î4 t FOUG. FOUI.
ce, du moins ces parties ne paroissent jamais k sesyeux. Ce n’est pourtant que par ces seuls moyensqu’elle se multiplie , à la façon des autres plantes,dans les bois & parmi les rochers ombrageux, oùelle se plait ordinairement. Ces parties qui serventà leur propagation, iont si petites, qu’it faut debons microscopes, pour reconnoître leurs figures.J,e lieu de leur naissance ess toujours fur le reversdes feuilles de la plante, où elles forment des sil-lons élevés assez visibles, fur-tout par leur couleurroulsàtre ou brune.
-f C’est pour cette raison la que Mr. de Tourne -fort l’a mise a la tête des plantes de fa XVI e clas-se, qui ne portent ni fleurs ni semences qui soientà la portée des yeux d’une maniéré sensible.
-j- On en connoit i y sortes qui croissent en Europe.
-j- Le Pire Plumier , qui a été un grand Botaniste,en a donné 40 nouvelles espèces, dans son Histoiredes Fougères qu’il a obíèrvées en Amérique. II croîtà peu près les mêmes espèces dans les Indes Orien-tales. * M. Garcin. *
FOUIC. Plante ou arbrisseau, qui croît en di-vers endroits de France fans être Cultivé, & dontla feuille sert à teindre en noir. Cette drogue, quiest du nombre des colorantes, est commune auxTeinturiers du grand & petit teint. Elle ne peut seconserver qu’elle n’ait 11- cueillie en parfaite matu-rité : mais pour Temployer fur le champ, ou peu detems après, il n’est pas nécessaire qu’elle soit si meu-re. VoyezNoiK. ^
-j- Mr. Savary devoit avoir raporté quelqu’autrenom k cette plante, pour qu’on pût mieux savoirson espèce: car ce nom ne se trouve dans aucun Au-teur. Peut-être est-ce la Coriaria de Mr. Nijfolle ,Médecin de Montpellier, qui outre qu’elle sert quel-quefois aux Taneurs , íert aussi aux Teinturiers pourteindre en noir, selon le témoignage de Mr. Garideldans son Hijìoire des plantes dé Provence. Mr. Nijfollel’appelle Coriaria , ou Herbe aux Taneurs, parce qu’el-le a le même usage poUr apprêter les cuirs, que Théo-phraste , Diofcoride , Pline & la plupart des autres Au-teurs attribuent au Sumac-, qu’ils ont nommé Rhus Co-riaria , ou Coriarìorum. * Mémoires de lAcad. desSciences An. 17 í x.
FOUINE. Animal sauvage k quatre pies, de lagrosseur d’unchat, mais plus allongé, dont le poilest de couleur fauve tirant fur le noir, a l’exceptionde celui de la gorge qui est tout blanc.
Les Fouines font très communes en France : el-les habitent pour l’ordinaire les greniers & les gran-ges : & quoiqu’elles soient fort carnassières, ne serepaissant presque toujours que de poules, poulets,pigeons & œufs , dont elles font un grand dégât,leur fiente ne laisse pas d’avoir une odeur très agréa-ble , qui approche beaucoup de celle de la civette.
Ces sortes d’animaux se prennent ou avec despièges, ou se tuent a coups de fusil fur les toits desmaisons, & autres endroits où l’on s’apperçoit qu’ei-les vont. Les personnes de condition par divertis-sement les chassent avec des bassets, qui les vontchercher dans les greniers ou granges, & même jus-qu’aux faîtes des Eglises les plus élevées. Nicod citépar Furetiére , dit qu’il faut écrire Foine au lieu deFouine ; prétendant que ce terme vient de Foin, àFœno.
La peau de la Fouine, qui est la feule chosequ’on en tire pour le Commerce, fait une partie decelui de la Pelleterie ; étant propre, après avoir étébien passée & préparée, k faire diverses sortes defourrures , comme manchons , palatines , doublu-res d’habits, &c. Cette forte de pelleterie se met aunombre des pelleteries communes, qu’on nommeSauvagines.
11 se trouve dans la Natolie une forte de Fouine,dont la peau est fort estimée pour les belles four-rures , a cause de son poil qui est fin & fort noir.
fcoùl. FOUÊ M
ï-es peaux de Fouine de Natolie se consommentpresque toutes dans le Levant, mais fur-tout a Cons-tantinople, où il s’en employé quantité a faire desdoublures de vestes. Elies s’y vendent pour l’ordinai-re depuis 60 jusqu’a 70 aspres la peau j les yo aípresrevenant a un écu de 3 livres de France.
FOULAGE. Ondit en Normandie & en Picardie,Foulage & Sautage, pour signifier la façon qu’on don-ne au hareng blanc, en le pressant & ioulant dans lesbarils où on l’a pacqué. Voyez. Hareng.
FOULE. Terme de Manufacture de lainage,quise dit de la préparation des draps, des ratii.es , desserges & autres étoffes de laine qu’on leur donne enles foulant par le moyen d’un moulin, afìn de les ren-dre plus serrées, plus fortes, & d’un meilleur servi-ce. On dit : Cette piéce de drap s’est trop racourcie kla Foule: lien a tant couté poufla ï ouïe de cettepiéce de ratine. Voyez. Foulon.
Foule. Se dit aussi dans le même sens'a l’égarddes bas, des bonnets, & autres semblables ouvra-ges de bonneterie de laine, même des chapeaux.Les Chapeliers appellent Fouie ou Fouloire, uneforte de table fur laquelle ils foulent leurs chapeaux.Voyez. Fouier. .
Foule. Se dit aussi chez les mêmes Chapeliers,du lieu ou attelier où l’on travaille k fouier les cha-peaux. U saut porter ces chapaux a la Fouie. Ondit plus ordinairement Fouierie ou Batterie. Voyez,Chapeau.
FOULE’, E’E. Un drap foulé, une serge foulée,c’est un drap ou une serge qui a passé par le mou-lin k foulon. Ainsi l’on dit : <^e drap est trop foulé,pour dire , qu’il a été trop long-tems dans ia pile dumoulin : Cette serge n’est pas assez foulée, pourfaire entendre, qu’elle n’y a pas resté un tems suffi-sant. Les étoffes de laine ne doivent être ni trop, nitrop peu foulées.
Foule’e. C’est aussi un terme de Chamoiseur*qui signifie un certain nombre de peaux de mou-ton ou de chèvre , auxquelies on a donné l’hui-le, & qu’on a mises par pelotes, pour les faire pluscommodément fouler dans ia pile du moulin k louion.
Chaque Foulée est ordinairement composée de20 douzaines de peaux, & chaque pelote est for-mée de 4 peaux. Voyez Chamois , à ('endroit ost ilest parle de la manière de préparer ou pajjer les peauxde mouton en huile, autrement dit , en chamois.
FOULER. Signifie presser quelque chose, pourle rendre plus fort, plus ferré, ou pius ferme.
On fouie les draps, les ratines, les serges ,autres testes étoffes de laine dans des moulins k fou-lon. Voyez Foulon.
Les chapeaux se foulent M une table qu’on nom-me Foule ou Fouloire, avec l’instrument qu’on nom-me un Roulet, qui est une espèce de gros & longfuseau. La Foule des chapeaux fêtait avec seau chau-de & la lie de Vinaigrier ^c’est-'a-dire, ia lie léchéque les Vinaigriers vendent en masse, ('oyez Cha-peau , ost st on parle de la manière de tes fabriquer.
On foule les bas, les bonnets, & les autres ou-vrages de bonneterie, ou avec les niés, ou avec lesmains, fur des espèces d’inssrumens ou machines ,qu’on nomme des Râteliers, qui í'ont faits ou toutde bois avec des dents de la même matière , ou debois armé de grosses dents de bœuf ou de cheval.
II n’est pas permis aux Marchands Bonnetiers defaire fouler leurs marchandises autrement, &. il estdéfendu aux Fouleurs de draps de les recevoir dansleurs moulins pour les fouler.
Les ingrédiens dont dn se sert ordinairement pourfouler & dégraisser les ouvrages de bonneterie , fontle savon verd , le savon blanc & la terre. On y em-ployé aussi quelquefois de surine ; mais elle est défen-due par les Réglemens de la Bonneterie.
II faut observer que les ouvrages au métier ne doi-vent être foulés qu’avee le savon : & qu’a l’égard
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