Band 
Tome 1.
JPEG-Download
 

pó$ CIRE.

tues. Quoique ces vessies ne soient point adhérentesl’une a f autre , & qu’on les puisse séparer aisément,elles font cependant li bien rangées, qu’il ne paroîtaucun vuide entre elles.

La plus grande partie est remplie de miel ; dansquelques autres il y a une matière jaune, grenée &gluante, assez semblable a des œufs de carpe. Lesindiens disent que ce sont leurs excrémens , le PèreLabat ne le peut croire.

Le miel est toujours liquide, de couleur d’ambreA de la consistence de l’huile d’olive; il est extrême-ment doux & agréable au goût, & s’employe k tousles usages de Médecine auxquels peut servir le mield’Europe, & même y est estimé meilleur.

Quand on le laisse au sgleil, il se fait dessus unecroûte de f épaisseur d’un écu, d’une blancheur ex-traordinaire , & grenée comme du sucre , dont ellea le goût & beaucoup plus de douceur.

Le Père Labat croît qu’on pourroit faire une quan-tité considérable de ce miel, si son retiroit les abeillesdans des ruches comme on fait en Europe, & leprouve par quelques expériences qui ont réussi a deshabitans de la Guadeloupe, qui s’en étoient donnéle foin.

Leur Cire étant trop molle pour en faire des bou-gies, comme on i’a déja dit, on ne la laisse pas cepen-dant inutile ; & elle sert a faire des bouchons debouteilles, après qu’elle a été bien purifiée ; ce qui sefait en la mettant sur le feu dans un chauderon , &ôtant toute lVcume qu’elle jette k mesure qu’elle sentla chaleur.

Elle est propre encore pour amollir les corps despieds & les verrues qui viennent aux mammelies &au visage.

f Cire verte.

On fait en Bretagge une bougie verte, qui est com-posée de sucs gras & épais qu’on exprime de plusieursplantes.

Dans nie de Ceylan on trouve de grandes forêtsde Cinamomes ou caneliers, dont la fine tcorce ,& sur-tout celle des branches, est cet aromate si con-nu fous le nom de Canelie , & dont le fruit donnepar expression un suif verdâtre qui le blanchit &dont on fait des bougies. * Speítacle de la NatureT. IV.

f Cire de PeuPeier.

Le miel ne peut être entrepris & formé que parles Abeilles ; mais un Naturaliste a découvert qu’onpeut, fans le secours des abeilles , en recueillir.

II a observé que les Peupliers étoient ordinaire-ment couverts d’abeilles au pnntems. Cette obser-vation faite, il a cherché a découvrir le travail queces insectes feroient fur cet arbre ; cela n’a pas étédifficile, il n’y avoit qu’a sacrifier a sa curiosité uncertain nombre de ces petits animaux; au moyende quoi il a été convaincu que c’étoit de la fleurde cet arbre que ces insectes enlèvent si industrieuxfement la Cire. Après cette découverte, il a pensési l’on ne pourroit pas par quelcpie ouvrage de i’art,égaler celui des abeilles. Après plusieurs essais, ilest enfin parvenu a tirer de la fleur du Peuplier dela Cire aussi parfaite que celle qu’on ramasse desruches. On ne fera pas fâché de trouver ici la ma-niéré d’y travailler, & de savoir qu’il y a actuelle-ment en Italie une fabrique assez considérable, quin’employe presque d’autre Cire pour la fabricationdes bougies que celle qu’elle fait extraire en cettemanière des fleurs de Peuplier. Voici comme on yprocède.

II faut faire cueillir les boutons fleuris a leur jus-te maturité , c’est-a-dire , quand ils sont bien vis-queux , comme de la Térébenthine ou de la glu. Onpile ces boutons, après quoi on les met ramollirdans de Peau bouillante. On jette ensuite cette ma-1 ) ici ion- de Commerce. Tom. I.

CIRE. 966

tiére dans un sac de canevas, qu’il faut exprimerde même au moyen d’une presse, comme les Ciriersfont des crasses de leurs Cires. La matière qu’onreçoit par cette expression est de consistence de Ciremolle, lorsqu’elle est refroidie, d’une couleur jaunâ-tre tirant sur le gris íâle, brûlant bien, & ayant uneodeur charmante. Ceux qui seront assez patiens,& assez laborieux, pourront pousser cette expérien-ce fort loin, & en tirer peut-être un avantage con-sidérable. Cette opération approche fort de celleque les Apoticaires font en composant leur Vnguen-tum Fopuleum , qui n’est autre chose qu’un mélangede ce suc visqueux de Peuplier, avec de la Cirejaune &c.

La Cire blanche , & l’huile de Cire , payent en Francede droits dentrée 20 liv. suivant ï Arrêt du 3 Février1688. & de sortie A, liv. le cent pesant , conformément auTaris de 1664.

Les droits d entrée pour la Cire jaune , font de 5livres , & ceux de sortie , de 6 livres, aujji le cent pe-sant.

A Y égard de la Cire du Levant, & de Barbarie, elleejì du nombre des marchandises , qui en conséquence del Arrêt du Conseil du 15 Août i68y. doivent payer 2Òpour 100 de leur valeur.

Il faut retnarquer , qu en conséquence de la Décla-ration du Roi , du 29 Mai 1699. confirmée par ïArrêtdu Conseil du 50 Mai 1713. & parle Tarif du 21 Dec .1739. les droits d entrée de la Cire blanche ont été mo-dérés à 11 liv. le cent pesant , en considération des seulsHoltandois.

-}- Mais il faut remarquer que par Arrêt du 27 Mai1738. les Négocians du Royaume qui font venir desCires brutes des Pays étrangers , pour les blanchirdans les établijjemens faits à cet effet , ou qui le feroientpar la fuite, jouiront du bénéfice de ! entrepôt , & enconséquence que les droits d!entrée qui auront été payéspour ces mêmes Cires jaunes brutes 1 seront rendus &restitués par le Fermier des V groffes Fermes & JesCommis , lorsque les Négocians feront sortir & rechar-ger leurs Cires , après avoir été blanchies , pour êtretransportées hors du Royaume , dans Vespace de trois ansdepuis leur entrée ; fans néanmoins pouvoir prétendreaucune restitution de droits pour les Cires jaunes & bru-tes étrangères sortant du Royaume sans être blan-chies.

Commerce des Cires à Amsterdam.

II se vend a Amsterdam diverses fortes de Cires*qui valent suivant les lieux d’où on les tire.

La Cire jaune de Pologne coûte ordinairement 70florins les cent livres.

Le prix de celle de Moscovie n’est que de 69 flo-rins aussi les cent livres ; on la tire des futailles &on la pèse net. La déduction pour le promt paye-ment sur ces deux Cires est d’un pour cent.

•f A Petersbourg en 1742. le prix étoit de 7 rou-bles le poè'de.

La Cire du pais ou de De venter , coûte 72 flo-rins les. cent livres. Les vendeurs vendent cette der-nière en pain fans futaille, ni envelope, ni embal-lage , & se paye d’abord- La déduction du bon paye-ment n’est que de demi pour cent.

Les Cires blanches & les bougies se pèsent net, &donnent deux ou un pour cent pour promt paye-ment , suivant qu’on en convient.

Maíiufaâure dAntony pour le bldhchiffage des Cires& la fabrique des Bougies.

La Manufacture d’Antony, quoique d’un établisse-ment estiez nouveau, est déja devenue la plus flo-rissante du Royaume , soit pour la perfection déson blanchissage qui ne le cède point a celui duMans o soit pour la grande quantité de Cire qui s’yblanchit, qui va année commune a plus de 200milliers.

8 s 2 Elis

1