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Tome 2.
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le détail des ouvrages que les Maîtres Selliers-Lor-miers peuvent fabriquer & vendre.

Quatre Jurés, dont deux s’élisent chaque annéeen la place des deux anciens , qui sortent de Char-ge , ont soin des affaires de la Communauté; con-voquent les Assemblées ; enre'gissrent les Brevetsd’ 1 .Apprentissage ; donnent le chef-d’œuvre, ou l’ex-périence , suivant la qualité de l'Aspirant; reçoiventa Maîtrise; Òc font les visites, tant chez les MaîtresSelliers-Lormiers, que chez les Maîtres Malletiers-Coffretiers.

lis ont aussi droit de visite fur les marchandises deLormerie, qu’apportent les Marchands Forains, òcchez les six Selliers suivans la Cour.

A l’égard de ce dernier droit, ils y ont été main-tenus par un Arrêt du Grand Conseil de 1 ^94. qui or-donne que deux Jurés des Selliers-Lormiers de Pa-ris, Òc un Juré des Selliers suivans la Cour, ferontensemble les visitations cssez ces derniers ; a la char-ité néanmoins que les deux voix des Jurés de Parisn’en vaudront qu’une, chacun selon son art & métier;ce qui s’entend du Lormier-Eperonnier, & du Sel-lier- Garnisseur.

Les Eperonniers òc les Selliers faisant présente-ment deux différentes Communautés, comme 011 t’adit, ii eít arrivé du changement dans le nombre desJurés des Maîtres Eperonniers, qui ont été réduitsk deux seulement, dont ii s’en élit un chaque an-née; & cela a cause de leur petit nombre; leurCorps ne se trouvant composé (en 1718.) que de dou-ze Maîtres, dont même il y en a deux sans quali-té , Òc trois Privilégiés.

Nul ne peut être Maître dans la Communauté desLormiers-Eperonniers, s’il n’a fait aprentissage pen-dant quatre années entières & consécutives , òc s’iln’a encore servi cinq années chez les Maîtres, enqualité de Compagnon.

Tout Aspirant a la Maîtrise est tenu de chef-d’œu-vre , ou au moins de la simple expérience, suivantsa qualité. Le fils de Maître, né depuis {a Maîtri-se de ion père, Òc le Compagnon épousât Fille ouVeuve de Maître, sont ceux qui ne doivent que l’ex-périence.

Le chef-d’œuvre de Lormier-Eperonnier, Ou-vrier de la forge, est un mors clauset, c’est-a-dire,un mors parfait, doré ou argenté, a serres, droitfur ses pointes, garni de porte-mors, de chausse-trapes de fer, de saliniére òc gourmette : son ex-périence est un mors de petit prix, Òc facile àfaire.

Inexpérience du Sellier-Garnisseur consiste en uneselle garnie de son harnois de petit prix, pour uncheval hargneux, ou mulet : son chef-d’œuvre estune selle pour cheval, dont le harnoissoit-k corps.Voyez le détail de ce chef-d’œuvre à l’Article des Sel-iaers-LoRMIers-Carossiers.

Aucun Maître ne peut avoir plus d’un Apprentisk la fois : il peut néanmoins en commencer un nou-veau au milieu du tems du premier.

Tout Maître a droit de lotissage fur les marchan-dises foraines, dont les marchés se font en sa présen-cermais aucun ne peut aller au-devant des Marchandsforains, pour frauder les autres de la part qu’ils yauroient, si la lormerie foraine, ou les marchandi-ses propres a faire de la lormerie, étoient apportées kParis.

Les ouvrages, qui font , pour ainsi dire, le par-tage des Lormiers-Eperonniers, font les éperons,desqueis ils ont emprunté leur nom ; les mors detoute forte, les filets, cavessons, caveísines, lesétriers, boucles de harnois, òcc. qu’ils peuvent do-rer , argenter, étamer, vernir Òc mettre en vio-let, ou en couleur d’eau , suivant qu'il leur est com-mandé , ou qu’ils le trouvent a propos pour le meil-leur débit de leurs marchandises. C’est a eux aussiqu’il appartient de faire toutes fortes de boucles d’a-

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cier poli pour ceintures, porte-manchons, jarretiè-res , souliers, òcc. mais ils n’en font guéres présen-ment, laissant ces menus ouvrages, ou aux pauvresMaîtres, ou k quelques Compagnons, qui y travail-lent en chambre.

On n’entrera ici dans aucun détail des ouvragesdestinés aux*Selliers-Garnisseurs, ou , comme on lesappelle présentement, aux Selliers-Lormiers-Car-roffiers ; se réservant d’en parler k leur propre Arti-cle ; òc étant d’ailleurs les mêmes , suivant les usa-ges òc les tems, dans les Statuts des Selliers-Car-roffiers de 1678. que dans ceux des Selliers-Lor-miers de 1577. dont on vient de donner l’ex-trait.

La Confrairie des Maîtres Lormiers-Eperon-niers étoit autrefois 8. Eloy , qui est encore le Pa-tron des Maîtres Selliers-Carrossiers ; présentementS. Leuòc S. Gilles font les Patrons des Eperonniers.Ce changement, qui n'est pas ancien , a été faitk l’occasion des fonds laissés a la Confrairie parle nommé Gilles, ancien Juré de cette Communau-té, òc fa femme, a condition que S. Gilles en seroita l’avenir le Patron. Cette Confrairie est érigée dansl’Eglise de S. Jaques de la Boucherie.

Les outils òc instrumens , dont les Maîtres Epe-ronniers se servent, sont a peu près les mêmes desautres Artisans, qui forgent ; òc liment le fer ; com-me Enclume,Bigornes,Marteaux, Limes, Forets, òctant d’autres, dont il est parlé a l’Article des Serru-riers, òc en divers autres Articles de ce Dictionnai-re. Ils en ont cependant un particulier, qu’ils ap-pellent le Polissoir ou Brunissoir, avec lequel ils po-lissent ou brunissent les ouvrages étamés.

Cet outil est composé de deux pièces principales ,de l’archet òc du polissoir.

L’archet, qui est de fer, òc long d’un pié òc demi,est recourbé par les deux bouts , dont l’un est em-manché dans du bois, pour lui servir de poignée ;òc l’autre est fait en crochet, pour y recevoir un pi-ton k queue : au milieu de l’archet est le polissoir ,qui est une petite piéce d’acier, ou de fer bien acé-ré , large par en-bas de deux pouces, òc longue detrois, qui est rivée a l’archet, òc qui le traverse.

Pour se servir de cet outil, on met dans le grandétau de l’établi, ummorceau de bois, quarté par lebout, par où le mord de l’étau le ferre, Òc arrondi parl’autre bout, long Òc gros a discrétion. Le pitonde l’archet ayant été enfoncé par sa queue, dansun trou que ce bois, qu’on appelle Bois k polir, adu côté qu’il est engagé dans l’étau , l’Oiivrier prendde la main droite l’archet par son manche , òc te-nant de la gauche l’ouvrage qu’il veut polir , òcqu’il appuyé sur l’extrémité arrondie du bois, ily passe a plusieurs reprises le polissoir qu’il tientk l’archet ; ce qu’il réitéré jusqu’k ce que í’ouvrageétamé ait cç brillant, qu’on appelle Poli, ou Bru-nissure.

On ne dit rien ici des instrumens a dorer òc a ar-genter au feu, dont se servent les Maîtres Eperon-niers , étant les mêmes des Doreurs fur cuivre, donton a parlé k l’Article de la Dorure. Voyez Dorure

AU FEU.

EPERVIER. Filet de Pêcheur qui s’étend par en-bas en rond, Òc qui aboutit en cône par le haut. L’E-pervier dans fa circonférence a joo mailles, Òc çooplombs; chaque maille portant son plomb. Cesplombs font creux , pour les passer dans la corde quiborde ce filet tout autour : on l’appelle Corde-molíe.Quand l’Epervier est fermé, il a 12 piés de hauteur,de la pointe de son cône en bas. Sa figure est assezapprochante de celle d’un entonnoir.

On se sert de lignette, c’est-h-dire, de moyenne fi-celle , pour le monter, òc en faire les poches. Desmorceaux de cette ficelle s’attachent de distance endistance autour de fa circonférence ; ensorte cru’enles tirant, ils fervent comme de nerfs pour resserrer

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