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Tome 1.
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1127 C O N T R A.

chandises, dont il est chargé, soit par naufragés, tem-pêtes, échouemens , &c. pendant le voyage qtt’il doitfaire ; & cela moyennant une certaine Tomme , quel’on paye comptant, laquelle se nomme Prime, ouCoût d’Assurance. Voyez, Assurance.

* Contract Mohatra. Les Casuistes donnentce nom au gain illicite, que sont les Marchands, envendant leurs marchandises a crédit a plus haut prixqu’elles ne valent, & en les faisant ensuite racheter ar-gent comptant pour leur compte, par des personnesinterposées, a plus bas prix qu’ils ne les ont vendues.Ce font ces sortes de marchés qui ruinent la plupartde la jeunesse de Paris , & qui déshonorent quanti-té de Marchands qui ne rougissent point d’acquerirdu bien par des voies si peu légitimes. L’ufhre n’estpas moins grande, quand un Marchand ayant ven-du ses ' marchandises, bien qu’a leur juste prix , lesreprend auffi-tôt a perte pour l’acheteur. Le Con-trat Mohatra est également condamné & défendu parles Loix Ecclésiastiques & les Loix Civiles.

CONTRACTANT, CONTRACTANTE. Ce-lui , ou celle qui contracte, qui passe, & qui signeun Contract, ou qui s’engage à son exécution.

CONTRACTATIÒN. Tribunal établi en Espa-gne pour les affaires & le Commerce des Indes Occi-dentales.

* Ce Conseil est composé d’un Président, de deuxAssesseurs, d’un Fiscal, de deux Ecrivains, & d’unOfficier chargé des comptes. Jusqu’à Tannée 1717.il étoit toujours resté a Sévilie, où s’étoit sait sonpremier établissement ; mais pour plus d’expéditiondans les affaires de négoce, il fut transféré a Cadixau commencement de cette année ; l’on y transféraen même tems la Juritdiction Consulaire , dont leConseil fut réduit a trois personnes.

CONTRACTER. Faire un Contract, une Fac-tion , une Convention. Les Religieux, les Mineurs,les Furieux, les Interdits , les femmes en puissancede mari, & non autorisées par eux, font incapablesen France de contracter.

Contracter des dettes. Faire des dettes,avoir des créanciers, devenir débiteur, soit en em-pruntant sans rendre , soit en achetant fans payer,ou de quelqu’autre maniéré que ce soit. On ne sesert guéres de ce terme , qu’en parlant des dettesqu’on fait inconsidérément, <k fans beaucoup d’ap-parence de les pouvoir acquitter. Cet homme con-tracte tant de dettes , qu il en fera enfin abîmé. Cejeune'homme Marchand a déja plus contracté dedettes quatre fois ,qu’il n’ade bien. Voyez Dettes& DEBITEUR.

CONTRADICTEUR. Celui qui a droit, ouqui a une qualité de contredire. Il se prend quel-quefois pour celui qui est chargé de l’examen d’uncompte. Un compte ne peut se rendre qu’avec unlégitime Contradicteur. On dit plus ordinairementOyant-Gompte. Voyez Compte.

CONTRAINTE. On nomme ainsi une Sentence,ou autre Titre, en vertu desquels on peut con-traindre quelqu’un. Une Sentence des Consuls ,qui condamne à. payer par corps une certaine som-me, s’apelle assez souvent une Contrainte par corps.On dit, Décerner des Contraintes.

CONTRAVENTION. Action par laquelle oncontrevient aux Ordonnances du Prince, & l’on n’ysatisfait pas.

II se dit particulièrement en fait de Commercedes Marchands Voituriers, & Particuliers , qui veu-lent frauder les droits d’entrée, & de sortie ; & au-tres telles impositions réglées par les Edits, Déclara-tions, Ordonnances , ou Arrêts du Conseil.

La confiscation des marchandises, & équipages ,les amendes pécuniaires , & quelquefois, la prison ,le fouet, les galères , même de plus grandes peinesafflictives , font les punitions de ces sortes de Con-traventions , auxquelles un honnête homme, & un

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sage Négociant ne doivent jamais s’exposer.

* CONTRA - YERVA. Racine qui est aportéede la nouvelle Espagne, & qui est un alexitére,ou contre-poison souverain ; il en vient aussi duPerou, où elle se trouve abondamment dans la Pro-vince de Charcas , où l’on prétend qu’eíle a pris sonnom du mot d’Yerva, qui signifie en Espagnol El-lébore blanc, plante dont le suc est un violent poi-son , & duquel les Péruviens empoisonnent leursflèches. Ainsi Contra-Yerva veut dire Contre-poison. Le Père Plumier a trouvé cette plante au' mois de Juin dans Piste de S. Vincent ; elle croitauffi au Mexique. Hoitjloun en a recueilli dans les' montagnes auprès de Pancienne Carthagéne.

-j- L’Etymologie que Mr. Savary raporte du nomde cette plante, se trouve auffi confuse & défectueu-se , que niai déduite dans tous les Auteurs qui ontparié de cette racine de l’Amerique. Quand on lesparcourt, on voit les uns tomber dans une erreur , &les autres dans une autre, en expliquant l’origine dece mot. Mr. Lémery a crû qu’il étoit composé duLatin Contra, contre, & de l’Espagnol yerva , venin.11 est cependant tout Espagnol; car on dit contra , auffibien dans cette Langue que dans la Latine. A l’é-gard de yerva, des Auteurs croyent qu’il vent dire,venin ; & d’autres, P Ellébore blanc ; mais ils se trom-pent tous; car le mot d eyerva, veut dire , Herbe ;& ne signifie pas autre chose en Espagnol. II estbien vrai qu’avec le mot de Ballejìa , comme parexemple Yerva de Ballejìa , ou de Ballejlero , quiveut dire proprement, Herbe Arbalète, ou d Ar-balétrier , il signifie íEllébore blanc ; c’est ainsi queles Espagnols appelloient anciennement cette der-nière plante , parce qu’ils prétendoient que son sucpréparé d’une certaine maniéré , servoit à empoi-sonner les flèches. Ou ne la nomme plus ainsien Espagne , depuis que les choses ont changé ;son véritable nom, est verdegambre. Je reconnoiscependant que ce mot Coìitrayerva veut dire, suivantson Origine , contre-poijon ; mais il faut sousentendrece qu’on a retranché dans le nom, pour en faire uneabréviation ; au lieu de Contra-yerva , tout seul, iîfaudroit dire dans le sens Espagnol, Contra - yervavenenosa , Contre ïherbe venimeuse ; telle qu’étoitl’ellébore blanc , ou autre plante de cette nature :ou bien, Contra-yerva de Ballejìa , c. a d. Anti-ellé-bore. Monardes , Médecin de Seville qui vivoit auau milieu du XVI e . Siécle, est le premier Auteur quia parlé de la Racine de Contra-yerva , & qui en ex-pliquant mal la signification de ce nom , dans sonHistoire des Drogues de l’Amerique , est cause queles Auteurs qui ont parié après lui de cette racinealexipharmaque, font tombés dans Terreur fur Pé-tymologie du nom de cette Drogue ; car c’est luiqui a dit que Contra-yerva veut dire contre-venin ,ce qui a fait croire a ceux qui n’entendent pasl’Espagnol , que yerva veut dire venin ; cela estcependant faux. Cette erreur a été d’autant mieuxétablie, qu’uíi autre Médecin Espagnol nommé Léon,communiqua au fameux Dalechamp , à Lyon, l’îiis-toire de cette excellente racine, dans laquelle il estdit , que les Espagnols appellent yerva , l elléboreblanc , ce qui est une seconde erreur quand ce motest pris tout seul ; mais lorsqu’ii est accompagné decelui de Ballejìa , ou de Ballejlero , comme j’ai dit,pour lors il signifie véritablement l’elléborè blanc.Voyez PHiJìoire générale des plantes de DalechampTom. 2. g. 743 , où Cette derniere erreur íe trouve, &d’où il paroit que Mr. Savary Ta tirée, auffi-bienque de Monardes , où une partie de ce qu’il dit setrouve auffi. Outre ces erreurs , je trouve que Mr.Savary en commet une autre , en son particulier,en disant, que les Péruviens , avec le suc de l’Ellébo-re blanc, empoisonnent leurs flèches : l’original nedit point que c’est les Péruviens , mais bien les Espa-gnols qui habitent dans le Perou : Et de fait, ancien-nement