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Tome 1.
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sera le dernier, asm de ne pas interrompre l’ordrealphabétique.

Commerce. Se dit de tout échange, vente, achat,trafic, ou négoce de marchandises ; même de celuiqui se fait seulement ou en argent, ou en papier.

f C’est l’échange du superflu pour le nécessaire,suivant la définition de feu Mr. Melon , Auteur del 'Essai Politique furie Commerce , 12 . 1736. Cet ex-cellent Livre ne regarde pas le Commerce des parti-culiers entr’eux, mais la maniéré dont le Législateurpeut procurer à sa Nation les facilités de fe servir ason avantage de toutes les productions de son ter-roir. En passant, disons ce qu’il fait voir dans léChap. VII, que le Commerce est plus propre a con-server , & même à agrandir un Etat, que les armes.Vérité très importante.

On ne peut douter que le Commerce ne soit pres-que aussi ancien cpie le Monde même : la nécessitéle fit naître ; le désir de la commodité l’augmenta,& lui donna des forces ; enfin, la vanité, le luxe,l’avarice, font poussé jusqu 5 a fa perfection, peut-être même beaucoup au delà des justes bornes qu’ildevroit avoir.

II ne fe fit d’abord que par f échange des chosesles plus nécessaires à la vie. Le Laboureur donnoitses grains & ses légumes au Pasteur de brebis, & ilen t recevoit du lait ou des laines ; celui qui avoitramassé dans les bois, du miel ou de la cire, l’é-changeoit contre diverses sortes de fruits que sonvoisin avoit cueillis à la campagne, ou dans les ver-gers qu’il cultivoit.

L’usage du Commerce par échange subsiste enco-re en bien des endroits. II y a quelques lieux del’Europe, du côté du Nord, d’où il n’est pas tout-à-fait banni, comme dans la Sibérie , & dans la La-ponie Danoise & Moscovite. On a vû même qu’àArchangel, les Commerçans François, Anglois, &Hollandois, n’ont íong-tems porté que des marchan-dises pour lesquelles les Russes troquoient celles ducru de leur vaste Empire. Plusieurs Nations des Cô-tes de i’Àfrique, presque toutes celles de l 5 Améri-que , & quelques-unes de P Asie, ont conservé cettemaniéré de donner ce qu’on.a de trop, pour rece-voir ce qu’on n’a point, ou ce qu’on n’a pas en as-sez grande abondance.

-j- On peut dire aussi que le grand Commerce desLivres en Europe fe fait en partie par échange,& cette façon de commercer , en donnant ce qu’ona de trop , pour se procurer ce qui manque, estparticulière à ce négoce ; au lieu que généralementles autres ne font point, ou peu susceptibles de telséchanges. Voyez, Change, Terme de Libraire.

On ne fait point précisément quand a commen-cé le Commerce qui se fait par l’achat & par la ven-te , ni quand on s’est servi des monnoies & espècesd’or, d’argent, & de cuivre. Dans les premiers tems,elles n’étoient que de bois , de cuir, & de fer ; au-jourd’hui même encore, en quelques lieux des deuxIndes , l’usage est de donner une certaine valeuraux divers coquillages, & aux amandes du cacao ,pour les échanger contre les marchandises, les dro-gues , & les denrées dont on a besoin.

Les plus anciens exemples qui se trouvent de ceCommerce, dans les Livres sacrés, font du tems duPatriarche Abraham. A i’égard des Auteurs profa-nes , ils en mettent l’époque fous les régnes de Sa-turne & de Janus en Italie : les anciens Gaulois ,comme le rapporte Jules César dans ses Commentai-res , en attribuoient l’invention au Dieu Mercure.

Les Egyptiens, les Phéniciens, & les Cartaginois,qui étoient une colonie Tyrienne , font cités commeles premiers, les plus habiles , & les plus hardis Né-gocians de l’Antiquité ; du moins paroît-il certainqu’il s ont été les premiers à bazarder des voyages delong cours, & à embrasser le Commerce qui se faitpar mer sur des Côtes éloignées.

Diction, de Commerce. Tom. L

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II ne paroissoit pas aux Anciens, qu’il fût indignede l’application des personnes d’une illustre origine.Salomon lui-même, ce puissant Roi, ce Sage parexcellence, joignoit souvent ses ilotes marchandesà celles du Roi de Tyr, pour envoyer en Ophir.C’est de cette terre, inconnue jusqu’ici, malgré tou-tes les conjectures des Sçavans , ( on éclaircira cettematière dans la Préface fur cette Edition ) que sesvaisseaux lui rapportoient ces riches métaux, & cesprécieuses marchandises, qui le rendirent, quoiquedans un assez petit Etat, le plus riche Prince del’Univers.

Sous les monarchies des Asiatiques & des Grecs ,l’Histoire ancienne nous découvre de tems en tems,des traces d’un Commerce cultivé par différentes Na-tions. II paroi t avoir fleuri principalement fous ladomination des Romains. On peut juger par ie té-moignage des Historiens, & par celui des anciennesinscriptions, combien les Collèges , ou Compa-gnies de Marchands étoient considérables en diffé-rentes Villes. La destruction de l’Empire Romain ,causée par les irruptions d’une multitude de Nationsbarbares, entraîna celle du Commerce, ou suspenditdu moins pour un tems ses opérations ordinaires. IIse ranima par la suite, & fit peu à peu de nouveauxprogrès, sur-tout en Italie.

C’est de là que les Pisans, les Génois , & les Vé-nitiens , dont les Ilotes étoient nombreuses, fe ré-pandoient dans tous les Ports du Levant & de l’E-gypte, pour en tirer les foies , les épiceries, & au-tres marchandises de ce pays, qu’ils furent long-tems en possession de distribuer presque seuls à laFrance , à l’Allemagne, & aux autres Etats de l’Eu-rope.

Sur la fin du XV e siécle, la plus grande partiede ce Commerce passa de leurs mains dans cellesdes Portugais, après que ces derniers eurent ouvertune nouvelle navigation dans l’Océan , & fe furentétablis en divers endroits des Côtes d’Afrique, desIndes , & de l’Arabie.

Les Portugais ne possédéreilt ces différons Com-merces que l’efpace de 100 ans, ou environ. Dès lecommencement du XVII e siécle, les Hollandoisvinrent les partager avec eux, & bien-tôt après lesen dépouillèrent presqu’entiérement.

Les François, les Anglois, les Danois même &les Hambourgeois , excités par l’exemple de leursuccès, ont fait aussi quelques établissemens dans lesIndes, & fur les Côtes d’Afrique ; mais beaucoupmoins considérables quoique les Anglois y ayent unCommerce d’une assez grande étendue.

Enfin l’Amerique, que les Espagnols découvrirentpeu de tems après que les Portugais fe furent assuréune route vers l’Orient par le Cap de Bonne Espé-rance , est encore devenue l’objet d’un vaste & im-portant Commerce pour toutes les Nations del’Èurope. II est vrai que les premiers Conquéransde ce nouveau Monde, en possèdent toujours lameilleure & la plus riche partie, & qu’ils en con-servent le négoce pour eux seuls avec une extrêmejalousie ; mais outre que les François, les Anglois,les Portugais, & íes Hollandois y ont aussi plu-sieurs florissantes Colonies, soit dans les Iles, soitdans le Continent, il est certain que c’est bien au-tant pour les autres Nations, que pour eux-mêmes,que les Espagnols envoyeur tous les ans leur flots& leurs galions se charger des trésors du Pérou &du Mexique.

En général, le Commerce est une profession nonmoins honorable qu’utile. En France même, il enest sorti, & il en fort encore quantité de famillesqui se distinguent avec honneur dans l’Epée & dansla Robe. Ce n’est cependant que du Commerce démer , & de celui qui se fait en gros, qu’il est per-mis à la Noblesse Françoise de se mêler, sans crain-dre la dérogeante.

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