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Tome 2.
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GLACE.

coup plus petites , & fervent a transporter le verreliquide , qu’on puise dans les pots jusqu’k la têtedes tables a couler. Elles ont 36 pouces delong 1 & 17 pouces de haut fur 17 pouces de, large.

Quand le four est en état de recevoir les pots &les cuvettes, on le rougit & on l’éçhaufe : on rem-plit ensuite les pots des matières préparées; ce qu’onfait a trois fois, afin d’en faciliter la fonte. Lors-que le verre est suffisamment fait, affiné & reposé ,ee qui arrive ordinairement en aqheutes, on en rem-plit tes cuvettes qui font dans le même four, où onles lailse encore environ six heures pour le faire re-venir , c’est-a-dire , jusqu a ce que les cuvettes pa-ra istent toutes blanches par la grande ardeur du feu.Les cuilliéres qui fervent a furvuidèr le verre fontde cuivre.

Pour faire le transport des cuvettes jufqu’aux ta-bles a couler, & pour les tirer du four, 011 se sert d’u-11e eipéce de grand lien de fer , qui s’ouvrant & fefermant avec des couplets & des fiches , fe met faci-lement au deifous d’un large & épais ourlet fait dela méme terre que les cuvettes, que le Potier á euloin de réserver a leur ouverture. Du milieu de cehen de chaque côté sortent deux gros & forts bou-lons aussi ae fer , par lesquels a l’aide de quelquesmoufles ou poulies on élève les cuvettes , òc on lespiace fur une forte de chariot d’une hauteur conve-nable , qui les conduit jufqu’auprès de la tableoù la Gtace doit être coulée : la en levant le culde la cuvette * dont le haut est suspendu fur ses bou-lons , & en lui faisant faire ce qu’on appelle la Bas-cule , il en fort un torrent de matière toute en feu,qui couvre bien-tôt la table qu’on a préparée a cetester.

La table a couler est de fonte, longue dé plus décent pouces, & large à proportion. Son poids le plusordinaire est depuis 12 jufqu’k i; milliers. Elle estportée fur un châssis de bois, au deifous des piesduquei font des roulettes, afin de la conduire de-vant chaque c arquai fe ou four a recuire, à mesurequ’eiles fe rempiistent.

Pour donner de l’épaisteur dux Glaces, on posefur les bords de la table deux tringles de fer, furlesquelles on appuyé par les deux bouts un rouleaude fonte qui sert a conduire Je verre liquide jusqu’aubout de cette espèce de moule. Les tringles de ferqui font mobiles, & qui Rapprochent ou s’éloignenta volonté, déterminent la largeur des Glaces, &retiennent la matière, crainte qu’elie ne s’échapeinégalement des deux côtés. i ;

Auísi-tôt que la matière est párvèniiè .au bout dela table , & que la Glace a prisassez ; de'confidence,ce qui fe fait dans un peu plus d’ùne minute, on lapouste dans la carquaife, où en 1 imitant l’ondula-tion de l’eau elle glisse assez aisément, à cause dusable chaud dont on a pris loin auparavant d’en cou-vrir Pâtre. . -

Ce qui est de plus surprenant est fans doute lâpromtitude & l’adresse avec lesquelles ces cuvettessi pesantes, & remplies d’une matière si ardente, fetirent du fourneau, fe conduisent vers la table, feversent dessus, & que le verre qu’elies contiennents’y étend avec lé rouleau; cette vitesse étant si gran-de , qu’a peine on peut en croire ses yeux, quandon a vû cette* surprenante fabrique.

A mesure que les cuvettes fe vuident, on les re-porte au four , où l’on en prend de nouvelles qu’oncoule de même que les premières ; ce qu’on faittant qu’il y á des cuvettes pleines, mettant danschaque carquaife autant de Glaces qu’il en peut te-nir , & les bouchant auffi-tôt qu’elles font remplies,pour laisser recuire & refroidir les Glaces; ce quidemande au moins dix jours.

La première coulée étant faite, on en prépare

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une seconde, en remplissant de nouveau les cuvet-tes de la matière qui reste dans les pots ; & encoreune troisième, & même une quatrième, jufqu’àce que les pots soient épuisés ; ce qui dépend dePépaisseur & du volume des Glaces qu’on veutcouler.

A chaque coulée les cuvettes doivent rester aufour pendant six heures, afin de les blanchir; & látable doit être menée devant une seconde carquaife*qu’on remplit, & qu’on bouche comme la premiè-re. On ne croit pas nécessaire d’avertir que les car-qu'aises, ou fours k recuire, ont été auparavant chauf-fées au degré de chaleur qui leur convient.

Quand les pots font épuisés, on les cure auísi-bien que les cuvettes, pour en ôter le reste du ver-re, qui verdiroit a force de feu, «Sc qui gâteroit lesGlaces ; après quoi on prépare une autre fonte.

La maniéré dont on tife les grands fours, c’est-à-dire , dont on les chaufe , est singulière. Le liseurtout nud en chemise court autour du four fans s’ar-rêter, & ne va gue'res moins vîte que le plus légerCoureur ; en passant il prend deux billettes, c’est-a-dire , deux morceaux de bois coupés de certainelongueur, qu’il pousse dans le premier tissart, &continuánt fa course , il en fait autant dans le se-cond; ce qu’il recommence sans cesse pendant lessix heures que dure ce pénible travail ; après quoiil est relevé par tin autre liseur, & ainsi successi-vement , tant qu’on veut entretenir lë feu du four-neau.

II est étonnant que deux aussi petits morceauxde bois, & qui font consommés en un instant, puis-sent échaufer les fours, & conserver leur chaleurau point qu’elle doit être ; cependant elle est si gran-de , qu’en moins d’une demi-minute une grosse bar-re de fer mise à l’entrée des ouvreaux, est toute

rouge.

On fe sert de trois sortes de bois dans les manu-factures des Glaces ; savoir de billettes , qui fontde charme ou de hêtre, de marlots qui font de grosbois , & de bois de charbonnage. Les billettes fontplus menues que le bois des cotterets ordinaires, &ont 22 pouces de longueur. Comme elles doiventêtre tres-féehes * à cause qu’elles fervent aij fourdu foufiage & au four k couler , non-féulementon les coupé au décours de Février au plus tard,mais encore on achève de les sécher fur un plan-cher k claire - voie qui est ménagé au dessus'ïdesfours ; aussi peut-on dire qu’elles brûlent comme desallumettes.

On estime que pour mettre un four ein état de cou-ler , il en conte plus de l'jooo écus T & qu’il ne fautpas moins de six mois pour en construire un aneuf, & trois mois pour le raccommoder. On comp-te aussi que lorsqu’un pot plein deynatiére jfe çaffe.*la. perte de la matière & du téms monte a plus dé1000 écus. ' ' ...

La Glace au sortir du four à recui.ré.n’k plus be-soin que de poliment * & ensùite J d’être mise áu teint,si elle est destinée a en faire un miroir ; ce qiii ne fefait qu’a Paris, où les Glaces fopt envoyées brutes,*pour éviter une partie de la perte &. des risques, sielles fe caffoient en chemin.

On parlera du poliment des Glaces & dé la ma-nière de les mettre au teint, après qu’on aura ajoutéici un état des dépenses , k quoi peut revenir J’en-tretien d’une manufacture de Glaces furjç pie. décelle de S. Gobin. . ., q. ; „ ' .

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