GRA. GRE,
grosses semelles du dessous des souliers & autres tel-les chaussures. C’est dans cette entaille qu’ils ca-chent les points du fil gros dont ils les cousent &les joignent avec Tempeigne & la trepointe. Ils nom-ment Reléve-Gravure un petit couteau à pointe é-nioussée, qui leur sert à élargir cette entaille pourdonner passage a Patène, ou pour la rabattre quandla semelle est cousue.
GRAVIER. Gros fable qui se trouve au fond &sur le bord de la mer & des rivières. Quand on a jet—té la fonde, on connoit si le fond ett de gravier oude roche. On appelle aussi Gravier, le fable quise trouve dans le sédiment de surine.
GRA VOIR. Outil de Miroitier - Lunetier. C’estavec cet outil que les Maîtres de cette profession iqui Rappliquent k faire ces cercles d’écaille de tortueou de corne, qu’on appelle les Chasses de lunettes >font cette rainure qui est au dedans de chaque chas-se , & dans laquelle se placent les deux verres dechaque lunette.
Cet instrument a quatre parties j qui font un Che-valet , un Archet ou Touret, une Platine & le Gra-vait avec fa boëte. Les deux premiers qui fontcommuns a plusieurs autres Ouvriers, font expli-qués k f Article des Chevalets ou des Forets.
A i’égard du Gravoìr proprement dit , c’est unépetite plaque d’acier très mince, de forme sphéri-que , avec des dents de scie autour de fa circon-férence. Elle a un peu moins de diamètre que leschasses, & est portée par un petit arbre qui la tra-verse , qui a ses poupées comme les arbres des tours,k tourner en l’air. La platine est aussi d’acier , po-sée derrière le Gravoìr : elle est d’un plus granddiamètre , àfin que l’Òuvrier puisse y appuyer lachasse qu’il veut rainer , & qu’ii conduit de la maingauche, tandis que de la droite il fait tourner leGravoir par le moyen de la corde de son archet,qui fait un tour sur la boète du touret. Voyez.Chasse. , ...
GRAVOIS. Démolitions des Bâtimens , sur-tout de ceux qui sont de plâtre. Les Régiemens dePolice ordonnent que les Gravois soient enlevés 24heures aorès qssils font déposés dans la rue.
GRAVURE. Voyez. Graveure.
f- GREBE. C’est un oiseau aquatique de la Suis-se, dont on tire principalement a Neufchâtel, &'aGenève, des peaux couvertes du plus beau duvet quise puisse voir au monde. On en sait des manchonsde Dames d’une couleur blanche tirant fur la perle *& d’un luisant fin & argenté, de sorte qu’on nepeut rien voir dé plus frapant ni de plus riche.Aussi c’est un ornement de cette espèce , qui est leplus recherché parmi les Princesses, & les plus gran-des Dames de l’Europé. On en fait aussi de bellesPalatines , des garnitures de Bonnet, &c.
Ce n’est pas la peau du ventre qui peut servirpour cet usage , parce que le dessus du corps de cetoiseau, n’est point de cette couleur, & qu’il n’arien de beau. Chaque peau des plus grandes de cet-te espèce, ne se vend guére moins de deux écusou d’un Ducat d’or ; il en faut cinq pour un man-chon de Dame de la grandeur qu’elles les portentaujourd’hui, ( 1741.) Un manchon de cinq peaux,fait par un Maître du Pays, que Pexpérience a ren-du habile dans cette forte de pelleterie, revient or-dinairement k 12 écus. II vaut moins , si on le prendplus petit, feulement de quatre peaux.
Ces peaux ne font connues que depuis la fin dusiécle passé. La rareté de cet oiseau les a rencheries,ou amené depuis quelque tems au prix que je viensde dire. Dans les commencemens qu’on en connois-soit l’usage , elles valoient les deux tiers ou la moitiéruoins, du prix d’aujourd’hui. La chasse qu’on erifait chaque hiver, semble en avoir diminué l’espé-ce; ou peut-être est-ce l’épouvante qu’il a de laguerre qu’on lui fait, qui est cause qu’on le voltJDiclion. de Commerce. Tom. II.
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plus rarement. II a appris fans doute a íe tenir fur sesgardes , car on remarque qu’il devient tous les joursplus fin aux ruses des chasseurs.
De futilité de cet oiseau , remontons k ce qui re-garde ion histoire , quoique je ne puisse la donnerqu’imparfaite , soit parce que je n’ai pas eu occasionde l’observer de près , soit parce qu’on ne trouverien dans le.s Auteurs fur l’histoire naturelle, qui encaractérise bien i’espéce, sous le genre auquel il.appartient j car il est du nombre des oiseaux qu’onnomme Palmipèdes & Ichthyophages-, mots dérivés duLatin & du Grec.
Sa grandeur approche assez de celle d’une oye, &paroit même plus longue. Son bec est blanc,rond, droit & pointu, de la longueur de quatre tra-vers de doigt. Sa couleur fur le dos, est gris-brun , ou noirâtre, de même que la tête & les ai-les , & fous i-e ventre il •est d’un blanc de perle vivi-fié d’un beau lustre. Les jambes & les piés fontgris & écailleux , munis chacun de trois doigts liésensemble par une membrane k la façon de ceux desoyes, pour lui servir de nageoires. Ses cuisses fontsituées si près de l’anus, qu’il est obligé de marcherle corps élevé ou presque droit a la maniéré deshommes ; mais il le fait avec assez de peine, car ilse sert pour cela quelquefois de ses ailes. Sa pesan-teur enfin est d’environ z a .4 livres.
On ne le voit jamais qu’en hiver. On croît, avecbeaucoup de raison, qu’ii passe l’Eté fur les hautesmontagnes des Alpes, où il y a de petits Lacsremplis denoiíïon; car il ne vit que de cette vian-de. II descend tous les hivers lorsque ces Lacs fontgelés, pour se rendre fur ceux qui font plus grands& qui font dans la Suisse, entr’autres fur le Lac déGenève, lesquels ne gèlent que très rarement. Onne le peut chasser que dans cette saison. La chasseen est pénible , ne se laissant que difficilement apro-cher, & on ne lui voit sur t’eau que la tête qu’il aassez petite. ....
Le Grèbe enfin, est du genre des plongeons,qu’on appelle Mouettes, & en Latin Mergús , le-quel genre renferme beaucoup d’efpéces , que plu-sieurs Auteurs ont décrites , du moins les plus con-nues. Ge'ner en a décrit une eíbéce fous le nom deColymbus , qui í'emb.e répondre a nôtre oiseau jmais ce qu’i > en dit est si en abrégé , qu’on ne sauroits’assurer si c’est le, même. II n’y á rien qui caractérisemieux nôtre espèce, que le beau lustre couleur deperle qui régne sur le duvet de son ventre ; car il estle seul de tous les oiseaux qui ait cette couleur lustrée.Le nom de Grèbe est usité dans la Suisse Françoise.On l’appelle en patois de Neufchâtel Meicre. * Mém.de M. Garçìn .. . .
GRECQUE. Outil de Relieur, qui sert k grec-ques les Livres. C’est une espèce de petite scie.
GRECQUER UN LIVRE. C’est après qu’on l’ácousu, y faire sur le dos avec une petite scie des en-tailles de distance en distance pour y placer les nerfs,afin qu’ils ne paròissent point au dehors, quand leLivre est tout-a-fait.relié.
GRECS. On nomme ainsi dans lë commerce desPeintres & Doreurs du Pont Notre-Dame & duQuai deGêvres, certaines bordures d’une grandeurdéterminée qui servent k encadrer des Estampes. El-les portent 8 pouces 4 lignes de haut , fur 6 pouces4 lignes de largeur. .
GREGE , GRESSE, ou GRATZE. La Soie Grè-ge , est de la foie telle qu’elie est tirée de destus ieScocons. Voyez Soie.
Grege. C’est aussi une espèce de petit peigne défer, dont on se sert dans piusieurs Provinces déFrance , pour séparer la graine dé lin de sa tige.Voyez. Lin. . ..
GREGER LE LIN. C’èst eh abhatrè ía graisseavec la Grège.
GRELET. Voyez. Gurlet & Testu. „ ,
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