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Tome 2.
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66i GX ACE.

6e ìa Fere, que la proximité d’une grande forêt &6e la. rivière d’Oyse qui descend a Paris, rendoitplus commode pour lexécution de la fabrique &pour í’épargne de la dépense.

Ce changement ayant fait appréhender au SnThevart , & a fa Compagnie , qu’on ire les inquié-tât fur divers privilèges &. exemtions qui. leur a-voient été accordés, mais qui n’étoient pas suffi-samment expliqués dans les Lettres Patentes, ils sol-licitèrent & obtinrent un Arrêt du Conseil du moisde Février 1693. en forme de Lettres. Patentes, parlequel tout lefdits Privilèges & exemptions, aprèsavoir été énoncés en détail, leur font de nouveauconfirmés. ... .

II fembioit que les deux Manufactures des Glacesayant un objet si différent, Tune ne devant faireque des Glaces íoufiées au dessous de 60 pouces, &1 autre feulement des Glaces coulées au dessus de cet-*te grandeur, elles ne dévoient fe porter aucun pré-judice f une à l’autre ; mais l’expérience ayant faitconnoître le contraire , 8. M. jugea k propos d’enfaire la réunion j ce qui fut exécuté pat un Arrêtdu Conseil du 19 Avril 1695'. & des Lettres Paten-tes du ier Mai ensuivant.

Par cet Arrêt & les Lettres données en consé-quence, les Privilèges des deux Compagnies ayantété révoqués pour le tems qu’il en reiloit à expirer,S.M. déclare qu'k l’avenir, k commencer du ierMaí,il n’y auroit plus qu’uue feule & unique Manufactu-re de Glaces, fous le nom de François Flafirier , quiferoit régie par ceux des anciens & nouveaux In-téressés , ou autres qui feroient nommés par 8. M.fans que néanmoins les uns & les autres pussent êtretenus des dettes contractées pour chacune desditesManufactures.

Le Privilège accordé k la Compagnie de Plaflrierest de 30 années ; 8. M. lui confirmant au surplustous les droits, exemptions & prérogatives accordéesaux deux premières Manufactures.

Dans la même année-1695'. les Intéressés a la nou-velle Compagnie obtinrent encore un Arrêt du Con-seil & des Lettres Patentes du x í Octobre, en inter-prétation de l’Arrêt ìk des Lettres de leur réunion.C’est par cet Arrêt en interprétation, & les Lettresdonnées en conséquence, que S. M. faisant droitsur supposition des six Corps des Marchands de Pa-ris, fur celle des Marchands Miroitiers-Lunetiersde la même Ville, & encore fur celle de la plupartdes Maîtres des verreries du Royaume , régie ce quiconvient au commerce des uns & des autres parraport a celui des Glaces, & au dernier privilègeexclusif accordé k la Compagnie par les Lettres du• mois de Mai 1697.

On peut voir ailleurs un autre Arrêt de Règle-ment entre la Compagnie des Glaces &les Mar-chands Miroitiers. Voyez Miroitier.

La protection de la Cour tant de fois renouvel-les a la Compagnie des Glaces n’ayanr pû encorela soutenir, enforte même qu’elle avoir été obligéeen 1701. d’éteindre une partie de fes fours, & d’ob-tenir un Arrêt de furféance pour le payement de fesdettes pendant deux ans, son privilège fut de nou-veau révoqué, & un autre de 30 années accordé aune nouvelle Compagnie fous le nom d’Antoine &’A-gincoun , au mois d’Octobre 1702. C’est celle qui, subsiste a présent, & qui paroit remettre en réputa-tion & son crédit & la fabrique des Glaces de Fran-ce, par les grands fonds qu’elle a faits, par son ex-trême économie , par son application k la régie defes manufactures & de son commerce, par fa pru-dence a ne point faire d’emprunts inutiles & ruineux,& nar son exactitude k payer fes dettes.

Cette dernière Compagnie obtint de Louis XIVdes Lettres Patentes en interprétation & confirma-tion de fes privilèges au mois de Janvier 170Ó. &

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epcore depuis une confirmation générale de son pri-vilège de Louis XV du 6 Août 17x8. enrégiíhéesau Parlement le 2 Septembre ensuivant, & a ìa Courdes Aydes ìe 9 Février 1719.

- Avant de finir cette elpéce de détail historique derétablissement de la manufacture des Glaces en Fran-ce , 011 croît devoir remarquer que les Ouyriers ;quifurent congédiés en 1701. passèrent dans les Paysétrangers, où ils tentèrent d’établir des fabriques deGlaces coulées k la manière de France, mais fausaucun succès ; ayant été obligés de revenir travail-ler dans les manufactures Françoises, depuis que laCompagnie d’Agincourt eut rétabli & même augmen-té fes fours k 8. Gobin & a Cherbourg.

Une partie de ces mêmes Ouvriers s’étoient aussiretirés dans la Principauté de Dombes, où fous. laprotection de M. le Duc du Maine ils firent quelqueétablissement ; mais les Compagnies qui les faifoiehttravailler s’étant endettées de plus de 800000 liv.furent obligées de quitter ['entreprise, fur-tout aprèsqu’en 1708. Louis XIV leur eut refusé la faculté defaire entrer & débiter leurs Glaces dans le Royaume,quoiqu’elles eussent eu le crédit d’obtenir que leursmémoires feroient examinés par des Commissairesdu Conseil.

De la fabrication des Glaces à miroirs ; premièrementdes Glaces foujlêes à la maniéré de Venise.

Les matières dont on fait les Glaces de miroirs ,font la soude & le fable.

Le fable se trouve en France près de la petite Vil-le de Creil, où il se tire d’une carrière , & d’où ilse transporte dans des sacs k 8. Gobin & k Cher-bourg. A I’égard de la soude, c’est l’Efpagne quila fournit, ne s’empioyant que de la soude d’Ali-cante dans ces deux manufactures des Glaces. Otxparle ailleurs de cette soude. Voyez Soude d’Ali-

CANTE-

II est rare que les soudes d’Efpagne soient tout-a-fxit pures ; les Espagnols en brûlant i’herbe de ha-rdie , dont elle devroit seulement être faite, ayantcoutume d’y mêler de la bourdine , autre espèced’herbe qui en altère la qualité, ou d’y ajouter dusable pour en augmenter la pesanteur ; ce qu’ondécouvre néanmoins allez aisément, quand le sablén’y a été mis qu’après la cuisson de la soude ; maisqu’il est impossible de démêler , iorfqu’011 l’y a misquand elle est en bouillie. C’est de ce mauvais mé-lange que viennent les fils du verre & ces autres dé-fauts qui gâtent les Glaces, & qui en diminuent labeauté.

Quand la soude a été bien nettoyée de tous lescorps étrangers qui peuvent s’y trouver , on la con-casse d’abord dans des moulins k pilons , & ensuite011 la passe dans un tamis raisonnablement fin. .

A l’égard du sable, on le tamise & 011 le lavejusqu’k-ce que seau en sorte bien claire ; & quandil est bien sec, on le mêle avec la soude tamisée, enles faisant passer ensemble par Un nouveau tamis ;après quoi on les met dans le four k recuire, où ilsdoivent rester environ 8 heures, c’est-h-dire, jus-qu’k-ce que la matière soit devenue blanche & lé-gère. La soude & le sable en cet état se nommentdes Frites , qu’on conserve dans des lieux bien secs& bien propres , pour les laisser prendre corps ; ( lesplus vieilles étant toujours les meilleures ) : aussi nes’en sert-on guéres qu’après qu’on les a laissé repo-ser un an entier, a moins qu’on ne manque dematière.

Quand on veut se servir des frites , on les repas-se quelques'heures dans le four, & l’on y mêle descassons de verre provenant des Glaces mal faites &des rognures, en observant de faire auparavant cal-ciner les cassons , c’est-h-dire, de les faire rougir

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