Band 
Tome 1.
JPEG-Download
 

í)yj CIRE.

v est jettée, pour en faciliter la fonte ; il la tienttoujours en boulie, autant qu’il peut, julqu’a ceque la Cire étant entièrement fondue, ait acquis sonjuste degré de chaleur ; après quoi i’cuvrier fait tom-ber la Cire par le robinet de fa chaudière, dans lacuve qui est placée dessous, dans la même positionde la fonte en jaune, & qui fe passe de la mêmemaniéré.

On fait ordinairement quatre fontes par jour, cha-cune de 800 livres de Cire, qui, ainsi qu’on l’adéja dit, est la quantité qu’il en peut tenir danschaque cuve.

La fonte de la Cire en grains pour être mise enpains, est plus simple, & demande moins de façonque celle pour la Cire jaune ou demi-blanc , qu’onpasse a la gréioire : il lui faut pourtant quelquesutenciles qui lui font propres ; & outre la chau-dière , la cuve & la baignoire, qui font communesaux deux fontes, elle a encore des tables a moules ,des moules, un pot h Cire, & des éculons. .

Les table? a moules font de simples châssis debois de chêne de 12 pieds de long fur 3 de large,& 2; de hauteur. Chaque table confient 15 planches,& chaque planche 20 moules disposés en deux rangs.

Les planches n’ont qu’un pied de large & trois '& demi de long. Pour les moules, ce 11e font quedes cavités rondes, ménagées dans l’épaisseur dubois des planches , de trois a quatre pouces de dia-mètre , & d’une ligne ou deux de profondeur.

Le pot à Cire est une efpéce de marmite de cui-vre , fans piés, avec un bec ou goulot par devant& une anse par derrière.

l es éculons font de fer blanc en forme de gran-des écuelles, avec un bec par devant, & deux mainsou oreilles, une de chaque côté. Le pot sert à ti-rer la Cire, les éculons a la porter & la vuider dansles moules.

Pour le service de cette fonte, il y a trois gar-çons & trois filles. Le premier garçon a foin de lacanelíe par où il remplit son pot de Cire liquide ;les deux autres avec leurs éculons, la transportentaux moules, après que l’Ouvrier de la canelle y avuide une partie de celle de son pot. Enfin les fil-les portent les moules a la baignoire, qui est remplied’eau fraîche, où les pains de Cire achèvent de s’af-fermir ; ensuite de quoi ils s’envoyent à l’herberiecomme la Cire en feuilles.

Herberie.

C’est le lieu où l’on met blanchir les Cires. IIest ainsi appellé , parce qu autrefois les toiles où el-les fe blanchissent, étoient étendues fur i’herbe ;& il a conservé son ancien nom, quoique pour lacommodité & la propreté, on ait inventé depuisles carrés ou établis, qu’on nomme aussi des tables,dont on va parler.

L’herberie de la Manufacture d’Antony est sé-parée en deux ; elle est en tout composée de 70carrés, 25 dans chaque partie. La hauteur de cescarrés , est de' 2t piés , leur longueur de 100, &leur largeur de 8. Us font tous séparés les uns desautres par un sentier de 2 ou 3 piés, pour la facilitédu transport des Cires & de leur remuage.

Leur construction est faite de menus bois de char-pente emboêtés à tenons , qui composent une espè-ce de long châssis soutenu par des piés droits , dedistance en distance, & fortifiés de traverses dans lemilieu.

Le tour de chaque carré a des chevilles de boisd un demi-pié de Jongueur , éloignées les unes desautres aussi de six pouces : de trois piés en trois piés,font des piquets de deux piés de haut.

Les chevilles fervent a attacher les toiles par desanneaux de corde qui règnent dans toute leur cir-conférence , à un pié & demi du bord en dedans ,ce qui les tient étendues fur les tables. A l’égard

i

CIRE.

972

des piquets , ils élèvent les bords de la toile, peurempêcher qu’il ne fe perde de la Cire en la vuidantdessus ; & aussi pour la garantir du vent. Outre cet-te précaution contre le vent, on les couvre aussi degrands filets qu’on roule a un des bouts de chaquecarré , lorfqu’on veut remuer & retourner la Cire.

La plupart des carrés sont destinés pour la Cire enfeuilles quelques-uns pour la Cire en pain, & auplus une demi-douzaine pour la bougie enfilée. Cesderniers carrés sont un peu différens des autres, étantplus bas & tout environnés de planches pour empê-cher que le vent ne batte & n’agite la bougie.

Les Cires restent fur les toiles plus ou moins se-lon leur qualité. La Cire jaune en feuilles, y doitêtre dix ou douze jours. Celle qui a été regrelée ,c’est-a-dire, qui par une seconde fonte, est appro-chant du blanc , huit jours ; & la Cire en pain, deuxou trois ; les unes & les autres suivant que l’air, larosée & le soleil ont été favorables. ^

On retourne a la main la Cire en pain qui est furles toiles, afin qu’elle prenne le blanc également desdeux côtés.

Les Cires grelées en premier ou en second, se re-tournent & fe remuent avec des espèces de mainstrès plates , faites de voliches ou d’autres bois lé-gers de deux piés & demi de long , & de six poucesde large , avec une ouverture à un des bouts oùl’Ouvrier passe la main , qui leur sert comme depoignée ; on employé aussi au remuage de petitesfourchettes de.bois a deux fourchons.

Quand la Cire a été assez long-tems fur les toi-les, on la tire avec des rateaux pareillement de bois,& on l’envoye au magasin dans les mêmes mannes& fur les mêmes brouettes qui ont servi a les ame-ner a l’herberie.

II ne faut pas oublier de remarquer que la Cire engrains, 11’est autre chose que la Cire en feuilles,qui a force d’être remuée & retournée., fe brise & seforme en une efpéce de graine de la grosseur d’unebonne fève. C’est de cette Cire en grains que sefont les pains de Cire dont on a parlé en traitant dela fonderie.

Fabrique de la Bougie.

U y a jufqu’à trois atteliers pour la bougie dansla Manufacture d’Antony ; savoir l’attelier des mè-ches , l’attelier des commencefnens, & l’attelier del’achévement.

Les divers inslrumens & utenciles dont on se sertdans ces ^ trois atteliers , font les dévidoirs , lescouteaux a mèches, ou taille-méches 3 les corbeillesaux pelotes, les ciseaux a mèches, les baguettes amèches, les ferets, le caque ou fourneau, la bassineou poêle avec son cerceau, les cercles a crochets ,les cuillers pour faire les jets , les lits de toiles, lesrouloirs & les couteaux de commencement, les rou-loirs & les couteaux d’achevement , les ciseaux àtailler : enfin le tour & ses filières pour la bougiefilée. L’ufage de tous ces instrumens sera expliquédans. la fuite.

Les mèches ne font faites que de coton d’once, &l’on n’y employé point d’autre matière. Le meil-leur se tire du Levant, particulièrement de Seyde,d’ou il vient tout filé. L-e filage de cette Ville a étéchangé depuis quelques années, mais ce change-ment ne l’a point rendu moins excellent qu’il étoifautrefois.

Le devidage s’en fait par des filles qui font auservice de la Manufacture, ou par des devideusesdu village d’Antony.

Pour travailler aux mèches on assemble plusieurspelotes dans une corbeille , & en joignant plus oumoins de leurs fils , suivant la grosseur de la bougiequ’on veut faire , on les coupe de longueur íùr destaille-méches ou couteaux a mèches. Comme cetinstrument est tout-à-fait semblable à celui des Chan-deliers ,