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Tome 2.
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JLu

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GLACE.

G L A C

668

Etat de la dépense d 1 une manufaÛure de Glaces.Un four a couler consomme

en dix-huit mois 6553 cordes debillettes, ci ....

6553 cordes.

En bois de charbonnage, .

2457

Un sourde fouflage en billet-tes par chaque année, . .

2000

En marlots ou gros bois, .

1000

Pour les fourneaux a frites ,aussi par chacun an,

1000

En marlots pour chaufer lesOuvriers , les Employés & leursménages..

400

Total de toutes sortes de bois,

13410

En soudes,

1500000 pesant.

En fable,

2000000

De la terre de Belliévre, pourplus de ...

15000 livres.

Et en fraix de régie, voitures,salaires d’Ouvriers, constructionde fours & de bâtimens, & au-tres dépenses, plus de

400000 liv.

Poliment des Glaces.

Le poliment des Glaces est une chose curieuse ;& il est surprenant qu’une matière aussi fragile quele verre, & réduite a une st foible épaisseur, puissesoutenir cette façon sans se briser en mille pièces.

Ce poliment consiste en deux choses ; savoir auDégrossi , qu’on nomme aussi Adouci, & au par-fait poliment, dont les opérations font différen-tes.

La Glace brute qu’on veut dégrossir se pose hori-zontalement, c’est-à-dire, de plat & parallèle a l’horizon, fur une forte pierre de liais en forme de ta-ble , grande suivant le volume de la pièce. Pourmieux l’aftèrmir en cet état, elle íe scêle avec de bonplâtre, ensorte que Teffort des Ouvriers & le poidsde la machine dont on se sert ne puissent ni l’ébran-ler, ni la déplacer. Pour soutenir la pierre, il y a unfort châssis de planches , posé sur trois tréteaux : cechâssis, qui est de quelques pouces tout autour pluslarge que le liais, s’appelle le Banc.

La machine a dégrossir a pour première pièce, qui,pour ainsi dire, lui sert de base & de fondement, uneautre Glace brute, mais de moindre volume, & apeu près de la moitié de celui des Glaces de dessous.Sur cette Glace supérieure est posé ce qu’on appellela Table, qui est véritablement une table de bois,fous laquelle est seêlée aussi avec du plâtre cette se-conde Glace. Csest fur cette table qu’on met lespoids nécessaires pour rendre le frotement plus vif,& qu’est attachée, par le moyen de quelques chevil-les , la roue qui donne le mouvement a la Glace.

Cette roue, qui a au moins six piés de diamètre,est composée de bois fort, mais léger : deux Ou-vriers opposés l’un a l’autre la poussent & la retirentalternativement , ou bien, quand fourrage le de-mande , lui donnent un mouvement en rond. C’estpar Ce continuel frotement des deux Glaces qu’eliess’uscnt mutuellement, a l’aide & par le moyen del’eau Sc de divers sables qu’on met entre deux. Cessables sont d’un grain plus ou moins gros , suivantque l’adouci s’avance. On en change de trois sortes :on se sert aussi à la fin de gros émeril.

II faut remarquer que le frotement de la Glacede dessus étant plus fort, â cause du poids qu’ellesupporte , il lui faut moins de tems pour s’user , Scqu’il en faut changer au moins deux fois, avant quecelle de dessous soit aussi avancée. On comprend as-sez , sans qu’on le dise, que les Glaces dégrossies

d’un côté, se dégrossissent de f autre de la mêmemaniéré.

Ce ne font que les Glaces de grand volume qui«'adoucissent a la roue ; & l'on se sert de ce qu’onappelle des Moilons pour l’adouci des médiocres Scdes petites.

Ces deux sortes de Glaces le posent de même queles grandes , & se seêlent fur la pierre de liais, uneà chaque coin, ou deux seulement aux deux bouts,suivant leur volume. Un seul homme conduit cha-que moilon, c’est-à-dire , une pierre aussi de liais,au dessous de laquelle est attachée une Glace brute ,

Sc qui par dessus est chargée d’un moilon fort pesant.La pierre de liais s’appelle le Moilon d’assiette , ôzla pierre commune, Moilon de charge. Aux quatreangles de cette dernière font quatre boules ou poi-gnées de bois , qui servent à l’Ouvrier a donner lemouvement 'a la machine. Ces moilons font en toutde 2 piés de long, de 18 pouces de large, & de iaou 12 de hauteur. Le moilon de charge n’a d’épais-seur que 2 a 3 pouces.

Les Glaces adoucies passent dans les mains d’au-tres Ouvriers, pour y recevoir leur parfait poli-ment ; ce qui achève de les rendre transparentes,Sc qui leur donne cet éclat si vif qui fait leur per-fection.

Dans la manufacture de Paris on appelle Atte-lier ou Gallerie du dégro£i ì le lieu où se dégrossissentles Glaces ; Sc celui où elles se polissent, fattelier dupoli.

Pour cette dernière façon, après que la Glacea été aussi posée horizontalement Sc exactement deniveau sur une table,on se sert d’une portion de cer-cle en forme d’arc fait d’une branche de bois d’or-me, qui salle ressort : cet arc est attaché d’un boutau plancher au-dessus de la pièce qu’on veut polir ,Sc porte de l’autre fur le polissoir j on rappelle laFlèche. Le bout qui touche au polissoir, se nom-me le Bouton, à cause de la forme d’un bouton qu’ila, taillé dans le bois même; & l’autre la Boutero-le , a cause d’un piton mobile de fer qui y est, Scqui sert à l’attacher au plancher.

Le polissoir, ou plutôt les polissoirs , y en ayantde diverses grandeurs, font des instrument compo-sés d’une petite planche de bois doublée de chapeau*Sc d’une autre pièce aussi de bois plus longue que laplanche. Cette dernière s’appelle le Manche. C’estfur ce manche que pose le bouton de la flèche, dansun trou ménagé au milieu.

A l’égard des matières propres'a polir , les meil-leures font le tripòli, l’émeril bien tamise & passéà l’eau, la potée rouge , Sc celle qui se fait de chauxéteinte , biep exactement pulvérisées & préparées.

L’Ouvrier pour se servir du polissoir, que la for-ce élastique de l’arc , ou flèche de bois , appuyé é-galement fur toutes les parties de la Glace, prendle polissoir par les deux bouts du manche ; & lepoussant de part & d’autre, après avoir mis dessousquelques-unes des matières propres à polir, ou sè-ches ou liquides, suivant qu’il le croit nécessaire, ilachève le poliment ; Sc c’est alors que se décou-vrent parfaitement la beauté, ou les défauts de UGlace.

Les défauts font les bouillons , les flaches, les ta-ches , les pailles & les mauvaises couleurs. La beau-té au contraire consiste a n’avoir rien de cela, &dans la blancheur Sc le brillant. .

On appelle Lustrer une Glace, la rechercher avecle lustroir, qui est une petite régie de bois doubléede chapeau, dont on se sert à la main, pour enle-ver de la superficie jusqu’aux plus petites taches quifont échapées aux divers polissoirs. Quelques Ou-vriers appellent cet instrument une molette, Sc l’u-sage qu’on en fait, Moleter.

Les Glaces s’équarrissent, c’est-à-dire, se coupenten quarté avec le diamant a rabot, dont on fait ail-leurs