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Tome 1.
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j141 C O P A.

mettre tous trois en cause, íl bon lui semble. VoyezLettre de Change.

-f- COPAIVA. Ce nom est aujourd’hui le plus usi-té , pour signifier le Baume qu’on nommoit autrefoisCOPAU. Voyez, cet Article , & celui de Baume.

* COPAL. La Résine Copal, que l’on appelleimproprement Gomme Copal, est une Résine solide,transparente , de la couleur de seau, ou qui tiretant soit peu sur le citrin; odorante, mais moins quel’Animé. On l’apporte de la nouvelle Espagne.

* II y a plusieurs Arbres qui portent la Résine Co-pal. La principale espèce est un grand arbre, dontles feuilles font semblables pour la figure & la gran-deur a celles du Chêne , mais plus longues: le fruitest arrondi, de couleur de pourpre. II découle de cetarbre une liqueur blanche, transparente & résineuse,quelquefois,d’elle-même,quelquefois en la faisant sor-tir par des scarifications:elle forme bientôt de petitesma îles solides, dures & transparentes; son odeur estagréable quand on la brûle. Les Américains avoientcoutume de brûler ce parfum en l’honneur de leursDieux; & ils firent la même chose a l’égard de ceuxqui s’emparérent les premiers de l’Amérique,les hono-rant de la même maniéré que leurs Dieux.

Ce Copal est très rare en France : lors cependantqu’il y en est apporté quelque partie, il faut le choi-sir en grands morceaux, d’un beau jaune doré, trans-parent, de quelque grosseur qu’ils puissent être , del’odeur du vrai Òiiban, & qu’au feu, ou dans labouche, il fe liquéfie aisément.

An défaut de ce Copal, il en vient un autre desIles Antilles , qui en approche assez , & qui est pres-que le seul qu’on trouve chez nos Marchands Epi-ciers-Droguistes, qui souvent le vendent pour duKarabé ; quoiqu’il s’en faille bien qu’il soit aussi pro-pre a apaiser les vapeurs, n’étant point assez puant,lorfqu’il est brûlé.

Ce Copal des Iíles coule fans incision du tronc ,& des grosses branches de certains grands arbres ,semblables a nos peupliers noirs. Comme ces arbresne croissent guéres que fur le sommet des montagnes,& dans les lieux les plus impraticables, c’est auxpìuyes & aux torrens qu’elles causent, qu’on doitçette espèce de gomme, qui du pié des arbres estentraînée & charriée dans les rivières, au bord def-quelles on la ramasse. Elle est apportée des Iles parle retour des vaisseaux a Nantes, & a la Rochelle,d’où nos Marchands la tirent. II faut la choisir enSorte ; mais toùjours préférer la plus blanche a cel-le qui est rougeâtre, noire , ou terreuse.

La plus grande consommation de ce Copal desAntilles, est pour faire du vernis d’esprit de vin.

COPALXOCOTL. Espèce de Copal, qui droitdans la nouvelle Espagne. Les Indiens l’appeílentaussi Pompoqita , & les Espagnols, Cerise gommeuse.

Ce faux Copal a des feuilles comme celles du ce-risier d’Europe , & son fruit semblable a celui dupommier. Les pommes qu’il produit, font douces ,mais astringentes ; & il en distille une espèce de sucglutineux, dont on fait un remède topique contrela fièvre, & qui est pareillement propre pour leséjections sanguinolentes. Son bois, qui fe coupe ai-sément , & qui ne se fend jamais, approche de lasenteur & de la saveur du vrai Copal.

COPARTAGEANT. Qui partage quelque cho-se avec un autre. Ils ne font que trois Coparta-geans dans la riche cargaison de ce vaisseau, quiarrive des Indes. Ce terme est peu d’ufage ; on fesert plus ordinairement de celui d’Intéressé.

* COPAU. C’est une espèce de baume , dont lasubstance est plus thérébentineufe , que huileuse.On ne le nomme présentement que Copaiva , ou quel-quefois aussi Copuyba. 11 vient d’un arbre qui croîtdans le Brésil, & jusqu’a la rivière des Amazones.Voyez. VArticle Baume.

Ajoutons ici un extrait de la description que le Pé-

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re Labat , si souvent cité dans oet Ouvrage, a don-né dans ses Rélations des Iles Antilles, de l’arbrequi le produit, & de la maniéré de le tirer & de lepréparer.

L’arbre d’où il découle s’éléve fort haut, & ce-lui que l’exact Auteur assure avoir vû, avoir au moins22 piés de hauteur. Sa feuille aproche assez de cel-le de l’oranger, excepté qu’elle est plus longue &plus pointue, douce au toucher, souple, d’une odeuraromatique, & d’un verd clair & gai. Son écorceest grise, assez épaisse & onctueuse ; en sorte quepour peu qu’on la frotte entre les mains , il en fortUne odeur douce & agréable. Elle se lève facilement,parce que l’arbre paroît toujours en fève ; le bois estblanc & assez tendre.

Lorsqu’on en veut tirer l’huile, on fait une inci-sion à son écorce, vers le pié de l’arbre ; elle doitêtre perpendiculaire, & de 6 a 7 pouces de lon-gueur. On fait ensuite entrer dans cette incision unpetit morceau de calebasse, pour diriger la liqueur,& la faire tomber dans une calebasse entière qu’on,attache au corps de l’arbre.

La matière qui coule est plus ou moins abondan-te , suivant la force de l’arbre, ou le terns auquel onla recueille ; mais aussi elle a différens degrés de ver-tu. Quand Parbre est jeune, il rend plus d’huile,mais elle est, pour ainsi dire, moins cuite & moinsparfaite : s’il est en fève, la liqueur est aussi plus abon-dante, parce que la fève sort avec l’huile ; mais cemélange en diminue la vertu, outre qu’on court ris-que de faire sécher l’arbre.

Le tems le plus propre pour faire l’incision est lemois de Mars pour les arbres qui fe trouvent entrela Ligne équinoxiale & le Tropique du Cancer ; &le mois de Septembre pour ceux qui sont de l’autrecôté de la ligne, c’est-à-dire, entre elle & le Tro-pique du Capricorne.

L’incision ne doit pas percer seulement la pre-mière écorce, & une pellicule assez mince qui est audessous, qui est comme une seconde écorce ; elledoit même entrer dans le vif du bois. Lorsque l’ar-bre a cessé de couler, & qu’il ne donne plus d’hui-le , on en ôte la calebasse, «Sc la plaie qu’on lui afaite fe referme d’elle-même.

On croit que si l’incision étoit assez profondepour pénétrer jufqu’au cœur , l’huile en feroit plusparfaite , mais ce feroit risquer Parbre.

Cette huile pour être bonne, doit être épaisse,de couleur d’ambre , avec une odeur de verd aroma-tique ; quand elle est claire & trop liquide, c’estune marque qu’elle a été tirée dans une mauvaisesaison, ou qu’on en a augmenté la quantité en ymêlant quelque autre huile.

Pour s’assurer si elle est sophistiquée , il n’y a qu’àen tirer une goûte avec une épingle, & la laissertomber dans un verre d’eau froide ; si la goutte vaau fond fans fe dissoudre , ou qu’elle fe tienne entredeux eaux en conservant fa figure, c’est une mar-que certaine que Phtisie est très bonne ; si au Contrai-re elle s’étend, ou qu’elle nage fur la superficie del’eau, on doit compter qu’il y a du mélange.

La différence qu’il y a entre ce baume & celui du •Perou , est que ce dernier se sèche & se durcit a lafin, au lieu que l’huile de Copaû ne fait que s’é-paissir & devenir d’une couleur plus foncée , fans fedurcir ni fe sécher.

Cette huile est excellente pour fermer promte-ment toutes fortes de plaies faites avec le fer , le bâ-ton , les chûtes, & autres accidens , mais non paspour les coups de feu.

On s’en lert aussi avec succès pour le flux de sang,le crachement de sang provenant de la rupture dequelques petits vaisseaux dans la poitrine ; pour lesexcoriations du fondement, & autres maux où ilfaut empêcher l’effusion du sang.

Pour le flux de sang & les vaisseaux rompus, ctl

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