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Tome 2.
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Communauté de Jurande, fous le nom de Maîtres mens. Ces Efgards font choisis & élus de tems enen fait d’armes; Ôc c’est cette raison qui leur a don- tems par les Marchands, ou Maîtres de leurs Com-né place dans ce Dictionnaire, de même qu’a quel-

ques autres Communautés, qui n’ont de rapportau Commerce qu autant qu’elles font du nombredes 120 Communautés de Paris, dont les Statuts& Réglemens entrent dans le dessein de cet ou-vrage.

L’Art ôc exercice de l’Efcrime n’étoit pas hono-rable chez les Romains ; il n’y avoit guéres que lesGladiateurs, qui en prissent leçon; & si l’on a vûquelquefois des Chevaliers, ôc même des Sénateursdescendre dans l’arène, ce n’a été que dans destems , & fous des Empereurs , qui ont été la hontede l’Empire.

11 n’en est pas de même parmi les François, oùla Noblesse fait gloire d’y exceller, & où l’on comp-te au nombre des exercices qui lui conviennent,ôc même aux plus grands Princes, celui de fairebien des armes.

Cette diversité de fentímens, de deux peupleségalement avides de gloire, & jaloux de l’honneur,ne vient pas fans doute de Pexercice même, maisde la différence de son usage : le Gladiateur n’yétant devenu habile que pour servir aux spectaclesd’un peuple sanguinaire , ôc le Gentilhomme Fran-çois ne l’apprenant que pour être plus en état deservir son Roi & sa patrie , ôc de défendre Ôc con-server sa propre vie. Voyez Maitre en faitd’Armes.

ESCRIMER. 7 „ , f*

ESCRIMEUR, j ^ °y ez - comme dejsus.

ESCRIN, ou ESCRAIN. Ce terme n’est plusguére en usage que pour signifier ces petites boè-tes, ordinairement doublées de velours noir, oùl’on ferre des bagues, ôc autres pierreries. Ancien-nement un Escrain étoit a peu près le sinonime deLayette.

ESCRIMER, uu ESCRAINIER. Artisan quifait des Escrains. Il y a a Paris une Communau-té des Maîtres Layettiers-Efcrainiers. Voyez Layet-tier.

ESCUTSSER. Terme d’exploitation ôc de com-merce de bois. 11 se dit des bois taillis qu’on éclat-te en les abbatant.

V article 42 du Titre iy de F Ordonnance fur le faitdes Eaux & Forêts de 1669. porte que les bois tail-lis seront abbatus a la cognée a fleur de terre, fansles efcuisser ni éclater.

ESCULON. Espèce de grande écuelle de ferblanc, dont on se sert dans le blanchissage des cirespour porter la cire dans les moules. Elle a deux poi-gnées, une de.chaque côté, avec un bec ou goulotepar devant. Voyez P Article de la Cire , où il ejl parléde la Manufaàure cPAntony.

ESGARDE', ESGARDE'E. Terme de Manufac-ture. Une piéce Efgardée est celle qui a été visitéeôc marquée par les Efgards. L’article 210 du Rè-glement de la Sayetterie d’Amiens, défend auxTeinturiers de donner au foulon aucune piéce, quin’ait été rechinchée Ôc efgardée ; c’est-à-dire, lavéeôc plombée.

ESGARDISE. Ce terme n’est guére en usageque dans la Sayetterie d’Amiens, où les Jurés desCommunautés font appellés Efgards : ainsi , en cesens, Efgardise signifie la même chose que Jurande.

Esgardise. Se prend auísi pour le tems que lesEfgards font leurs visites.

ESGARDS. On nomme ainsi a Amiens, ceuxqu’on appelle ailleurs Maîtres ôc Gardes , ôc Jurés.

Ce font eux qui ont foin d’aller en visite chez lesFabriquans, ôc Foulons, ôc qui doivent se trouvercertains jours aux halles, pour examiner les étoffesde pure laine, ou de laine mêlée de foie,de fil,ôc d’au-tres matières, qui se font dans la Sayetterie, ôc voirH elles fout fabriquées en conformité des Régle-

munautés.

On appelle Efgards Ferreurs , ceux qui apposentles plombs aux étoffes ; ainsi nommés , parce qu’onappelle Fers dans la Sayetterie d’Amiens, ce qu’onnomme ailleurs des coins ôc des poinçons. De cesEfgards-Ferreurs, il y en a de Ferreurs-Sayetteursen blanc, d’autres en noir, ôc d’autres en guesde.Les premiers prennent leur nom, des halles où ilsferrent les étoffes ; les autres, de ce qu’ils ferrentchez les Teinturiers. Voyez Sayetteur , 6” Hau-telisseur.

ESGRAINE'E. II se dit des pièces d’étoffes , quine font point emballées. Je vous envoye dix piècesde serge Esgrainée, c’est-à-dire , qui n’ont pointd’emballage. Ce terme n’est guéres d’usage que dansla Province de Berry.

ESLAISSER. Terme de monnoyage au marteau.Voyez cet Article.

ESNOUER, ou NOPER. Terme de Manufactu-re de draperie, qui signifie Arracher, ou Oter avecde petites pincettes de fer les nœuds qui se rencon-trent dans les draps, provenant des renouages queles Tisserans ont fait des fils de la chaîne, ou de latrême , lorsqu’ils se sont rompus en travaillant.

L’énouage des draps se fait en deux tems ; l’unimmédiatement après que la piéce de drap a été le-vée de dessus le métier, ôc déroulée de dessus l’en-fouple ; ce qui s’appelle Enouer, ou Noper en gras:ôc l’autre, après qu’elle a été dégraissée ôc dégorgéeà la soûlerie ; ce qui fe nomme Enouer, ou Noperen maigre. Le mot de Noper est particulièrementen usage à Sedan.

ESNOUEUSES, NOPEUSES, ESPINCELEU-SES, ESPINCEUSES , ESPÏNCHEUSES , ESPIN-CHELEUSES , ESBOUQUEUSES , ou ESPOU-TIEUSES. Ce font les divers noms qu’on don-ne dans les Manufactures de draperies de laine,suivant les différens lieux de fabrique , à certainesfemmes , dont remploi ordinaire est d’ôter avec depetites pincettes de fer tous les nœuds, bouts defil, petites pailles, ôc ordures, qui peuvent fe ren-contrer dans les draps, ou autres étoffes, après qu’el-les ont été levées de dessus le métier, ou lors qu’el-les ont été dégraissées ôc dégorgées par le foulon.Voyez P Article précédent.

ESPADON. Grande ôc large épée, qu’on tient àdeux mains. Les Prévôts de sale, qui font afpiransà la Maîtrise des Maîtres en fait d’armes , font re-çus à Inexpérience de l’Efpadon. Voyez Maître enfait d’Armes.

ESPAGNOLETTE. Efpéce de Droguet tout delaine, quelquefois croisé, quelquefois fans croifure.

II s’en fabrique à Rouen, Damerai, Châlons furMarne, Beauvais, ôc quelques autres Villes de Fran-ce. Voyez Droguet.

ESPALLEMENT. Terme en usage parmi lesCommis des Aydes, qui signifie la même chose queJaugeage. II ne fe dit guéres que du mesurage quise fait dans les brasseries, lors que les Commis jau-gent les cuves, bacs, ôc chaudières, dont les Bras-seurs fe servent pour façonner leurs bières , afin defaire dévaluation des droits du Roi.

Lé article 2 du titre de s Ordonnance des Aydes de1680. concernant les droits fur la bière, défendaux Brasseurs de Paris, ôc du reste du Royaume,de fe servir de cuves , chaudières, ôc bacs, quel’Epallement n’en ait été fait avec le Fermier, ouses Commis.

Espallement. Se dit auffi de la comparaison quise fait d’une mesure neuve, avec la mesure origi-nale , ou matrice, pour ensuite l’étalonner , ôc mar- .quer de la lettre courante de l’année, si elle lui esttrouvée égale ôc conforme.

Ce terme, en ce sens, n’est en usage que pour

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