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Tome 2.
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íjíg G A LI. G A L L.

raine : elle s’apporte présentement de Hollande & setire de Strasbourg, elle s’y fait plus parfaitement qu’cnaucun autre lieu : celle de France néanmoins enapproche beaucoup, quoiqu’elle soit plus blanchâtre,qu’elie ait plus d’odeur & moins de corps. La vrayeHollande la plus blonde & la moins remplie d’eau,est celle qu'il faut choisir. Outre quantité d’ouvriersqui s’en servent, elle est d’usage en Médecine à cail-lé de sa qualité attractive.

La Poix résine est encore du Galipot "cuit jusquesa certaine consistence. Voyez, Poix.

Le Bray sec ou Arcanson n’est auffi que le Galipotpréparé & presque brûlé. Voyez. Arcanson.

Ensin la Poix noire, soit qu’elle soit dure, soitqu’elle soit molle, n’est pareillement que du Gali-pot mêlé avec du Goudron ou tare, qui lui donnela couleur noire qu’elle a. Voyez. Pois.

Le Galipot ou gros encens que le Tarif de Lyon ap-pelle aujji Garibot, paye les droits de la Douane decette Ville à raison de y s y. d. le quintal, tant d!an-cienne que de nouvelle taxation, & encore 12s. pourles anciens & nouveaux quatre pour cent.

Les droits d!entrée fixés par le Tarif de 1664. fontde 12 f du cent pesant.

Galipot de l’Amerique. Gomme ou résinétout-k-fait semblable au Galipot d’Europe, k la ré-serve qu’elle n’est pas d’une si mauvaise odeur. L’ar-bre d’où coule cette gomme est très grand ; le boisen est blanc & les feuilles asséz semblables k cellesdu laurier, mais beaucoup plus grandes : il est si ré-sineux , qu’il y en a qui rendent jusqu’a jo livresde gomme. Quelques Epiciers-Droguistes vendentce Galipot tantôt pour gomme Elemy , quelquefoispour gomme Animé, & souvent pour gomme Ta-camahaca ; mais toujours très mal k propos, fous le-quel de ces trois noms qu’ils le déguisent, n’ayantrien des qualités de ces gommes, & comme on l’adit, n’étant qu’un simple Galipot.

GALLE, ou GALE. Voyez, Jatte.

Galle , ou Noix de Galle. Drogue propreà la teinture & a quelques autres usages.

La noix de Galle est une forte de fruit, ou plutôtd’excrescence qu’on trouve sur cette espèce de chê-ne qu’on nomme Rouvre , du mot Latin Robur : cen’est pas qu’il ne s’en trouve fur les autres chênes ;mais elle y est plus rare & moins propre a la teintu-re que celle qùi croît fur le rouvre : On n’en trouvepoint dans les pays froids.

-f- La noix de Galle fe forme fur les tendres ra-meaux , ou les queues des Feuilles de Chênes, parla piquure d’un Insecte qui y dépose ses œufs, com-me dans une matrice ; ensuite la Galle étant devenuegrosse & desséchée, il y naît un ou plusieurs versqui fe convertissent en Nymphes , & puis en Mou-cherons , qui s’ouvrent un passage au travers de laGalle, que l’on volt aisément dans celles qu’on venddans les boutiques. Ces noix qui croissent au com-mencement de Tété font bientôt percées, parce quele tems chaud a avancé l’œuf, la nymphe & la mou-che. * M. Garcin.

f Mr. Reneaume de l’Academie Royale des Sci-ences de Paris , a trouvé que la Noix de Galle étoitUn bon fébrifuge. Voyez P Histoire de lancine Aca-démie année 1711. fous le titre de nouveau Fébrifuge.Le célébré Malpighi a fait un Traité de Gallis.

f C’est fans raison qu’on leur a donné le nom denoix. II est vrái qu’elles ont une forte de noyau , &qu’on les recueille fur un arbre : mais elles n’ont qú’u-ne fausse apparence de noix ou de fruit, fans être nil’unni l’autre. II n’y a presque point déplanté quine soit de même piquée par un insecte, & qui neproduise de ces prétendues noix de toute couleur &de toute grandeur. II y a des arbres dont les feuillesen font toutes parsemées ; mais on ne leur a pointdonné de nom , parce qu on n’en fait point d’usage.

Les meilleures noix de Galle font celles du Le-

GALLE. síH

vant, sur-tout celles qui viennent de Smyrne, d’A-lep & de Tripoli : la Galle de France, qu’on trouveen Gascogne & eri Provence , leur est beaucoup in-férieure , étant ordinairement rougeâtre, legére &toute unie, au lieu que ceste.de Tripoli (k d’Alepest pesante & épineuse ; ce qui lui a donné le nomde Galle à Vépine , pour la distinguer des Galles depais.

Les noix de Galle du Levant font de trois fortes;les unes noirâtres, les autres tirant fur le verd, &les troisièmes a demi blanches.

Les Teinturiers s en servent selon leur qualité jles vertes & les noires k teindre en noir, & lesblanches pour teindre les toiles. A l’égard des Gal-les legéres ou de France, qu’on nomme auffi Casse-nolles , elles s’employent par les Teinturiers en foiepour faire le noir écru.

L’encre fe fait auffi avec des Galles noires ou ver-tes j ce font encore ces fortes de Galles qui entrentdans la composition du noir des Courroyeurs & au-tres Ouvriers en cuir.

Les Galles d’Alep viennent en balles longues &étroites, & celles de Tripoli ou de Smyrne en bal-les grosses & courtes, dont la toile est ordinairementrayée ; ce qu’il faut remarquer quand on les achèteen gros, parce que la noix de Galle d’Alep l’empor-te d’excellence fur celle de Tripoli: les meilleuresfont celles qui viennent de Mozoul fur le Tigre,éloignée d’Alep de 12 a i<? journées. On doit auffiprendre garde qu’elles ne soient point remnlies dépoudre ou d’autres corps étrangers : les légéres &percées ne font pas bonnes. Voyez P Article du Com-merce dAlep.

O11 peut tirer de Smyrne environ 10000 quintauxde Galle par an, qui ordinairement font presque tousenlevés par les Angiois ou Hoilandois.

Les Turcs ont une efoéce de noix de Galle,quiest rougeâtre, de la grosseur d’ure noisette; ils lanomment Bazgendge : c’est cette Gille qu’ils mêlenta la cochenille & au tartre pour faire une partie deleur écarlate. Ce fruit est fort rare & fort cher enFrance, ce qui fait qu’on ne s’en sert point. ,

Par le Tarif de lôó j. toutes sortes de Galles payentde droits d entrée en France j o J. le cent pe’ant.

Les droits de la Douane de Lyon fe payent suivantla qualité des Galles & les différens lieux doit on lestire.

Toutes fortes de Galles , tant grosses que moyennes ,payent 16 f. du quintal , tant pour Pandémie que pourla nouvelle taxation , & encore 2\f pour les anciens &nouveaux quatre pour cent.

Les Galles légéres de France 3 f .9 d. du quintal pourtout droit.

Et les Galles légéres étrangères 7 f 6 d. d ancienne Ó"nouvelle apréciation, & 5 f d anciens & nouveaux qua-tre pour cent.

Les Galles font auffi du nombre des marchandises duLevant , fur lesquelles on léve vingt pour cent de leurvaleur dans les cas portés par P Arrêt du 15 Aout1685.

Les noix de Galle font du nombre des droguesqui font communes aux Teinturiers du grand & dùpept teint ; cependant les premiers ne doivent s’enservir que lorsqu ils en ont besoin pour quelque lé-gère bruniture, & quand il leur est difficile d'as-íortir aufrement leurs nuances : il ne leur est pasnéanmoins loisible de diminuer pour cela le pié né-cessaire k ces sortes de teintures , qui doit êtretoujours auffi fort que celui des échantillons ma-trices.

A l’égard des Teinturiers du petit teint, ils fontune grande consommation de cette drogue , a cauíéde l’a'chévement des noirs , qui est proorement leurpartage, & qui se fait en partie avec la Galle.

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