant qu’on fait a pré-sent.
Cire noire des Antilles.
Les abeilles qui font cette Cire, se trouvent prin-cipalement dans l’ïle de la Guadeloupe : elles fontde moitié plus petites que celles d’Europe, plus noi-res 6c plus rondes ; 6c a ce qui paroît, fans aiguil-lon , ou du moins si foibie, qu’il n’a pas la force depercer la peau.
Elles se retirent dans le creux des arbres, où elless’accommodent d’espéces de ruches de la figured’une poire, dans le dedans desquelles elles fontleur miel 6c leurs petits. Leur Cire est noire , ou dumoins d’un violet foncé. Elle ne blanchit jamais,quelque peine qu’on se soit donné pour la faire chan-ger de couleur , 6c pour la rendre propre a faire deschandéles.
Leur miel ne se forme point en rayons : il est en-fermé dans de petites vessies de Cire de la forme6c de la grosseur d’un œuf de pigeon, mais plus poin-tues.