11 7$ CORD. CORE.
'*CORDOUANIER. Celui qui prépare , & passeles cuirs nommés Cordouans.
La Communauté des Cordouanieçs étoit autrefoish Paris une des quatre Communautés, qui donnoientla dernière préparation aux cuirs,après qu’ils avoientété tannes. Elle est aujourd’hui réunie à celle desCourroyeurs. Voyez. Courroveur.
-j- CÓRE-CORE , forte de bateau magnifique àP usage des Grands dans les Iles Moluques, & quiest aussi d’une grande utilité pour les Hollandois quifervent la Compagnie dans ces mêmes Iles. II y ena de diverses grandeurs, savoir depuis 80 jufqu’a100 piés de long, & quelquefois davantage, & de
12 à 15 piés de largeur, suivant qu’ils font grands.Ils font couverts & divisés, dans leur milieu, endeux ou trois petites chambres très jolies & très com-modes. Ils font construits de maniéré que les Ra-meurs Rembarrassent presque point le dedans du bâ-timent; car ils font assis & rangés en bel ordre furdes bancs parallèles, posés fur deux chevrons, quis’étendent de chaque côté du bateau , en forme de•bras. Les plus grandes Core-Cores , ont 4 bancs dechique côté , & les plus petites n’en ont que deux.Cet attelage de bancs, qui font situés en long com-me le bateau, n’occupe que la cinquième partie dela longueur du bâtiment, & précisément fur les cô-tés de son milieu. Un grand Bambou, qui est fort le-ger , par raport a fa grosseur , a cause du vuide quirégne intérieurement d’un bout â l’autre, étant at-taché par des tenons au bout des bras qui font a uncôté de la Core-Core , fe trouve couché fur Peau , cequi sert a retenir le poids des rameurs , & empêche
3 ue le bâtiment ne p anche trop, ni d’un côté ni'autre; car il y a un Bambou posé de même de l’au-tre côté ; les deux attelages font toujours parfaite-ment égaux. Ils conviennent très fort a cette fortede Bateau, a cause de son peu de largeur, & qu’ilest d’ailleurs fort pointu vers fes extrémités. Us /fervent enfin de contrepoids â toute la longueur la-térale de ce bâtiment.
Le nombre des Rameurs, qui est proportionné àla grandeur du bateau, est depuis J o jusques k 80,ou quelquefois davantage. Les Core-Cores ont cha-cune un mât avec une voile , dont ils fe fervent"quand le vent est favorable. Leur usage est très bondans la Guerre -, ils fervent aussi d’efcorte aux autresbateaux chargés de marchandises : on y appelle ceux-ci , Chiampans.
Jamais une Core-Core ne va en mer, fans un con-cert d’Instrumens, tant pour réjouir l’Equipage , quepour servir de mesure & d’accord aux mouvementsdes rameurs, & pour les avertir par les différentesinflexions des sons, de ce qu’ils doivent faire dansles différentes circonstances ; On ne peut rien voirde plus régulier, ni de plus méthodique en fait demanœuvre.
Les instrumens dont ils fe fervent dans. ces occa-sions , font de trois fortes , savoir des Gongues , quisont de grands bassins de leton faits exprès, pourservir de Basse ; des Tataboangs , qui sont de très pe-tits bassins dont chacun fait une note ; ils ferventproprement comme les petits carillons ; des Tifas ,qui font des tuiaux de métal, qui font un son apro-chantde celui des Orgues. Ils jouent de ces instru-mens avec tant de délicatesse & de mélodie, qu’iln’y a rien qui en aproche dans toute l’Asie. O11 peutassurer qu’après l’Europe, il n’y a point de Nationqui ait une Musique aussi harmonieuse, que la Java-noise & la Moluquoife.
Enfin les Core - Cores vont d’une vitesse k char-mer , & il n’y a point de Bâtimens qui fassent tantde chemin. Elles portent toujours k leurs pointesdes Pavillons arborés, que les vents font paroîtreavec grâce. Lorsque le Gouverneur d’A mboine veutfaire la visite des Istes Moluques avec des forces, ilfe sert toujours d’une puissante Flotte de Core-Co-
CORE. CORÍ.
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res. C’est ce qui fe trouve expliqué assez au longdans le Commerce d’Amboine. Mémoire MSS. deMr. Garcin.
+ CORE, ou CHOMER. Mesure creuse desAnciens Hébreux, pour les choses licjuides, vaioitt o bath-épha, j ce qui revient a 1 muid, 10ou 30 feah; / pintes, 1 Chopine, & # i demi-
60 hin, ( feptier mesure de Paris, selon
180 cab, / Calmes. & selon Arbuthnot 7?
720 log , V gallons , f pintes, 7 pouces cu-
960 caph. jb iq. & 625 décimés , ou 1
muid, 1 anker, 3 floop, & 260décimés , mesure d’Amsterdam. Le caph revient k1 demi-fept. & 3 pouces cub. de Paris; ou d’Angle-terre k f pintes, & 177 décimés. Le gallon est de SAntes, & 28 1 pouces. Les autres k proportion.
Le Core, mesure pour les choses sèches, vaioit2 letheçh, -v ce qui revient k 1 feptier, 1mine, 1 minot, 9 litrons , ÔC
10 epha,30 feah,100 borner,180 cab.
600 décimés de Paris : ou 2|pintes d’Angleterre , & 731 décimés de pouces cub. Le cabrevient a 1 litron , & 920 déci-més de Paris. Le reste a proportion.
CORESSES. On nomme ainsi k Calais les lieuxoù l’on fait forer le hareyg; ailleurs oíi les appelleRoujfables. Voyez Hareng.
* CORGE. II y a des Hollandois qui pronon-cent & écrivent ce mot Corse : mais Corge , vautmieux. II y en a d’autres qui écrivent Courge & quiprononcent Caurge , parce qti’en Hollandois laDiphtongue, o«, fe prononce comme au en Fran-çois, ou en Latin; mais Courge , est une corruptiondu mot de Corge , usité parmi les Indiens, poufsignifier un paquet de 20 pièces, de quelque mar-chandise que ce soit. Les bas de coton tricotés kla côte de Coromandel, fe vendent par Corges de2o paires, de même que les pièces d’Indiennes, dontla Corge est toujours de 20 pièces. Ce terme est enusage dans toute la prefqu’Iste Occidentale du Gan-ge, & jusques bien avant dans les Etats du GrandMogol, c’est-a-dire, dans presque tout l’Indous-tan. Cette pratique de vendre par Corges , vient desouvriers qui ont mis la dernière main k la perfec-tion de chaque marchandise faite de soie, ou decoton-, une Corge est pour eux, comme une ven-te en gros. Les Marchands Banians, qui font ungros commerce chez eux, rassemblent ces fortes demarchandises par Corges dans leurs magasins, enles recevant des ouvriers mêmes, & les revendent,toujours empaquetées par Corges , en aussi grandnombre que les Marchands acheteurs ont besoin.Toutes les Indiennes & les toiles de coton blanchesou teintes, de quelque nature qu’elles soient, fsvendent toujours par Corges, dans le commerceen gros chez les Naturels de l’Indoustan.
* CORIANDRE. C’est tout ensemble ie nom d’mne graine , & de la plante qui la porte.
La tige de la Coriande est mince , & branchue ,& s’éléve au plus de deux piés. Les feuilles quicroissent au bas font plus larges que celles d’enhaut,qui font très étroites. Sa fleur est blanchâtre, & dis-posée en ombelle comme celles du persil & du cer-feuil: Sa graine est sphérique & sillonnée très légè-rement de petites côtes, atteignant presque la gros-seur d’un grain de poivre.
II est surprenant que cette graine ait ún gcvit siagréable, & d’une si bonne odeur, étant produitepar une plante, qui en a une très mauvaise , & quisent fortement la punaise.
II croît de la Coriandre en abondance aux envi-rons de Paris, fur-tout a Aubervilliers, d’où lesMarchands Epiciers-Droguistes tirent presque toutecelle qu’ils vendent.
Outres les dragées de Coriandre que l’on fait, &dont les meilleures viennent de Verdun en Lorraine,
cette
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