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Tome 1.
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975 CISÁ. CISE.

CISAILLER. Couper avec des cisailles.

CISAILLES. Gros ciseaux, dont une des bran-ches, qui est recourbée, est plus courte que Tautre;ce qui sert ordinairement a les affermir sur un éta-bli ; ensorte qu’il n’y en a plus qu’une de mobile ;ce qui donne aux Ouvriers plus de commodité , &plus de force a s’eu servir, pour couper les diffé-rons métaux qu’ils employent. Ces Cisailles fontaussi d’usage dans les Hôtels des Monnoies : onen coupe les espèces , qui ne doivent plus avoir decours, & les vaisselles d’or ou d’argent, qu’on veutmettre à la fonte.

■f II y en a-de différentes grandeurs; de petitesqu’on nomme Cisailles en main, & de grosses qu’onfait tenir a l’étau ; d’autres qui font enchâssées dansdeux crampons posés a cet effet fur f établi , &fervent aux usages indiqués ci-deffus , & à planeursautres : On en fait enco're de très grandes, dupoids de 40, 50, 60, jusqu’k 80 livres, qui fer-vent dans les grandes forges a cuivre, pour cou-per les coupes empaquetées après qu'elles ont étécreusées fous le marteau a creuser ; & d’autres quifervent a arrondir les cibe-s élargies fous le marteauà étendre ; les unes font simplement attachées a ungros plot de bois arrêté en terre, & font mues aforce de bras; les autres, qui font les plus gros-ses , font attachées de même, toutes perpendiculai-rement; Une des branches des .plus fortes est atta-chée a une des barres de fer qui répond a une demi-tour, qu’un arbre virant fait tourner , & qui faisantouvrir ói fermer les Cisailles coupe tout ce qui luiest présenté. Cette dernière maniéré d’operer est siforte qu’on coupe jusques k 12 a 15 chauderonstout k la fois, & cela avec la feule force du roua-ge , qui sert encore k plusieurs autres usages. Si l’on11’avoit pas cette méthode, six hommes feroient apeine ce qu’on fait avec cette feule machine.

Cisailles. Se dit aussi de ce qui reste des la-mes d’or, d’argent, & de cuivre, après que ies Ou-vriers des Monnoies en ont taillé les staons au cou-poir. Les Prévôts des Ouvriers, qui reçoivent leslames au poids, doivent auffi rendre au poids lesstaons & îes Cisailles. Voyez. Monnoyage.

CISEAU. Instrument de fer, tranchant par lebout, dont on fe sert a tailler & couper le bois, lapierre, le marbre, & même les métaux. Les Ou-vriers qui se servent le plus du Ciseau, sont lesSculpteurs, les Maçons, Menuisiers , Charpentiers ,Tailleurs de pierre, Marbriers, Orfèvres, Serruriers,Taillandiers, Fondeurs, Maréchaux , Arquebusiers,Fourbiffeurs , &c.

Tous les Ciseaux de ces Ouvriers ne font presquedifférons, que par la force & la grandeur ; étant tousde fer bien acéré ; les uns fans manche, & les au-tres avec des manches de bois : aussi ne les distin-gue-t-on guéres que par les divers noms qu’on leurdonne, suivant les diverses choses auxqueiies on lesfait servir.

- Il y a des Ciseaux, qu’on nomme des Tranches,qui font simples, ou percées; celiesTa, pour fen-dre les barres de fer a chaud; & celles-ci, pourcouper les petites pièces de fer aussi a chaud.

Il y a aussi des Ciseaux a froid ; d’autres a taillerdes limes ; des Ciseaux a lever ; des Ciseaux afiches; & des Ciseaux a pierre. Toutes ces sortes deCiseaux sont du métier de Serrurier.

Les Sculpteurs en marbre, ou en pierre, ont laGradine, la Hoquette, la Rondelle, & la Marteline.

Ceux des Charpentiers, font l’Ebauchoir, & lespetits Ciseaux.

Pour la Menuiserie, on se sert de Ciseau a unou deux biseaux, & du Ciseau a lumière.

Les Tailleurs de pierre, & les Maçons, ont leCiseau a louver, long de plus de dix-huit pouces ;•& le Ciseau a ciseler la pierre.

On peut mettre auffi au nombre des Ciseaux,

-CISEAU. , , 976

les Fermoirs k dents , ou fans dents; le Bec-d’âde;les Gouges ; enfin , les Ciselets, ou petits Ciseaux.Ces derniers servent aux Orfèvres, aux Fondeurs,& aux autres Ouvriers, qui travaillent fur les mé-taux.

Tout es ces fortes de Ciseaux sont expliqués à leurs Ar-ticles , on Pon peut avoir recours.

j- On doit observer qu’on ne sauroit trop se pré-cautionner sur la maniérak de construire i’outil dontil est parlé dans cet Article, lequel étant d’un sigrand usage pour toutes sortes d’ouvriers , doit êtreproportionné, & pour la figure & pour la fabrica-tion , aux ouvrages auxquels il est destiné. II seroittrop long de raporter ici tout ce qu’on pourroit di-re fur cet article. On se contentera de parier de l’at-tention qu’il faut aporter au choix qu’on doit fairede ì’acier avec lequel on veut acérer toutes sortes deCiseaux.

st Ayant donc pris une bille d’acier , on commen-cera par la tremper, si elle ne Test pas; on tâtera tousses côtés avec une lime douce , pour connoître si l’a-cier est dur dans toutes ses parties. S’il y avoit un descôtés qui se laisiât limer , il seroit inutile de pen-ser k se servir de cet acier , pour former quel outilque ce soit. Mais si par cette épreuve la bille d’a-cier résiste en tous sens a la lime , & qu’il soit im-possible de l’entailler, on la cassera par le milieu acoups de marteau , & l’on examinera avec foin sil’on n’aperçoit point quelques veines de fer fouréesdans le centre de la bare, ost dans quelqu’un deses côtés, ce qui se connoit aisément k quelquestaches noires, qui n’ont ni la forme , ni la figure,ni la couleur du reste de la barre ; si l’on en aper-çoit, cette barre d’acier doit être rejettée, elle n’estnullement propre k 'être employée a faire aucun Ci-seau de quelque espèce qu’il soit. Si au contraireon trftuve que la barre n’est point pailleuse, on encoupera la longueur qu’on voudra pour être soudésur un morceau de fer , de la grosseur & grandeurrequise. Mais il ne suffit pas d'avoir préparé , de lamanière qu’on vient de l’indiquer , ces deux métaux,il faut encore les souder si parfaitement ensemblequ’ils ne fassent plus qu’un même corps» On nesauroit trop recommander au forgeron de bien ajus-ter ces deux pièces d’acier & de fer, afin qu’ils ayentde la facilité a se souder, ni de ne pas oublier deterrer la pièce de bonne terre ,k souder, & qu’étantau feu , il ne la perde pas de vûe, pour ne luidonner que le degré de feu qui est nécessaire. Cemoment est difficile a trouver si l’on n’y donne tou-te son attention ; trop de feu renvoyé l’acier k êtrefer, & trop peu ne l’amalgame pas assez. Maisen supposant quel’outil ait réussi comme on le doitdésirer, & qu’il ait acquis, tant fur l’enclume qu’k lalime, la forme souhaitée, il reste encore a lui don-ner la trempe , qu’on doit donner k tout taillant. L-esOuvriers en distinguent d’autant de façons qu’il ya de jours en Pan. Pour moi, dit l’habile Auteurde cette. Addition, je n’en connois pourtant qued’une feule forte, & je fuis persuadé qu’un Ciseauqui résistera a couper le marbre , la roche , ou le ferk froid, ou k tailler une lime , le même Ciseau tail-lera fort bien un morceau de pierre molle, du cui-vre , ou du leton , ou du bois ; tout se réduit uni-quement k donner a P outil une trempe auffi forteque son Ciseau le peut porter ; si en travaillant l’ou-til le tranchant se casse, c’est une marque que làtrempe est trop forte, & qu’il faut le recuire; pour ceteffet il n’y a qu’k le chauffer légèrement sur descharbons , on lui fera insensiblement prendre unecouleur dorée, & auffi-tôt on le retrempera dansPeau froide. Si l’outil résiste alors k Póuvrage aquoi on l’a destiné, c’est une marque qu’on a attra-pé le point de perfection, tant pour la constructionque pour la trempe ; si au contraire, on ne peut rai-re soutenir le travail a cet instrument, il a été mal fa-briqué