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1007 C O C O X I E R.
Le Cocotier est un arbre fort abondant dans toutesles Isles, & toutes les cotes maritimes' des Inde$Orientales. Son grand usage fait qu’on en plantepar-tout, principalement dans les lieux bas, unis & hu-mides, assez près les uns des autres. Ces arbres ressem-blent a des bois ou de petites forêts. II y a deux a-vantages de les planter de cette manière; le ier. parcequ’ils font mieux garantis de la force des grands ventsqui les dèracineroient ; & l’autre, parce que l’om-brage de leurs touffes ou feuillages, conserve leurterrain frais & humide, qui leur fournit beaucoupde fève; par la, ils deviennent grands & robustes ,ils donnent beaucoup de Suri , & des Cocos plus gros& plus nourris. Si les Indiens de ì’Amerique avoientle même génie que les Orientaux, ils auroient moinsde peine a fe pourvoir pour les besoins de la vie. Carceux-ci vivent avec assez d’ojsiveté, fans travaillerà la terre ; puisque la nature fournit suffisammenta leifrs besoins. II n’y a que le ris qui leur coute unpeu de travail.
Enfin, le Cocotier dure la vie d’un homme ; sonâge est le même de 80 a 90 ans. II croît de la hau-teur de 60 ou 80 pies. II ne porte point de bran-ches ; son sommet est la seule partie qui est toujoursgarnie de feuilles, lesquelles ont chacune la formed’une plume. La côte qui porte la barbe feuillacéeest longue de 12 a 16 pies; la touffe qui garnit lehuit de Parbre comme lun plumage , est composéele olus souvent de 1; à 25 feuilles. Elles font trèsutiles pour couvrir les.maisons, comme on fait avecbeaucoup d’autres feuilles des genres de palmacées.On les range avec tant d’art, en faisant les cou-verts , que ía façon en plait fort. Ces couverts résis-tent aux plus grands vents ; & les pluyes , qui fonttrès abondantes dans la Mousson Occidentale, n’ypeuvent jamais pénétrer. Les bouts des feuilles fer-vent de papier pour y écrire avec un poinçon de fer.On en fait des nates , &c.
L’écorce extérieure qui couvre le Coco, renfermeune filasse , qui étant aprêtée, sert a faire des cor-des , mais sur-tout de très bons cables pour les vais-seaux. La Compagnie Hollandoise s’en sert beau-coup aux Indes.
La coque & Pécorce du Coco , auffi-bien que lesfeuilles de l’arbre, fervent a faire une si grande quan-tité d’utenciles pour les divers besoins, qu’on ne sau-toir les raporter tous. L’huile de Coco sert encoreà oindre les cheveux, selon l’usage des Indiens, afinde les rendre luisans, unis, faciles a peigner, &exemts de la la vermine.
ff On ne doit pas croire toutes les fables que cer-tains voyageurs ont raportées dans leurs réiationsfur les usages de cet arbre si utile. Mr. Lemery &l’Abbé Pluche y ont été trompés en marquant cequ’ils en ont dit. On fera bien aise sans doute d’a-prendre ici ce qu’il y a de faux, après avoir mar-qué les vrais usages qu’on vient de voir.
i°. Son bois n’est point propre pour faire desmaisons, & encore moins des navires, comme des ré-iations Pont dit, parce qu’il est trop tendre & spon-gieux. 2°. Ce n’est point avec ses feuilles qu’on faitdes voiles de vaisseaux ; ce font celles d’une autreespèce de plante palmacée, qu’on emploie a cela,& a faire des nattes. 3 0 . Le brou de la noix nefournit pas de la bourre fine propre a calfeutrer lesmoindres ouvertures des vaisseaux, comme on lelit dans les ouvrages de ces Messieurs ; elle est tropgrossière pour cela; elle ne sert tout au plus qu’afaire des bons cables, dont la substance est toute li-gneuse. 4 0 . Ce n’est ni du tronc, ni des branches( car il n’en a point, ) que l’on tire par la térébra-tion la liqueur vineuse a l’usage des Indiens ; c’estdu gros bouton de la fleur, qu’on coupe a traversavec un couteau, qu’on la tire par une distillationNaturelle, comme j’ai dit. Je ne raporte pas ici lesautres fables que des Auteurs ont encore débitées.
COC. COD.
Au Brésil, où il y a beaucoup de Cocos, on yen trouve de si petits , que chaque fruit n’est proprequ’à faire un grain de chapelet. Ces petits Cocosfont tous percés a un de leurs bouts.
Les Cocos des Antilles ne font pas si gros., queceux des Indes Orientales, de l’Afrique, & de l’A»rabie, soit pour les arbres, soit pour le fruit ; lesarbres ne s'élevant pas au-dela 25 pieds , & les fruits■n’y étant que d’une médiocre grosseur. Ce font deces fortes de Cocos, dont les Marchands Epiciers& Droguistes de Paris font un commerce très con-sidérable.
Les Dieppois, qui travaillent si bien l’yvoire,font aussi de très-jolis ouvrages de Cocos, qu’ils en-voyeur en divers lieux du Royaume, mais particu-lièrement aux Marchands Merciers de Paris, dontquelques-uns font un assez gros débit.
Les Noix de Cocos, que le Tarif de 1664. appelleNoix d’Inde , payent en France les droits dentrée àraison de 3 liv. le cent pesant.
Cocos. Mesure. Le fruit du Cocos séché, &vuidé de fa moelle, sert k Siam de mesure pour lesliquides, & pour les grains. Comme ces fruits nefont pas de la même continence , & que les uns fontplus larges , & les autres moins, on en mesure lacapacité avec des cauris, ces petites coquilles desMaldives, qui fervent de menue monnoie en plu-sieurs Etats des Indes. II y a tel Cocos, qui con-tient mille cauris, & d’autres seulement çoo. & mê-me beaucoup moins ; ce qui fait une diminution, ouune augmentation de mesure , a peu près comme lachopine & la pinte, ou le litron & le demi-litron, enFrance.
, COCQUE DE LEVANT. Voyez. Coque deLevant.
COCS. Voyez. Cocaigne, & Pastel.
ff CODAGA-PALA. Cet arbisseau vient fréquem-ment dans le Malabar & dans l’Ifle de Ceylan. Saracine est peu profonde ; elle répand beaucoup defibres ; son écorce est d’un rouge brun & de lait ;son goût est amer & peu piquant : les tiges en fontfermes, ligneuses, rondes; elles produisent différensrameaux, revêtus d’une écorce noirâtre, qui couvreun bois blanchâtre. Les fleurs font assez semblablesà celles du Jasmin.
Les Mémoires d’Edimbourg en recommandentl’écorce des petites & jeunes branches , qui ne fontpoint couvertes de mousse , ni d’une espèce designe extérieure & insipide. Cette écorce est regar-dée comme un spécifique dans les diarrhées, aprèsque l’on a raclé avec foin la mousse, qu’on la ré-duite en poussière très-fine, & qu’on l’a mêlée avecdu syrop d’oranges.
CODE. Voyez Pierre a Faucheur , ou Pier-re a affiler.
Code. Compilation, ou recueil de Loix&d’Or-donnances.
* Les Jurisconsultes Romains, soit sous leurnom, soit sous celui de quelques Empereurs, ontfait plusieurs de ces compilations. Tels font le Co-de Grégorien & le Code Hermogénien, depuisAdrien a Maximien, composé en 306 ; mais ils fu-rent inutiles. Celui de Théodose le jeune, publiéen 438. comprend en 16 livres les Constitutionsdepuis Constantin le Grand jusques a Théodose,abrogeant tout ce qui n’y est pas compris ; & en-fin, celui de Justinien, publié en y29. qui en aretenu le nom par excellence , & dont les Juriscon-sultes modernes entendent toujours parler, lorsqu’ilsnomment le Code , fans y ajouter quelque dénomi-nation , qui le spécifie. II comprend toute la Juris-prudence Romaine, depuis Adrien a Justinien ; ill’abrogea en 134. & lui en substitua un nouveau,auquel seul il donna son autorité; de mêmeou’au T)i~ge/îe ou PandeBes , contenant les plus belles Décisionsde tous les Jurisconsultes, compilé par Tribonien ,
auquel