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nom de Folie Gobelin qu’il avoit porte' jusques-là ,en celui d’ïîôtei Royal des Gobelins, en conséquen-ce de l’Edit du Roi Louis XIV du mois de Novem-bre de ia même année, vérifié en Parlement le 20Decembre ensuivant, & en la Chambre des ComptesA Cour des Aydes les 20 Février & 3 Mars 1668.
M. Colbert Sur-Intendant des Bàtimens , Jardins,Arts & Manufactures de France, de qui l’on nepeut trop parler , ni avec trop d’éloge, dans unDictionnaire de Commerce, après ce qu’il a contri-bué k le faire fleurir dans le Royaume, & à animerles François a le porter dans les Pays étrangers, &jusques chez- les Nations les plus éloignées, fut,pour ainsi dire, le Promoteur de cet établissement.
Les Maisons Royales qu’il avoit toutes rétablies& embellies, fur-tout le Château du Louvre & lepalais des Thuilleries, dont celui-ci avoit été ache-vé par ses foins, & la magnifique & inimitable faça-de de l’autre étoit déja presque élevée, firent penserà ce Ministre, toujours attentif a la gloire du Prince& de l’Etat, de faire travailler a des meubles qui ré-pondissent a la magnificence des superbes Maisonsque le Roi avoit ordonnées.
^ í)ans ce dessein M. Colbert rassembla une partiede ce qu’il y avoit de plus habiles Ouvriers dans leRoyaume en toutes sortes d’Arts & de Manufactu-res, particulièrement de Peintres , de Tapissiers , deSculpteurs, d’Orfévres & d’Ebenistes. II attira aussien France plusieurs de ceux de ces mêmes profes-sions, qui étoient les plus célébrés dans les Pays é-trangers. II obtint pour eux des privilèges honora-bles 6c des pensions considérables j & pour rendreplus stable rétablissement qu’il projetton, il portale Roi a faire l’acquilnion de 1 Hôtel des Gobelinspour les y loger, 6c a leur donner des articles deRèglement qui aíïurailent leur état, 6c qui fixassentleur police.
L’Edit de 165*7. dont on a ci-deílus rapporte la da-te , donna la dernière forme & la periection a cesprojets par les 17 articles qui le composent.
Après le préambule de i’Edit, où font rappelléscelui de Henri IV de 1607. pour rétablissement d’u-ne Manufacture de tapisseries de haute 6c basse-lissedans le même Fauxbourg S. Marcel, & les Décla-rations 6c Réglemens donnés en'conséquence , leRoi ordonne 6c statue :
i°. Que la Manufacture des tapisseries 6c autresouvrages demeurerait établie dans i’Hôtel appeiiédes Gobelins, maisons 6c lieux en dépendans, appar-tenant a S. M. fur 1a principale porte duquel seroitposé un marbre au dessous des armes de France,avec cette inscription , Manufacture Royale des Meu-bles de la Couronne.
2°. Que lesdites Manufactures 6c dépendancesd’icelles feroient régies & administrées par le Sr.Colbert Sur-Intendant des Bàtimens, Arts 6c Ma-nufactures de France, 6c ses Successeurs a laditeCharge.
3°. Que la conduite en particulier en appartien-droit au Sr. Ie Brun , alors premier Peintre du Roi,én qualité de Directeur, & vacation arrivant, a unautre Directeur capable 6c intelligent dans l’art depeinture, choisi par le Sur-Intendant des Bâti-mens, pour faire les desseins des tapisseries, scul-ptures 6c autres ouvrages, les faire exécuter, 6c a-voir direction & inspection sur les Ouvriers.
4°. Que le Sur-Intendant des Bàtimens 6c le Di-recteur fous lui, tìendroient la Manufacture rempliede bons Peintres , Maîtres Tapissiers de haute-Iisse,Orfèvres, Fondeurs, Graveurs, Lapidaires, Me-nuisiers en ébène 6c en bois , Teinturiers , 6c autresbons Ouvriers en toutes fortes d’arts 6c métiers éta-blis dans ledit Hôtel.
ï°. Qu’il seroit dressé 6c arrêté tous les ans parledit Sur-Intendant un état des Maîtres 6c Ouvriers ,Diction, de Commerce. Tom. II.
LINS.
pour être leurs gages & appointemens réglés 6cpayés par le Trésorier des Bàtimens.
6°. Qu’il seroit entretenu dans lesdites Manufac-tures le nombre de 60 Enfans aux dépens de 8. M.pour l’entretenement de chacun delquels il seroitdélivré au Directeur la somme de 2jo liv. par leditTrésorier en cinq années ; savoir , la première »100 1. ; la seconde , 75 j la troisième , zo; la qua-trième , 2'ï ; 6c la cinquième,-20.
7 0 . Que les Enfans, lors de leur entrée en laditeMaison, feroient mis 6c.placés dans le Séminairedu Directeur, auquel seroit donné un Maître Pein-tre fous lui, qui auroit soin de leur éducation 6cinstruction, pour être ensuite distribués & mis enapprentissage chez les Maîtres des divers Arts 6c Mé-tiers établis dans ledit Hôtel.
8°. Que lesdits Enfans , après six années d’ap-prentissage 6c quatre autres années de service danslesdites Manufactures, même les Aprentifs Orfè-vres , quand ils ne feroient pas Fils de Maîtres ,pourroient lever 6c tenir boutique de leurs arts 6cmétiers, tant a Paris que dans. les autres Villes duRoyaume, fans être tenus de faire expérience ni au-tre chose, que se présenter devant les Maîtres 6cGardes desdits Arts 6c Métiers , pour être admis fansfraix entre les Maîtres de leur Communauté, fur lesimple Certificat dudit Sur-Intendant des Bàtimens.
9 0 . Que néanmoins ceux desdits Enfans qui au-roient été engagés pendant un an dans les Manufac-tures dudit Hôtel du consentement de leurs Pères6c Mères , 6c qui en sortiraient après le tems fanscongé dudit Sur-Intendant, feroient déclarés inca-pables de parvenir k la Maîtrise du métier auquel ilsy auraient travaillé.
io°. Que les Ouvriers qui auraient travaillé fansdiscontinuation dans lesdites Manufactures pendantsix ans , pourroient pareillement être reçùs Maîtresà la maniéré accoutumée comme dessus, aussi fur leCertificat du Sur-Intendant des Bàtimens;
ix°. Que les Ouvriers employés dans lesditesManufactures lè retireraient dans les massons lesplus proches de l’Hòtel des Gobelins, 6c que douzedesdites maisons où ils ferment demeurans, au-raient des Sauve-gardes, 6c feroient exemtes détous logemens de Gens de guerre.
Que les Ouvriers étrangers pareillement
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employés 6c travaillans actuellement dans ledit Hô-tel , venans a décéder, feroient réputés Regnicoles ,6c leurs successions recueillies par qui elles appartien-draient de droit ; 6c que ceux desdits Ouvriers é-trangers qui y auraient travaillé pendant le tems dedix ans, feroient aussi censés vrais 6c naturels Fran-çois, encore qu’après ledit tems ils se fussent retirésdes Manufactures , & leurs successions recueilliescomme dessus, fans avoir besoin de Lettres de Na-turalisé, ni d’autres Actes, que de l’extrait du présentÉdit, 6c le Certificat du Sur-Intendant des Bàtimens.
13 0 . Que tous lesdits Ouvriers feroient exemts ddtutelle, curatelle, guet, garde de ville 6c autrescharges publiques ou personnelles , tant qu’ils fe-rment employés dans les Manufactyres, s’ils ne veu-lent les accepter volontairement;
ï 4°. Qu’ils feroient pareillement exemts de tou-tes tailles & impositions , encore qu’ils fussent sortisde lieux taillables, dans lesquels même ils auroientété cottisés.
i?°. Qu’il seroit loisible aú Directeur de fairddresser en des lieux propres des brasseries de bièrepour Tissage des Ouvriers, fans qu’ils en pussent êtreempêchés par les Brasseurs, ni tenus de payer aucunsdroits.
16 0 . Àfin que les Ouvriers ne fussent point dis-traits de leur travail par les procès, qu’eux, leur fa-mille 6c domestiques pourroient avoir èn plusieurs6c différentes Jurifdictions, S. M. en attribue la con-
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