GuindAgë. Se dit encore des palans & autrescordages qui servent a charger ou décharger les mar-chandises a un bâtiment de mer. Les dommages &accidens qui arrivent aux marchandises par le défautdes Guindages & cordages, font réputés simplesavaries , & comme tels doivent tomber fur le Maî-tre , le navire & le fret. Art. q du titre 7 d u li-vre 3 de COrdonnance de la Marine du mois d 1 AoûtióíSi.
* GUINDAL, ou GUIND AS. Machine qui sertà élever de gros fardeaux : elle est très simple, ité-rant composée que de trois pièces de bois, d’unepoulie & d’un treuil; les pièces de bois font jointespar emhaut & font dressées dia'gonalement, en fortequ’elles arcboutent les unes contre les autres. Lestourillons du treuil ont leurs trous ou lumières dansdeux des pièces : la poulie est attachée à l’endroit oùles trois pièces de bois fe joignent : enfin deux le-viers qui traversent le treuil servent a le tourner & ydévider le cable qui passe sur la poulie d'en-haut.
GUINDRE. Espèce de rouet , dont les Doubleu-ses fe fervent pour doubler la fois avant de la don-ner au Moulinier, Poyez Soie.
GU 1 NEATUF-LONGEE. Toile de coton &de foie qui se fabrique aux Indes Orientales ; lespièces ont 6, 8 ou 13 aunes de long fur \ ou f delarge.
GUINE’E.' Monnoie d’or qui fe fabrique enAngleterre , ainsi nommée de ce que les premièresfurent fabriquées de la poudre d’or apportée de Gui-née par les vaisseaux Anglois.
La Guinée avoit d’abord été frapée pour valoirjuste 20 íhellings ou la livre sterling. Depuis ellea été augmentée d’un íhelling & demi ; mais ceciseulement par un consentement tacite parmi lesAnglois fans aucune Loi publique. Elle a continuéfur ce pié pendant plus d’un demi-siécle; mais de-puis quelques années fa valeur est fixe par Actedu Parlement à 21 hestlings seulement, & ne passejamais dans le Commerce pour davantage. Or poursavoir maintenant combien vaut une Guinée en li-vres tournois, comme il y a la même difficulté quede la valeur de la livre sterling , & pour ne pas re-peter deux fois la même chose, l’on prie le Lecteurd’avoir recours a i’Articie de la Livre sterling;on y trouvera la chose suffisamment éclaircie. LaGuinée vaut présentement ( 1750. ) 23 livres 5 a 10fols de France.
La Guinée est la monnoie d’or la plus communeen Angleterre : elle pèse 176 grains, & elle est autitre de 22 kar. II y a néanmoins des Jacobus, desAngelots , des Nobles Henri, des Nobles a lâ rose,des pièces à la Croix, &c. mais il fe voit peu de cesespèces en comparaison des Guinées, ayant presquetoutes été converties en cette monnoie depuis lerétablissement de Charles II.
Guine’e. C’est aussi une toile de coton blanche,plus fine que grosse, qui vient des Indes Orientales,particulièrement de la Côte de Coromandel. La piè-ce est de 29 j aunes a 30 aunes, fur f de largeur.
: f II y en a aussi de 28 aunes de long. On faitdes Guinées a Bengale & à la Côte de Madure,qui est contigue au Cap de Comorin ; on y en teinten bleu clair, & en bleu brun de la même lon-gueur.
■ Les Guinéas stufs, nom Anglois qui signifie Etof-fes de Guinée, font des toiles de coton des IndesOrientales, rayées, blanches & bleues : leur longueurest de 3 ? aunes fur f de large. On l’apelle Guinée,Parce qu’elle est bonne pour la traite que les Nationsst’Europe font fur les côtes d’Afrique ; elles ne sentguère différentes des tapsels, hors que ces dernieressont d’un plus grande aunage. Voyez Tapsel.
On appelle Bœufs & Vaches de Guinée les cuirsde ces animaux encore verds, qui Rapportent desCotes du Cap verd & de Guinée par les VaisseauxDiclion. de Commerce. Tom. 11 .
GUÎN. GUIP. 75s
de ía Compagnie du Sénégal, Lr qui s’apprêtent en*»fuite dans les Tanneries de France. Voyez Cuirs.
GUíNGANS. Toile de fil de coton, quelquefoismêlée de fil d’écorce d’arbre, qui n’est ni fine nigrosse ; il y en a de bleue & de blanche, dont lapièce contient pour l’ordinaire 8 aunes de long , fur| a de large. On tire ces fortes de toiles des In-des Orientales , particulièrement de Bengale : il y aaussi des Guingans ou Gingans qui font moitié écor-ce & moitié foie. Voyez Ecorce.
-f- L’Auteur dit, que ces fortes de toiles se tirentparticulièrement de Bengale ; il faut dire plutôt dela Côte de Coromandel ; car c’est la que s’en fait laplus grande quantité , les plus beaux & les meilleurs.II y en a de beaucoup de fortes, d’unis, de rayés,& a petits -carreaux. Ceux-ci font appellés Cher-chartes. II y en a d’autres qu’on nomme Guingans-Tajachêlas , & Guingans-Pinajfe.
-j- Mr. Savary les fait de 8 aunes de longueur ;Toutes ces fortes de toile , font toùjours de 18 cou-dées, ou Cohios , fihâque pièce, ce qui fair 7 \ aunes,a 2 | coudées faune de Paris, selon fa juste valeur.
Ì" II ajoute au nom de Guingans celui de Gingans ;celui-ci est comme les Hollandois l’éerivent; maisils prononcent le g , également fur toutes les voyel-les , comme nous faisons avec ces deux lettres gu;ainsi en François, il ne faut point suivre leur ortho-graphe pour prononcer comme eux les noms Indiensqu’on voit dans leurs listes des marchandises qu’ilsapportent des Indes. * Mem. de Mr. Garcin.
GUINGUET. O11 appelle Camelots Guinguets ,de petits camelots très légers, qui fe font dans laSayetterie d’Amiens ; il y en a d’unis & de rayés ;leur largeur est de demi-aune. Voyez Camelot.
GUINGUETTE. Voyez Gainguette.
GUIPER. Terme de Passementier-Boutonrtier &de .Tissutier-Rubanier. II signifie tordre les fils pen-dans d’une frange par le moyen de l’instrument qu’onnomme Guipoir. Voyez V Article suivant.
GUIPOIR. Outil de fer crochu d’un côté & char-gé de l’autre d’un petit morceau de plomb pour luidonner du poids, dont les Passementiers-Bouton-niers & les Tilïutiers-Rubaniers se servent pour fai-re des franges torses , en les attachant par le boutcrochu aux fils pendans pour les tordre; ce qu’ilsappellent Guiper la frange. Voyez Frange.
GUIPURE. Sorte d’ouvrage qui n’est autre cho-se qu’une espèce de dentelle ou passement composéde cartifane & de soie tortillée , qu’on a mis autourd’un cordon de soie ou de fil : cette soie tortillées’appelle aussi Guipure; d’où il y a de f apparenceqtie tout l’ouvrage a pris son nom.
Les Guipures se fabriquent ainsi que les dentel-les fur un oreiller , avec des fuseaux & des épinglesen suivant un dessein : il s’en fait de plusieurs cou-,leurs & nuances , de fines , de moyennes & de gros-ses , de larges, de moins larges & de très étroites ;les plus étroites fe nomment Tête de More.
Moins il y a de cartifane dans les Guipures , &plus elles font estimées ; la cartifane ne pouvant sou-tenir seau sans fe gâter, a cause que ce n’est quedu parchemin ou velin couvert de foie.
Les lieux de France où il se fait le plus de Gui-pures , font, 8. Denis en France , Villers le Bel,Ecouen, Cercele , 8. Brice, Grostait, Montmo-rency , Tremblay , Villepinte & lieux circonvoisins.
Il s’en confommoit autrefois une quantité prodi-gieuse dans le Royaume ; mais depuis que la modeen est passée en France, n’y ayant a présent que lesPaysannes qui en portent, elles s’envoyent presquetoutes en Espagne, en Portugal, en Allemagne &dans les Indes Espagnoles où elles sent fort en usage.
Les Guipures font une portion du négoce des Mar-chands Merciers & du travail des Passementiers-Bou-tonniers , étant permis â ces derniers, suivant Parti—cle 29 de leurs Statuts du mois d’Avril 1653. d’en-
lia faires