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Tome 1.
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969 CIRE.

qui de sa superficie donne assez d’eau pour la fonde-rie dans le besoin.

C’est aussi ce bassin qui en fournit a l’orangerieqiti est tout proche. Les orangers qui la compo-sent , sont placés pendant l’été dans une grandesalle de maroniers, enfermée d’une haute palissadede charmille; au bout est la ferre pour Phi ver, aúdessus de laquelle est un cabinet dont la vûe est ad-mirable.

C’est en cet endroit que finissoit autrefois Pancienenclos : on en a ajouté un autre qui a au moins sixarpens. Comme le terrain en est élevé, il dominefur plus de vingt Villages qui font aux environs. Céqui avec ies nouveaux plants qu'o n y a faits, soitd’arbres fruitiers, soit d’arbres seulement pour don-ner de Pombrage, fera un jour un des plus beauxendroits de cette magnifique Manufacture.

Après cette courte description du lieu, qu’on acru qui ne déplairoit pas au Lecteur, on va passeraux ouvrages qui s’y font.

Fonderie.

C’est par la fonderie que commence le travail pourle blanchissage des Cires. Cet attelier est partagé endeux. Dans la première partie, qui est la plus gran-de & a rès de chaussée, font les baignoires, les cuves& les tables a moules. Dans la seconde, qui est aufond de la première , sont les fourneaux, les chau-dières ôc les cuves. Cette dernière est environ troispi. s plus élevée que P autre, pour la facilité des fon-tes 5c du gréiage. On y monte par un escalier depierre de quelques marches, qui est a main droitede la baignoire a grêler.

Les chaudières qui font de cuivre étamé , font aunombre de trois ; Pune pour le jaune , Pautre pourla Cire blanche en grains ; & la troisième pour la Ci-re blanche a mettre en pain. Les chaudières senomment aussi des poêles.

Les cuves font de bois de chêne. II y en a cinq ,dont il n’y a que deux qui fervent , les autresn'étant que de rechange : on les ôte de place & onles y remet par le moyen d’un treuil ou moulinetgarni de son cable & de ses bras , qui est dans l’en-droit où font les chaudières. Chaque cuve peutcontenir environ 800 ou 900 livres de Cire. Leurdiamètre est de trois pies 3, & leur hauteur de 4 aj ; ellës font placées au-dessus des baignoires ; ellesont au bas une canelle de bois pour tirer la Cire , &une autre k côté.

II faut remarquer que derrière les cuves & entreles chaudières, il y a une petite cheminée où l’onentretient un feu continuel pour soutenir celui desfourneaux, & pour maintenir la chaleur des Ciresdont on remplit les cuves dans le tems du travail,dans un degré convenable k la fluidité nécessairepour Pouvrage.

Les baignoires font de bois, doublées de plomb,de la forme des baignoires ordinaires où l'on prendle bain, mais beaucoup plus longues & un peu pluslarges & plus hautes. Elles font toujours remplies-d’eau pendant qu'on travaille ; un robinet de cuivrequi est èn haut, la leur donne ; elles se vuident parun autre robinet qui est au bas, d'où elle se perdfous terre dans un puisart.

Pour la commodité du service , il y a un secondescalier qui monte de l’endroit où sont les chaudiè-res , au premier magasin de la Cire ën grains. CetteCire se porte dans des paniers d’osier doublés detoiles , qui en peuvent conteftir environ 2^ liv. cha-cun. Pour les Cires jaunes , elles s’y apportent dumagasin de ces Cires , qui, comme on l’a dit, estdans la seconde aile du bâtiment.

En général, les Cires se fondent trois fois ; sa-voir d’abord en jaune pour grêler; ensuite en demi-blanc pour regrêler ; & enfin en blanc pour êtremises en pains.

Fiction, de Commerce. Tom. I.

CIRE. 970

On va entrer dans le détail du travail, en com-mençant par celui de la gréloire.

On ne pourroit donner la perfection a la Ciredans fa première fonte en jaune, si on ne la remuoitun peu fur la fin ; lorsque toute la Cire est fondue ,P ouvrier qui conduit la fonte , se sert pour cet effetd’une spatule de bois de la longueur de 6 a^piés; Ôcquand il volt que fa Cire á acquis le degré de cha-leur convenable , il fait tirer le feu de dessous lapoêle, & fait tourner le robinet, pour faire tom-ber la Cire dans la cuve où elle doit reposer pendanttin-espace de tems requis & d’usage.

La cuve, comme on l’a dit, est posée au-dessusde la baignoire : aú-dessous de la canelle de cettecuve est une passoire de cuivre pour épurer la Cire ;& empêcher qu’aucutle ordure ne tombe fur la gré-loire.

Ce qu’on appelle ainsi, est une espèce d’auge pa-reillement de cuivre , assez semblable k celle desMaçons. Elle a près de trois piés de long, c’est-a-dire , de toute la largeur de la baignoire, fur la-quelle pose un trépied de fer qui la soutient. Laprofondeur de cette auge est de six pouces, & falargeur k peu près égale. Le fond est percé de ;otrous, tous fur une ligne qui la traverse d un bouta l’autre ; ces trous font éloignés les uns des autresd’une k deux lignes au plus.

Sous la gréloire est un tour ou tourillon de boisde noyer, de 8 a 10 pouces de grosseur, dent l.imoitié du diamètre trempe dans l’eau de la baignoi-re; son axe est de fer, & il a une manivelle pourle tourner ; devant le tourillon est une bande dègrosse toile pour rabattre.

Enfin, pour laisser couler la Cire par la canelle dela cuve d’une maniéré convenable , on se sert de bro-chés de bois de noyer de diverses grosseurs , qu’onemployé suivant le besoin & l’occasion. II y a aus-si une longue aiguille ou petite broche de fil defer pour déboucher les trous de la gréloire lorsquela Cire s’y arrête.

Quand tous ces différens utenciles ont été mis enplace , & qu’on veut regrêler, l’Ouvrier qui a foindu tour , & qui est assis k la tête de la baignoire , lemet en mouvement par le moyen de la manivelle ;eh même tems un autre Ouvrier ouvre la canellepour faire couler la Cire dans la passoire, de la pas-soire dans la gréloire, & de celle-ci sur le tourillon,où se condensant par la fraîcheur de l’eau qu’eílerencontre, elle se forme en autant de longues feuil-les étroites ôc plates, qu’il y a de trous a la gré-loire , ce qui ressemble assez a un ruban jaune oublanc, suivant qúe la fonte est pour l’une ou pourl’autre de ces couleurs.

Un troisième Ouvrier lève ces feuilieS de dessusl’eau' où elles nagent, avec une fourche de bois atrois fourchons, & en remplit de grandes mannesquarrées d’osier, qui se conduisent aussi-tôt a sher-beríe par des garçons, fur des brouettes destinéesa cette usage.

La Cire, après avoir été,étendue fur les toiles engrains jaunes, perd par faction du soleil ôc de l’airson jaune, & devient blanche : ce qui fait que lesBlanchisseurs de Cire regartíent'le soleil comme leurpremier ouvrier. Quand elle est a ce point, on lalève de dessus ies toiles, on la porte dans des sacsdans les magasins, pour recevoir la seconde façonque l’on appelle Regrélage, qui s’exécute de la ma-niéré suivante. *

On prend la Cire dans ce premier état sortie dujaune ; on la met dans un panier en quantité propor-tionnée ; 011 pose ce panier, Ôc on le tient inclinéfur la poêle ; un ouvrier tient ce panier d’une main ,& jette la Cire de l’autre par petites poignées , pourque la Cire puisse fondre plus facilement, fans riensouffrir du feu. I,'ouvrier qui est a la poêle remue& bat certe Cire avec une spatule, a mesure qu’elle

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