Band 
Tome 2.
JPEG-Download
 

I

S..!

iiir!:

45S F L E U R.

les, pour multiplier leurs espèces ; Mais a l’égarddes Fiantes, il semble qu’on ne sait que très ra-rement que les mêmes sexes se trouvent égalementparmi elles dans toutes leurs Familles; car chaquegenre de plante a ses races, comme celui des ani-maux.

A la vérité, leurs parties mâles & femelles, nonplus que leurs fonctions, n’y font pas si sensiblesque dans ces derniers ; mais si on les observe deprès , on reconnoîtra a la lettre les mêmes parties6c leurs mêmes usages.

Dans le plus grand nombre des plantes de la ter-re , les sexes se trouvent réunis dans chacune deleurs FleursT, & à cet égard les Botanistes les nom-ment Hermaphrodites. Dans quelques autres genres,ils font séparés fur une même plante, comme dansles Noyers, les Châtagniers, les Noisetiers &c. carleurs chatons font des Fleurs mâles, & le corpsprincipe du fruit , qui nait séparé sur les mêmesbranches, est la Fleur femelle.

Enfin dans un troisième ordre de plantes, mais enpetit nombre , les sexes font séparés fur différenspiés, c’est-a-dire , fur deux différentes plantes demême espèce , comme on le volt aux Epinars, auChanvre , au Houblon, aux Orties, aux Palmiers ,&c.

Dans les Fleurs Hermaphrodites , les Etaminesfont leurs parties mâles , & le pistil leur partie fe-melle. L’ovaire & la trompe font le corps du pistil;l’ovaire est proprement la capsule où se formentles œufs , qui font les graines de la plante dans cha-que espèce. Dans les deux autres ordres de Fleurs ,les Etamines font séparées des Pistils, faisant deuxfortes de Fleurs k part, mais qui ne laissent pas,quoique distantes Tune de P autre , de faire leursfonctions, 6c que la Fleur mâle ne féconde la Fleurfemelle, qui est celle qui doit donner le fruit.

Cette merveille a été remarquée par les Anciens ,mais c’est seulement a l’égard des Palmiers mâles 6cfemelles. La chose leur parut même si sensible, qu’ilscrurent qu’il n’y avoit parmi les plantes, que cesdeux espèces qui fussent capables de se faire l’amour,6c même d’assez loin, a la vue l’une de l’autre. Lecélèbre Mr. de Tournesort , qui fut en Andalousie oùil y a des Palmiers, voulut vérifier ce qu’on avoitdit depuis si long-teins de leurs amours, mais il n’enput rien aprendre de certain, ( comme nous le ditMr. de Fontenelle dans l’éloge qu’il a fait de Mr. deTournefort ) ; 6c ces amours , selon le même Fonte-nelle , en cas qu’elles soient, sont encore mystérieu-ses. Voyez, t Article Datte , où vous trouverez ledévelopement de ce mystère.

Ces parties des Fleurs, dont je viens de parler,qui fervent k la génération des plantes, font envi-ronnées de pièces, que le vulgaire appelle Feuillesimproprement, mais que les Botanistes nomment Pé-tales , pour les distinguer des Feuilles de la plante, 6céviter par conséquent l’équivogue. Voyez. Feuille.

Les Petales, qui sont le plus souvent soutenus parun autre corps qui l’enyironne , qu’on appelle Cali-ce , font des parties de la Fleur qui ont deux usages;l’un est de préparer les sucs nourriciers 6c les sper-matiques, & l’autre pour défendre les sexes des in-jures de Pair , comme du froid , du serein, desbrouillards 6cc. dans le tems de leurs fonctions. C’estpourquoi on les voit se fermer dans la plùpart desplantes , au coucher du soleil, 6c se r’ouvrir a sonlever ; de jour la Fleur entière se tourne du côté dusoleil a proportion du besoin quelle a de sa cha-leur , ou de la force de ses rayons. Toute cette mé-canique est nécessaire dans leur ouvrage de féconda-tion.

Ces Pétales font de. deux ordres, 6c font par ladeux fortes de Fleurs , des monopétales 6c des poly-pe t ales. Les Fleurs de la première forte, sont cha-cune toutes d’une piécs, à celles de la seconde, de

F L E U R.' 45 £

plusieurs pièces ; 6c des unes 6c des autres, il y en ade régulières 6c d’irréguliéres. II y a encore unetroisième forte de Fleurs , qu’on nomme composées ,parce qu’elles ont dans un même calice , plusieursmonopetales, qui forment une espèce de disque cou-ronné de rayons, qui représente une figure , com-me un soleil. Ces monopétales sont distingués enFleurons 6c en demi-Fleurons.

Au reste c’est par le moyen des Fleurs que les Bo-tanistes d’aujourd’hui sont parvenus k une méthodeaisée de connoître toutes les Plantes de la Terre ,dont le nombre est prodigieux, suivant leurs diffé-rentes espèces ; 6c cela fans fatiguer beaucoup lamémoire. Le nombre qu’on en connoît, va en aug-mentant tous les jours, 6c jusqu’k présent ( 1741. )il se monte a près de 20 mille; au lieu que dutemsde Dioscoride a peine en connoissoit-on six cent.

Le système de Mr. de Tournefort , si on le retou-choit un peu , en reformant quelques endroits , estcelui qui paroit le plus naturel 6c le plus commode.II fait connoître 6c distinguer aisément les plantespar l'inspection de leurs Fleurs 6c de leurs fruits.,étant rangées par fa métode en classes 6c en genres :mais on devroit convenir fur ses principes une foisrectifiés , a en fixer les régies.

II est fondé, ce Système, fur seize sortes de Fleurspar rapport a leur forme 6c k leur structure, qui fontautant de classes ; 6c fous lesquelles on peut rangertoutes les plantes de la terre.

Pour en donner une légère idée, voici ces classes.

Fleurs monopétales ou à une piéce.

I e . Clajfe. Sont des Fleurs en Cloche k rai-Fson de leur figure vj'égu-

II. Sont des Fleurs en forme d’entonnoir -Ç liéres.

ou en rosette , ct

III. Ce sont des Fleurs en gueules, \ irréguliéres.

ou en masques. / comme

IV. Les Fleurs sont des tuyaux é- Vdans la

vases en deux lèvres, ce qui fait qu’on \ Sauge , leles nomme Fleurs labiées. ct Romarin.

Fleurs Polypétales ou à plusieurs pièces.

V. Les Fleurs font en croix, ou Crucifères, k rai-son de quatre pétales dont elles sont composées,comme aux Choux , aux Raves.

VI. Les Fleurs sont en'rose, ou Rosacées , com-posées de plusieurs pétales, comme la Rose.

VII. Fleurs disposées en Para- ? comme le Pe-so 1 , appellées Ombellifères. S nouil, 6cc.

VIII. Fleurs Caryophyliées, c’est-k-dire, de laforme d’un œillet.

IX. Fleurs Liliacées , parce quelles tiennent duLys, par leurs fleurs, leurs racines, ou oignons ,6c leurs fruits k semences. II y en a de Monopéta-les 6c de Polypétales.

X. Fleurs Papilionacées , k raison de leur figureen Papillon, comme aux pois, aux fèves, 6cc.

XI. Fleurs Anomales , ou k pièces irréguliéres ,comme la Violette.

XII. Fleurs a Fleurons , comme les têtes des Char-dons.

XIII. Fleurs a demi-feurons , comme dans la Lai-tue , la Chicorée , &c.

XIV. Fleurs Radiées , ou en soleil, comme leSouci , la Marguerite , Ùc.

XV. Fleurs k étamines , parce qu’elles n’ontpoint de pétales, 6c n’ont que le calice seul, commel’oseille, le blé, 6cc.

XVI. Plantes fans Fleurs, c’est-a-dire, qu’elles11e portent aucune fleur aparente comme dans lesprécédentes. Elles naissent d’une maniéré si imper-ceptible fur le dos de leurs feuilles, que les bonsmicroscopes ont peine de nous les faire paroître ;

comms

I