j? BATTE.
ou deux de fleurs du Palmier mâle. Cette expéri-ence journalière est: bien contraire a ce qu’en a pen-sé le Père Labat.
Ce Père en parlant, a cette occasion, des œufsdes Poules, auxquels répondent véritablement lesfruits des plantes, semble avoir ignoré, que les Pou-les qui font accompagnées du Coq, font des œufsplus souvent & plus gros , que lorfqu’elles en fontprivées. Ce n’est pas ici le lieu d’en donner la raisonphysique.
Enfin ce Père fait deux remarques, qu’il n’a paspris garde qu’elles font contre lui. La première ,c’est que, dit-il, la plus grande partie des fleursdu Dattier tombe a terre, & que les fruits succè-dent a celles qui restent. ( II faut entendre celadu Dattier des Iûés qu’il a observé, & dont les fleursqui font femelles, donnent le fruit. ) On compte,dit-il encore, 180 a 200 Dattes fur chaque grape. Laseconde remarque , c’est que ce fruit ne meurit jamaissi parfaitement dans les Isles près de la Martinique,qu’il fait en Afrique, en Asie, & même â St. Do-mingue ; Les Dattes, dit-il, a cause de cela, y retien-nent toujours une certaine âpreté. Il avoue qu’iln’a pu én connoìtre la cause.
II est aisé d’éclaircir ces deux remarques, & dedonner la raison de tout. Cette raison est justementcelle que ce Père a rejettée touchant le Palmier mâle.Je soutiens, fondé fur l’expérience, que si dans cesIsles les Dattiers pouvoient y être bien fécondés parleurs mâles, ces arbres prositeroient mieux. i°. Leursfleurs n’y tomberoient pas la moitié tant, ce quidonneroit par conséquent la moitié plus de fruit.2 0 . Ce fruit feroit beaucoup meilleur, doux & sucré,par la raison que la fécondation de son noyau l’au-roit mis en état d’atteindre â une plus parfaite ma-turité, laquelle n’arrive jamais fans cela. Cette fécon-dation est trop difficile dans ces parages, parce queles vents y font trop fréquens & trop violens , & lespluies trop abondantes. Ces injures du tems font trèsnuisibles aux fleurs du Palmier mâle ; ce font desobstacles qui empêchent que ses étamines ne puis-sent élaborer leur poudre sperinatique comme ilfaut, & encore plus a celle-ci, de pouvoir fe ré-pandre avec liberté fur les Dattiers, afin d’y com-muniquer fa vertu prolifique, c’est-a-dire , propreà la génération.
Les amours des Palmiers , pour me servir de cet-te expression usitée par les Anciens , ne fe fontjamais bien au dessous du 20 e degré de latitude ;c’est par cette raison que les Dattes mentissent mieuxà St. Domingue, suivant la remarque du P. La-lat , qu’elles ne font a la Guadeloupe & â la Mar-tinique. Les Climats , depuis le Tropique du Can-cer jufqu’au 32 e degré de latitude Nord , font lesplus favorables aux Palmiers, parce que les inju-res de l’air, excepté la chaleur, y font moindresque par-tout ailleurs.
Rajouterai encore pour dernière remarque, quela fleur du Palmier mâle peut féconder les fleursfemelles du Dattier , jufiqu’a la distance de deux outrois lieues , a la faveur d’un vent sec qui foufle avecun certain degré de force, pourvît que par sonmoyen une partie de la poudre de ses étamines puifi-le parvenir à ces mêmes fleurs. On a diverses ex-périences dans les pays des Palmiers fur ce fait.Mais c’est une chose qui arrive très rarement. Plusles mâles sont près des femelles, & mieux l’opéra-tion réussit. Cependant s’ils étoient trop près jufi-qu’k fe toucher, ils fe nuiroient d’une autre façon.La Providence a eu ses raisons d’en séparer les sexes.
Au reste, les Botanistes ont été bien embarrassésjusques ici pour connoìtre ce genre, l’établir parfies vrais caractères, & de savoir enfin â quelleclasse le ranger. Ils ont rencontré la même diffi-culté à l’égard des autres arbres palmacés qui sontde différens genres, comme le Cocotier , f Aréquier*ftc,
DAT. DAU. 2»
Le Père Plumier , dans son voyage en Améri-que , a été le premier qui fe soit enhardi d’entre-prendre â en donner les caractères ; mais il l’a fait,selon mes observations, avec peu de succès , caril a confondu sous ce seul genre, toutes les autresPalmacées, qui sont nombreuses, & dont les carac-tères sont fort différens. Elies doivent plutôt con-stituer une classe entière en particulier, fous autantde genres que leurs caractères sont divers. Cetteclasse nous manque dans la Botanique : elle ne peuts’établir plus naturellement que sous le nom de Pal-macées, parce que tous les arbres qui doivent s’yranger, font comme le Palmier, formés châcun d’tmtronc droit, fans branches, chargé seulement d’unbouquet de feuilles comme d’un plumage a son som-met. Ces feuilles font de grandes côtes garnies debandes feuillacées, en guise de lanières.
Le Sagou, arbre dont il fera parlé en son lieu,apartiënt aussi a la classe des palmacées.
Enfin le Dattier fe divise en beaucoup d’efpéces,par raport a son fruit, qui varie tant dans fa gran-deur , dans fa couleur, & dans fa solidité , que dansson goût, ou fia qualité & bonté.
Les Dattes'font du nombre des marchandises venantdu Levant , Barbarie , Û autres Pais é>' Terres de laDomination du Grand-Seigneur , du Roi de Perse , &d?Italie, fur lesquelles il ejì ordonné être levé vingt pourcent de leur valeur , conformément à ï Arrêt du Conseildu 15 Août 168f.
Les cent livres de Dattes fe vendent ordinairementà Amsterdam depuis 25 jufqu’a 30 florins ; elles fetarent au poids : leurs déductions pour le bon poids« 5 c pour le promt payement sont chacune d’un pourcent.
DATTIER. Arbre qui produit les dattes. On lenomme plus ordinairement Palmier. Voyez ï Ar-ticle précédent.
* DAUCUS, Plante dont la graine feule est Mé-dicinale. Ce genre est de la Classe des Ombellifères ?c’est-â-dire , des plantes qui portent des fleurs àOmbelles. Toutes les espèces de Pafienades , ou Pa-nais à feuilles menues, autrement appellées Carottes ,sont de ce genre. II en croît en Allemagne & dansles Alpes. La graine de celui qui vient de Piste deCandie ou de Crète, est la plus estimée en Médeci-ne ; c’est d’ou vient qu on appelle en Latin la plantequi la donne Daucus Creticus. Sa tige s’éléve juf-qu’a un pié & demi de haut, & poulie quantité debranches,qui portent à leurs sommités des fleurs blan-ches ; les graines qui sortent de ces fleurs sont d’unverd pâle, velues, longuettes, & assez approchan-tes de celles du cumin , a l’exception qu’elles sontd’une odeur moins forte , & d’un goût plus agréa-ble.
Les Anciens ont estimé la graine de Daucus, unremède excellent pour la pierre ; c’est pourquoi ils lamirent au nombre des Lithontrìptiques , qui veut di-re brife-pierre- Ce font les Epiciers qui la vendent.
-j- Cette graine, fur-tout celle de Crète, est généra-lement en usage dans diverses compositions de Phar-macie , mais principalement dans les Eaux , lesTeintures, & les Esprits Carminatifs fort usitésdans les Pais duNord. II y a des François qui nom-ment la Plante de Daucus , Carotte sauvage , & d’au-tres Chyrouis.
La Jemence de Dauci paye en France les droits dsen-trée à raison de 50 f le cent pesant. Celle qui vientde Candie ejì de plus sujette au droit de vingtpour cent imposé par VArrêt du 1 j Aoítt 168s.fur toutes les marchandises venant du Levant , desTerres du Grand-Seigneur , Ù du Roi de Perse >&c.
DAVIER. Instrument de Tonnelier qu’on nom-me autrement Tirtoir. II sert a faire entrer les der-niers cerceaux fur le peigne des futailles. Voyez Tir-toir., Cf Tonnelier.
f Da