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La Cabale fit a peu près le même office citez lesJuifs que les Hiéroglyphes chez les Egyptiens. Cefont des Caractères fort diffêrens des Lettres Hé-braïques ordinaires.
Les Grecs, curieux comme ils Pétoient, ne né-gligèrent pas cette science, Ii y avoit en Gréce desgens employés dans les affaires publiques & parti-culières, dont le talent consistoit non feulement dansles abbréviations, mais dans fart de fe servir de ca-ractères inconnus : fans parler d’autres moyens en-
LET, LE V. • ïo$5
tion. Cette Addition pourroit d’ailleurs paroître é-trangére à ceux qui ne réfìéchiroient pas que Pin-vention des Lettres est le premier des Arts. Schuck-ford Hist. du monde Tom. I. p. 218. a examiné aulong cette matière. On peut y avoir recours.
Lettres. Se dit particulièrement des caractèresde métal qui fervent a l’Imprimerie. Ì 1 y en a dediverses fortes pour la figure, & encore de plus desortes pour la grosseur.
Les Lettres rondes & les Lettres italiques font
core plus secrets. /"presque les seules dont on fe sert présentement pour
Passons aux Romains. Tullius Tito , affranchi do l’improffion du Latin & des Langues vulgaires, si l’on
Cicéron-, fut le premier qui inventa des notes si abré-gées pour exprimer des mots entiers, qu'il écrivoitune Harangue de Caton , a mesure qu’il la pronon-çait , quoiqu’il parlât fort vite. \Ce secret plut tantà Auguste, qu’il chargea ses affranchis d’augmenterle nombre de ces notes, qui allèrent avec le temsjufqu’â 5:000. De-la ces Ecrivains furent appellesNotarii ; & comme elles étoient en usage dans lesTestamens & autres Actes publics, nos Notaires enont conservé le nom qu'ils portent. Justinien lesabolit dans les affaires publiques, parce quelles ou-vroient un vaste champ a la chicane.
Les anciens Germains , quoique peu studieux , &
en excepte pourtant plusieurs Peuples de la haute &basse Allemagne, dont les Lettres approchent beau-coup de l’ancien Gothique,qui a eu quelque tems as-sez de vogue en France, mais dont on s’est dégoûtéavec raison.
On fond aussi des Lettres & des caractères pour leGrec, l’Hébreu , le Syriaque, l'Arabe, le Gopte ,l’Arménien & quantité d’autres Langues, ou qui fontprésentement du nombre des Langues savantes mor-tes, ou qui font encore vivantes & d’ufage parmiplusieurs Nations Orientales.
A i’égard de la diversité de grosseur des Lettresou caractères d’Imprimerie, on peut les diviser d’a-
tout dévoués a l’Art Militaire, nous fournissent pour- bord en Lettres initiales, majuscules & capitales , qui
tant quelques traces de la Science dont il s'agit. font encore de deux sortes, grandes & petites ca-
Tacite en racontant la manière dont ils faifoient leurs pitaies, & en Lettres courantes. Les Lettres con-forts , dit qu’ils imprimoient certaines marques fur tantes, dont le corps des livres est composé, sont
des branches d’arbres découpées, qu’ils les jettoient au moins de dix-sept sortes différentes,depuis le gros
ensuite pêle-mêle fur un drap blanc , & qu’ils se ré- double-Canon qui est la plus grosse, jufqu’a la Se-
gloient dans leur interprétation fur la maniéré dont
ces marques fe trouvoient disposées
Les Cimbres & les Danois, livrés a la superstition,employoient dans leurs opérations magiques, lesfameuses Lettres Runicjues.
Ces observations font tirées de l’ouvrage curieuxde Christ. Breithaupti , Ars decifratoria , five Scientiaoccultas scientias solvendi & legendi , in 8. Helmfl.1 >737. dont il est fait mention dans la Biblioth. Ger-man. Tom. 48.
Mr. l’Abbé Renaudot a donné deux Mémoires furl’origine des Lettres Grecques, dans les Mem. deLiterature de lAcadem. des bijcript> & Belles Lettres ,Tom. III.
Un de ceux, dit-il, qui ont le mieux éclairci cequi a rapport a cette question, est Joseph Scaliger,dans ses notes fur la Chronique d'Eusébe , dans les-quelles il a inféré une savante Dissertation , par la-quelle il a prouvé que les Lettres Grecques & cellesde l’Alphabet Latin qui ont été formées, tirentleur origine des anciennes Lettres Hébraïques ou
danoise qui est la plus menue; mais comme on par-le amplement,en plusieurs Articles de ce Dictionnai-re , de la fonte des Lettres ou caractères,' de leurdiversité & de leur usage dans fart de l’Imprimerie *pour ne pas faire de répétition inutile, on peut yavoir recours. Voyez. Fondeur de Caractères.Voyez aujst Caractères & Imprimerie.
LEVAGE. II fe dit de l’imposition & levée desdroits qui fe font fur les Marchandises. Par les Let-tres Patentes pour rétablissement des Foires Fran-ches de 8. Denis, les Marchands & Marchandi-ses font déchargés de tous péages, barrages, Leva-ges & acquits, tant vieux que nouveaux.
* LEVAIN. C’est un ferment acide, dont on faitusage dans quelques Arts, pour faire lever, échauf-fer , & bouillir ou fermenter certaines matières.Levain , Ferment , & Menstrue , font synonimes. LesChimistes s’enfervent beaucoup dans la fermentationqu’il font faire a certaines matières à distiller, pouíen tirer mieux les parties spiritueuses.
Levain. En terme de Boulanger & de Pâtissier ,
Phéniciennes, & que’les noms & les figures des est un morceau de pâte aigrie ou imbibée de quel-
Lettres de diffêrens alphabets anciens avoient un tel - ;J ~ ' * n ' 0 ^
rapport, qu’on ne pouvoit douter qu’elles n’eussentla même origine. Ceux qui ont écrit depuis, ontpresque tous suivi & copié Scaliger : M. Renaudotfait plus , il éclaircit cette question avec méthode.
Les Livres Sacrés de Moyfe font certainementbeaucoup plus anciens que tout ce que les Payensavoient entre les mains ; d’où il s’enfuit que les Let-tres étoient auffi plus anciennes que celles des Na-tions distinguées du Peuple de Dieu.
Ce qu’il y a de plus íur , c’est qu’on ne peut a-bandonner des preuves & des autorités auffi clairesque celles d?Hérodote , de Diodore de Sicile , & depresque tous les Anciens, qui attribuent aux Phé-niciens & aux Syriens la première invention desLettres. Enfin toutes les Lettres des Nations d’Eu-
rope & d’Asie, excepté les Indiens & les Chinois,ont été formées fur les Phéniciennes.
II feroit peu convenable d'entrer ici dans les dis-cussions formées fur cette matière des plus Curieuses.II suffit d’avoir donné une idée de l’origine des Let-tres de diverses Nations, après ceux qui ont é-clairci, autant qu’il est possible, cette fameuse ques-Dislion. de Commerce. Tom. II.
que acide , qui fait lever, enfler, & fermenter uneplus grande quantité de pâte avec laquelle on lamêle.
Le Levain de simple pâte aigrie se peut conser-ver 4 jours en été, sc 8 jours en hiver. Quand onveut s’en servir, il faut le rafraîchir, c’est-â-dire,en délayer & paîtrir dans une certaine quantité defarine un morceau proportionné a la pâte qu’on veutlever ; de deux livres par exemple dans quatre bois-seaux de farine, quand toute la cuite est de vingtboisseaux.
Lors que le Levain est rafraîchi, on le iaisie fer-menter pendant 6 heures quand il fait chaud , &le double quand il fait froid.
Cette masse de pâte levée fe mêle ensuite sc fedélaye dans le reste de la farine avec de l’eau chau-de, qu’on laisse revenir trois ou six heures, suivant leplus ou moins de chaleur du tems; après quoi on lepaîtrit a forfait.
Enfin le pain tourné & dressé fe met fur la cou-che, où il faut qu’il fe léve encore pendant une heureen été, sc pendant trois ou quatre en hiver.
On parle ailleurs du Levain qui fe fait avec de íâ
X x 2 levure