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Tome 2.
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GLACE.

dans un fourneau, & lesjetfer tout rouges encoredans de seau il faut auffi y mettre de la maga-laise pilée pour les aider a fondre, & de l’azur pouren ôter la rougeur.

Cette matière est également propre aux Glaces toa-stées & aux Glaces coulées.

Les atteliers des manufactures des Glaces font desespèces de grandes halles couvertes, tous lesquellesfont disposés les différeras fourneaux nécessaires pourla préparation des frites, pour la fonte du verre , &pour la recuite des Glaces. On en parlera plus basdans le paragraphe des Glaces coulées; remarquantseulement que les halles a couler les Glaces fontbeaucoup plus vastes que celles destinées a les fou-fler. II y a deux halles k fouster dans la manufacturede 8. Gobin, & trois dans celle de Tourlaville.

On peut voir a l’endroit indiqué la maniéré de bâ-tir & de chanter les fours , la terre qu'on employéà leur construction , & celle qui est propre a faireles pots ou creusets, dans lesquels on fait la fontedes matières.

Les pots a fondre les matières destinées au tbu-stage des glaces ont 37 pouces de diamètre, & 34de hauteur. Après que ces matières font cristalliséespar f ardeur du feu, & que le verre est affiné , leMaître Ouvrier le prend avec la selle, c'est-à-di-re , avec une espèce de canne ou de sarbacane defer ; & après qu’il l’a suffisamment chargée, ce qu’ilfait a plusieurs reprises, il monte fur un bloc, ouespèce d'estrade de bois, haut d’environ cinq piés,pour lui donner avec plus de facilité le balance-ment qui l’allonge k mesure qu’il la foufle.

Si fouvrage est trop pesant pour que le Verriersoutienne seul fa selle, deux ou plusieurs Compa-gnons lui aident, en passant des morceaux de boispar dessous la glace, k mesure qu’elle s’avance, crain-te que fans ce secours elle ne se détachât de la sellepar son trop grand poids.

Lorsqu’après plusieurs chaufées la glace est enfinparvenue k la longueur que demande & son épais-seur & la quantité de matière qu’on a prise, on lacoupe avec des forces k l’extrémité opposée k la sel-le ; & c’est de ce côté-lk qu’on la pointille, afin dela pouvoir chaufer & élargir de l’autre côté.

Le pointil est une longue & forte verge de fer,à l’un des bouts de laquelle il y a une traverse auffi(de fer, qui avec la verge forme une espèce de T.Quand on veut pointiller la Glace, on enfonce lepointil du côté de la traverse dans un des pots kcueillir ; & avec le verre liquide qu’on en rapporte ,cn l’attache par les deux bouts de cette traverse, kl’extrémité de la Glace qui a été coupée.

Lorsque le pointil est suffisamment assuré, on sé-pare de la selle i’autre extrémité de la Glace; & l’onse sert du pointil au lieu d’elle pour la porter auxfours destinés k cet usage, où par plusieurs chaulesqu’on lui donne on achève de l’élargir égalementdans toute fa longueur. C’est après cette façon qu’oncoupe la Glace avec des forces, non-seulement ducôté qu’ellè a tenu k la selle, mais encore dans tou-te la longueur du cylindre qu’elle forme ; afin qu’a-yant été encore suffisamment chaulée, on puisse par-faitement l’ouvrir, l’étendre & l’applatir ; ce qui sefait a peu près comme au verre de Lorraine ; cequ’on ne repérera pas ici. Voyez. Verre.

Enfin quand les Glaces font applaties, on les metrecuire dans des fours qu’on nomme des Estrigues ,où on les dresse k mesure qu’on les y met ; & quandles estrigues font pleines, on en bouche l’ouverture.

Les Glaces font 10 ou i; jours k se recuire, sui-vant leur volume & leur épaisseur.

Il faut remarquer que les Ouvriers travaillent con-tinuellement, & qu’ils fe relayent de six heures ensix heures pour fouster le verre, jusqu’k-ce qu’ilsayent vuidé les pots; après quoi on les cure, & l’on

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y fait un nouvel enfournement, qui dure, avant d’ê-tre affiné , près de trois jours, les Ouvrîtes cessantpendant ce tems-lk de fouster.

Les Glaces soustées pour être parfaites, ne doi-vent pas avoir au dela de 45 a jo pouces de hauteurfur une largeur proportionnée. Celles qui passent cevolume, comme on l’a souvent remarqué dans lesGlaces de Venise, ne peuvent avoir assez d’épaiíseurpour soutenir le dégrossi, étant sujettes a se coffi-ner; ce qui les empêche, quand elles ont été misesau teint, de rendre régulièrement les objets.

Maniéré de faire les Glaces de grand volume , qu’onnomme autrement Glaces coulées.

C’est dans le Château de S. Gobin situé dansla forêt de la Fere, de l’Election de Laon dansle Soissonnois , que fe font ces sortes de Glaces.

L’invention en est toute Françoise , & n’a gué-res que 50 années d’antiquité ; le Sr. Abraham Ihe-vart n’ayant obtenu le privilège pour rétablissementde la manufacture des Glaces coulées qu’en 1688.comme on le peut voir au commencement de cetArticle.

Les fours destinés pour fondre les matières pro-pres k cette fabrication , font, pour ainsi dire , d’u-ne grandeur énorme ; & ceux pour faire recuire lesGlaces quand elles ont été coulées, le font enco-re davantage. Autour d’un four a couler il fautau moins 24 fours a recuire , qui doivent êtrelongs de 20 a 24 piés : on les nomme des Car-quaifes ; chaque carquaise a deux tissarts & deuxcheminées. Les tijsarts font les ouvertures des four-neaux par où l’on y met le bois pour y entretenir lefeu.

Outre ces fours k recuire , il en faut encore d’au-tres a faire les frites, & k calciner les cassons deverre.

Tous ces fourneaux font couverts d’un grand ap-pentien forme de halle, assez semblable k celle oùse tient k Paris la foire de S. Germain. Outre cet ap-penti, il faut encore pour le service de la manufactu-re de vastes magasins, pour mettre sèchement & acouvert les pots, les cuvettes , les tuiles, les terres afaire les pots : des chantiers spacieux pour y amassertoutes sortes de bois : des forges & des atteliers pourles Menuisiers, les Charrons, les Charpentiers & lesMaçons, qui font fans cesse occupés pour la cons-truction ou l’entretien des machines, des fours &des bâtimens de la manufacture : enfin des logemenspour tous ces Ouvriers, & pour ceux qui travaillentaux Glaces , ou a entretenir un feu continuel dans legrand fourneau a verre : ensorte qu’un établi com-me celui de S. Gobin , paroît plutôt une petite villequ’une manufacture.

Le dedans des fours a Glaces, & ce qui en formele glacis, est bâti d’une terre qu’on nomme Terrede la Belliévre , du nom du lieu d’où on la tire, quiest près de Forge en Normandie. C’est auffi de cetteterre dont on fait les pots & les cuvettes ; n’y ayantqu’elle qu’on ait trouvé jusqu’ici qui puisse résisteral’ardeur d’un feu auffi vif que celui qu’on entretientdans les fours.

Pour l’employer, on l’épluche d’abord en'grospour en ôter tous le^corps étrangers un peu considé-rables, puis on la casse pour l’éplucher miette k miet-te , après quoi on la réduit en poussière pour la pas-ser au tamis.

Les fours ne durent ordinairement que trois ans,& doivent après cela fe rebâtir k neuf & de fond encomble ; mais pour les bien entretenir, il faut enraccommoder le dedans tous les six mois.

Les pots a verre font presque de la grandeur d’unmuid, & contiennent plus de 2000 pesant de ma-tière. A l’égard des cuvettes, elles font beau-coup