979 CITRON.
mois de Mai & de Septembre.
On ne vend que ceux qui ne peuvent passer parun anneau de fer, dont ia grosseur est réglée parautorité publique : pour les autres, ils font rebutés,comme trop petits, & ne fervent que pour en ex-primer le suc, ou jus, qu’on transporte a Avignon,& a Lyon, dans des barils, pour les Teinturiers dugrand teint.
f 11 vient beaucoup de ce jus de Sicile, qu’on en-voyé en France pour le même usage. Mais on en ti-re peu de Citrons, parce qu’ils ne font pas de bon-ne garde.
A l’égard des Citrons qu’on tire de Nice , on n’yfait pas tant de façon ; en achete qui veut, & quandil veut, soit gros , soit petits.
On vend deux fortes d’huile de Citron ; l’une ,qui est fort estimée , & qu’on appelle Essence de Cè-dre , qui n’est faite que des zestes de Citrons, oude leur écorce râpée ; l’autre , qui est une huile com-mune , verdâtre, claire , & odorante, qui fe fait dela lie qu’on trouve au fond des tonneaux , où l’on amis reposer & épurer le jus de Citron.
Cinquante livres de cette lie, qu’on nomme aussiBàcchas , ne rendent ordinairement que trois livresde cette huile. Les Parfumeurs fe fervent de ces hui-les, fur-tout de l’elïence de Cèdre.
Id Aigre de Cèdre , qu’ernployent aussi les Parfu-meurs , & qui est fort estimée en France, est le sucqu’on exprime d’uns certaine efpéce de Citrons ademi mûrs, qui viennent de Borghére, proche deS. Remo.
On envoye de Madère de petits Citrons confits,secs & liquides, & de grandes écorces de Citronsaussi confites. Les petits Citrons doivent être ten-dres , verds & nouveaux. Les grandes écorces doi-vent fe choisir nouvelles , en petites côtes, claires& transparentes, vertes par dessus, bien glacées pardessous , charnues, faciles à couper, & fans êtrepiquées.
ss Le SpeElacle de la Nature dit qu’on employénombre de Nègres pour confire des Citrons a laMartinique.
Le Citronnât est de l’écorce de Citron confite , &coupée par tailladins.
Le Sorbec est fait de jus de Citron , & de sucre.Le meilleur vient d’Alexandrie.
Le Syrop de Limon est la même chose que le fy-rop de Citron, puis qu’en Italien un Citron s’appelleLimone. Chez les Droguistes, il est simplement nom-mé Svrop de Citron j chez les Apoticaires, il fevend fous le nom de Syrop de Limon.
II y a au Tunquin deux fortes de Citrons ou li-mons , les uns jaunes & les autres verds ; mais toussi aigres & si acides, qu’il n’est pas possible d’enmanger fans fe gâter l’estomac. Ces fruits ne fontpa§ cependant inutiles aux Tunquinots, non plusqu’aux autres peuples des Indes. Non seulement ilss’en fervent, comme nous de l’eau forte, pour net-toyer le cuivre, le leton & autres métaux, quandils veulent les mettre en état d’être dorés ; maisaussi pour les teintures, fur-tout pour celles enfoies.
Un autre de leurs usages est pour blanchir le lin-ge, & l’on en-met dans toutes les lessives, particu-lièrement des toiles fines, ce qui leur donne un blanc& un éclat admirable ; ce qu’on peut remarquerprincipalement dans toutes les toiles de coton , quiviennent des Etats du Mogol, qui ne fe blanchis-sent qu’avec le jus de ces fortes de limons.
Les Citrons aigres payent en France les droits cTen-trée à raison de ^ fie cent en nombre , les Citrons doux ,fur le pied de i y fols : lesuc de Citron 30 f du cent pe-sant.
A Pégard des droits de sortie , les Citrons , douxou aigres , payent étalement 10 fols du cent en nom-bre.
CITROU. 980
Les droits de la Douane de Lyon fe payent à raison,de $ f du quintal des Citrons j & de 12 /. 6 cl en. pourle f te.
Commerce des Citrons d, Amsterdam.
II fe vend à Amsterdam quantité de Citrons pré-parés avec de la saumure pour les conserver ; on lesappelle Citrons salés. Ils fe vendent a la pipe, quivaut ordinairement depuis jo jufqu’à j j florins. Ladéduction pour premt payement, est d’un pourcent.
Citron. Se prend aussi pour la couleur de Ci-tron. Un ruban Citron, ou taffetas Citron.
Citron Bois. Ainsi nommé des Européens, àcause de son odeur, & de sa couleur ; & que lesAméricains appellent Bois de Chandéle. Le bois deCitron , qu’on apporte ordinairement en bûches deplus de 1000 livres pesant , est le tronc d’un gros ar-bre, qui croît communément dans les Iles de l’Amé-rique, & qui devient extrêmement haut. Ses feuil-les, semblables a celles du laurier pour la figure ,font plus grandes , & d’un verd plus luisant. Sessieurs ont l’odeur du jasmin , & la forme des fleursd’orange. Ses fruits font noirs, & de la grosseur dupoivre. C’est ce bois , que quelques Auteurs pren-nent pour le véritable Santal citrin ; ce qui ne feroitpas d’une grande conséquence : mais c’est aussi cebois que des Marchands Droguistes de consciencepeu délicate , donnent & vendent pour ce Santal ;ce qui est une tromperie insupportable ; la différencedu prix, & des propriétés de ces deux bois étanttrès-grande.
La fourberie fe peut reconnoître, non feulementparce que les bûches du véritable Santal ne pèsentau plus que 100 livres , & que celles du bois deCitron, comme on vient de le dire , pèsent plus de1000 livres ; mais encore parce que le Santal estd’un goût, & d’une odeur douce & agréable , rési-neux, & médiocrement lourd ; & qu’au contraire ,le bois de Citron est pesant, compact, oléagineux ,& d’une odeur forte , tirant sur celle du fruit , quenous appelions Citron , d’où il a pris son nom. Cebois est propre à faire d’excellens ouvrages de Tour& de Marquetterie, & prend très bien le poli.
Le bois de Citron , que les Tarifs appellent commit--n'ement Bois jaune , paye en France les droits (feu-trée fur le pié des autres bois , qui fervent à la teinture ,-& à. la marquetterie j c'est-à-dire , à raison de 12 f.du cent pesant.
CITRONNIER. Arbre qui porte le Citron. LesAnciens fe fervoient autrefois du bois de Citronnier,pour faire des tables & des meubles, qui ètoientextrêmement estimés j mais depuis que les Indes Oc-cidentales ont fourni k i’Europe quantité de trèsbeaux bois pour la Marquetterie & la Menuiseriede placage , le bois de Citronnier a presque pers 1toute la réputation.
CITROUILLE. Le plus gros de tous les fruitsqui rampent fur la terre. Sa graine est une de cel-les qu’on met au nombre des quatre semences, que•les Apoticaires, Epiciers & Droguistes, appellentSemences froides, a cause de leur qualité. Voyez.Semences.
-f- 11 est surprenant que Lèmery , qui a donnéune description assez bonne de cette plante, n’aitpas mieux fait connoître les lieux où elle croit ,la culture & l’ufage qu’on y fait de son fruit , nimême les noms François les plus usités. La Ci-trouille ne fe cultive & n’est d’ufage , que dans lesPais chauds , comme en Italie , en Sicile , en Es-pagne, & en Portugal, où l’on en sème de grandschamps. Toutes les Indes de l’Asie , & de i’À-merique en font remplies. C’est une efpéce deMelon , dont les feuilles de la plante qui le donne,font divisées comme celles de la Coloquinte. Cefruit n’a pas un goût si relevé, ni si exquis que
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