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Tome 1.
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,255 CRAB. CRAM.

de la nature que l’on ne comprenois pas. La Phy-sique aujourd’hui mieux éclairée, nous a fait re-venir de bien des erreurs. On a été embarrassé cepen-dant, faute d’observations assez anciennes fur leschangemens arrivés a la terre & à la mer, de sa-voir l’origine de tant de sortes de pétrifications quife font faites dans divers corps de végétaux & d’a-nimaux ensevelis en différons endroits, & fur - toutdans presque toutes les montagnes du globe terrestre.Feu le savant Mr. Bourrue t , Professeur en Philoso-phie k Neufchâtel en Suisse, étoit persuadé, aprèsquelques autres Savans, que tous ces phénomènes,aussi-bien que nos Crabbes pétrifiés,appartenoient auchangement prétendu général arrivé par le Déluge.Quoi qu’il en soit, la pétrification des Crabbes faitek Poccafion des 'couches de terre, où ils fe sont trou-vés ensevelis depuis longtems, est une raison aussinaturelle que sexplication qu’il en a donnée par sespropres observations, dans le Journal Helvétiquede Septembre 1740. où les curieux peuvent avoir re-cours.

La rareté de ces Crabbes rend le commerce, quis’en fait dans les Indes, assez lucratif. Les grandesvertus que plusieurs leur atribuent, dans ces pais la,les y fait assez rechercher. Ils tiennent que c est unspécifique dans les fièvres ardentes, & qu’il en dimi-nue promtement la violence , en corrigeant de plusla cause prochaine qui les produit. Ils l’eítiment en-core bon pour sastlime ou î’opreffion, pour les coursde ventre, &c. Je crois qu’on doit seulement le re-garder bon, dans les cas qui ont besoin d’ahsotbans ;

■ il peut servir comme les Bezoards. 11 est facile dele broyer, & de le prendre , n’ayant rien de dégoû-tant. Ce remède simple a échape, fans doute, k laplume de Mr. Lemery. Mémoire de Mr. Garcin.

CRABE. Sorte de bois qui vient de P Amérique,dont on fait un assez bon Commerce k la Rochelle.On n’a pù le trouver parmi les diverses fortes debois, dont le Père Labat a parlé dans fa rélation desIlles Françoises, k moins que ce ne soit le bois Caraï-be , dont le nom seroit un peu corrompu.

Ce bois n’étant point tarisse, il est du nombredes marchandises qui doivent payer 5 pour 100 deleur valeur par estimation. Cette estimation est fixéeau Bureau de la Rochelle, du consentement des Mar-chands , k 80 liv. le cent pesant.

CRAMOISI, rouge Cramoisi. C'est une des septcouleurs rouges des Teinturiers. Le demi-Cramoisiest aussi une de ces sept couleurs. Voyez. Rouge &Couleur.

CRAMPON. Piéce de fer, qui a les extrémités re-courbées , qui fer t aux Maçons, Menuisiers, & Ser-ruriers , pour attacher, & joindre ensemble des pier-res & des pièces de bois , ou k retenir les pênes desferrures & des verroux.

Crampon de Penture. C’est une piéce de fer re-courbée des deux côtés, avec deux longues poin-tes , qui sert k affermir les pentures d’une porte,ou d’un contre-vent. On employé ces Crampons,surtout aux pentures des portes cochéres, a causedu poids extraordinaire que ces pentures soutien-nent.

Crampon, en terme de Maréchal. Signifie les ex-trémités des fers d’un cheval, que l’on recourbe endessous, & que l’on forge un peu en pointe, afin qu’ilmarche plus sûrement & qu’il soit plus ferme fur laglace. Les Crampons gâtent ordinairement les piésdes chevaux ; & ceux qu’on cramponne ont coutu-me de se couper.

Crampon. Les Maîtres Selliers appellent Cram-pon , un petit morceau de cuir en forme d’anneau,qu’ils mettent fur le devant d’une selle, & où l’onattache les fourreaux de pistolets.

CRAMPONNER. Attacher, affermir quelquefchose avec un crampon.

Cramponner, un Cheval. C'est recourber ses

CRAN. CRAV. 1256

fers par le bout, pour qu’il ait les piés plus fermesfur la glace.

CRAN. Hoche, ou entaille, qui fe fait dans uncorps dur, ou pouf y faire entrer un autre corps ,qui doit y rester ; ou seulement pour le marquer,

& le distinguer d’un autre.

Cran, en terme d’Imprimerie. Signifie cette peti-te profondeur, ou canal, qui est vers le bas déchaque caractère, & qui se sait dans la fonte mê-me. Voyez. Fondeur de Caractères , & Carac-tères.

CRAPAUD AILLE. Voyez Crépon.CR.APAUDINE. Voyez Courtte.

* CrApaudine. C'est encore une pierre précieu-se , ou une sorte de pierre, qui se trouve, a ce qu ondit, dans la tête des vieux crapauds. Quelques Na-turalistes veulent que ce soit effectivement un osde fa tête qui se pétrifie : les uns croyent qu’elle setrouve dans la tête du crapaud marin, éc non du cra-paud terrestre.

Les anciens Médecins l’estiment excellente con-tre les poisons 5 mais comment ne pas douter de cet-te vertu , puisque bien des gens doutent même deson existence l Quoi qu’il en soit, plusieurs Apoticai-res peu instruits fe vantent d’en avoir, & elle entremême dans le catalogue des drogues de quelquesEpiciers Droguistes : mais les plus sincères ne répon-dent ni de leur vérité, ni de leurs prétendues pro-priétés contre le mauvais air.

■j- Les Pierres que nous appelions aujourd’hui Cra-paud! nés, & qu’on trouve en France dans des mon-tagnes & dans des champs , ne sont autre chose,suivant les savantes observations de Mr. de Jujfieitf a ) , que des dents pétrifiées qui viennent d’un pois-son du Brésil, appellé le Grondeur. Quand on com-pare les Crapaudines avec les dents de ce poisson ,on les trouve tout-a-fait semblables dans leurs par-ties. On met ces dents pétrifiées au rang des pierres’précieuses du second ordre, & on leur a attribué desvertus chimériques; & cela d’autant plus qu’on acrù pendant long-tems qu’elles naissoient dans lestêtes des Crapauds. II semble, sur ce qu’en dit Le-mery , qu’il a crù qu’elles étoient produites dans leterrain même, où on les trouve. * Mr. Garcin.

CRAQUELOT. On nomme ainsi le hareng sor,lorsqu’il est encore dans fa primeure.' Voyez Ha-reng , vers la fin de ï Article.

CRASSES. Les Fondeurs de* caractères d’Impri-merie appellent de la sorte les, scories , & pour ainíïdire, l’écume de la fonte qu’ils employent. Voyez.Fondeur de Caractères.

CRAVATE. Espèce de cheval, qui vient de Croa-tie en Allemagne, qui ordinairement est fort vîte.Les Cravates battent a la main , & portent au vent ;ils ont Pencolure haute , & tendent le nez en bran-lant la tête. Voyez Cheval.

Cravate. Se dit auffi d’une espèce de colletque les hommes portent au cou, quand ils sont enjuste-au-corps.

Cravates. II viént des Indes Orientales, par-ticulièrement de Bengale , certaines mousselines, outoiles de coton blanches, appellées Cravates, parcsqu’on s’en sert ordinairement k faire des Cravates.

Ces mousselines sont de deux fortes ; les unesbrodées de fil de coton blanc ; les autres rayées ausixde fil de coton blanc.

Les brodées font de 8 Cravates k la piéce ; cha-que Cravate longue de 1 aune |, & large de

Les rayées font de 10 Cravates k la piéce; chaqueCravate de 1 aune J, de 1 aune & de 1 aune|delong , fur diverses largeurs, depuis V. Voyez Mous-seline.

•f En Novembre 1748. la Compagnie de Hollan-de a vendu 47 fois la piéce des Cravates de Benpale.

CRÁVQ

(a) Voyez les Mémoimyde l'Acad, de f Síienkq An. 1713.