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levure de bière. Voyez Leveure.
On appelle du Pain sans Levain celui dans lequelon n’a mêlé ni pâte aigrie ni autre acide qui le puissefaire'fermenter. Voyez Pain a chanter.
LEVANT. Les François appellent ainsi les Payssitués a l’Orient â l’égard de la France. II ne se ditnéanmoins que de ceux qui font les plus proches denous , & qui ne s’étendent guére au-del'a de la Mé-diterranée j les autres, comme la Perse, l’Inde, laChine, le Japon, conservent le nom d’Orient.
Les Echelles du Levant font les Villes de Com-merce situées fur les Côtes ou dans les Iles de cettepartie de la Méditerranée qu’on nomme la Mer duLevant, comme Smyrne, Seyde, Alep, Chypre,Chio , &c. Voyez Echelle.
Marchandises du Levant, font celles que les Na-tions de l'Europe qui font commerce dans le Le-vant , & qui y envoyent des vaisseaux, en rappor-tent par leurs retours. Ainsi l’on dit, du Séné de Le-vant , de la Casse de Levant, du maroquin de Le-vant , parce que ces drogues & cette espèce de cuirse tirent du Levant par la Méditerranée.
On dit qu’un Marchand trafique dans le Levant ,pour dire qu’il a ses Correspondans dans les Echel-les de la Méditerranée, c’est-à-dire , qui font situéesdans les Etats du Grand Seigneur ; qu’il y envoyédes marchandises, & qu’on lui en envoye d’autresdu Pays.
Les étoffes d’or, d’argent, de foie, de coton ,de fil, de laine, d’écorce d’arbre , & autres sembla-bles qui viennent du Levant, font comprises dansles défenses générales qui ont été faites en Francede celles de Perse, des Indes & de la Chine, la plu-part de ces marchandises y étant fabriquées. VoyezEtoffes de la Chine.
Par un Arrêt du Conseil du ij Août 1685. don-né en explication de l’Edit du mois de Mars 1669.pour la franchise du Port de Marseille , il est ordon-né qu’il sera levé sur toutes les marchandises venantdu Levant, Barbarie, & autres Pays & Terres dela domination du Grand Seigneur, entrant par la-dite Ville de Marseille, vingt pour cent de leur va-leur , si elles ont été entreposées à Genes, Livourne& autres Villes & Pays étrangers ; & que si ellesentrent par le Port de Rouen , elles seront sujettesau même droit, soit qu’elles ayent été entreposéesavant que d’y être portées, soit qu’elles y arriventen droiture. Voyez Commerce du Levant.
LEUDE ou LAPIDE. Droit de péage qui se lè-ve en quelques endroits du Languedoc fur les den-rées & marchandises qui font portées à Toulousepar les Etrangers. Les Habitans de cette Ville enfont exemts , & ont été confirmés dans cette im-munité par un Arrêt du Conseil de l’année 1539.
LEVE’E. Terme de fabrique d’étoffe à la navet-te & au métier. C’est autant d’ouvrage qu’un Ou-vrier en peut faire sans être obligé de rouler fur l’en-fuble de devant l’ouvrage déja fait. Cet ouvrier esthabile , il fait plus d’une Levée par jour.
Leve’e. Se dit aussi de l’étoffe qu’on coupe d’u-ne pièce chez un Marchand. Cette pièce de veloursest presque entière, on n’en a pris qu’une Levée dejupe.
LEVER de l’étoffe, du drap, de la serge, &c.C’est acheter chez un Marchand ces sortes de mar-chandises à l’aune, ou les faire couper à la pièce.
On dit en ce sens : Je m’en vai lever 4 aunes dedrap pour me faire un habit. J’ai donné ordre deme lever 100 aunes de damas pour un meuble.
Lever Boutique. C’est louer une boutique,& la remplir d’un assortiment de marchandises pouren faire négoce, & la tenir ouverte aux Marchandsqui se présentent pour acheter.
Lever Chambre. Se dit parmi les Tireurs d’orde la Ville de Lyon, du droit qu’ont les Compa-gnons, qui après leur apprentissage ont encore ser-
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vi dix ans chez les Maîtres, de travailler en cham-bre.
Les deux premiers des sept articles ajoutés à leursStatuts en 1683. donnent ce privilège aux Compa-gnons , mais avec la restriction portée par l’Arrêtde la Cour des Monnoies de la même année, qu’ilsne pourront travailler pour leur compte, ains seu-lement pour celui des Maîtres ou Veuves non ayantouvroirs , de qui ils seront avoués.
LEVEUR. Terme de Manufacture de papier.C’est l’Ouvrier qui dans les papéteries léve les feuil-les de papier de dessus les feutres , pour les mettre»les unes fur les autres fur le drapant. Voyez Papier.
LEVEURE. Couenne ou peau qu’on léve de des-sus les flèches de lard, lorsqu’on veut les tailler enbardes ou en lardons.
11 y a de pauvres femmes qui étalent aux halles& aux autres marchés de Paris , qui subsistent assezcommodément du petit négoce qu’elles font des Le-vures de lard & des graisses qu’elles achètent desTraiteurs , Cuisiniers & Rôtisseurs. Voyez Lard.
LEVEURE. C’est aussi une écume ou mousse quifort de la bière quand elle bout dans le tonneau ,& dont les Boulangers de petit pain se servent pourfaire lever leur pâte, au lieu du levain ou pâte ai-grie qu’ils employeur pour le gros pain. Ils s’en fer-vent aussi pour leurs croûtes légères, & elle est pa-reillement de quelque usage parmi les Teinturiers ,& les dégraifleurs & détacheurs d’habits.
La plupart du pain des Communautés de Reli-gieux & Religieuses où l’on cuit tous les jours, sefait pareillement avec cette Leveure; ce qui le rendquelquefois un peu amer, quand on y en met trop.La Leveure enfle beaucoup la pâte & en peu de tems,& rend le pain plus léger, plus délicat, & plus ten-dre.
11 y a près d’un siécle que les Boulangers de Pa-ris se servent de Leveure , en ayant enfin obtenu lapermission par un Arrêt du Parlement, malgré leDécret de la Faculté de Médecine de Paris, qui l’a-voit déclaré contraire à la santé. 11 paroît que l’ex-pe’rience a encore depuis décidé en faveur de la Bou-langerie contre la Médecine.
Fline cité par M. Furetiére, raporte que nos an-ciens Gaulois se servoient aussi de Leveure de bière :ainsi c’est un héritage qui nous est venu d’eux.
Ce font de pauvres femmes qui font le négoce dela Leveure de bière. Elles la portent tous les ma-tins aux Boulangers & autres qui s’en fervent, dansdes boètes ou boisseaux fermés qu’elles mettent furleur tête à la maniéré des Porteuses de lait. VoyezPaste.
LEVIER. Instrument de fer, d’acier, ou de bois ,qui sert à remuer & à lever les gros fardeaux.
C’est la première & la plus simple de toutes lesmachines, de laquelle néanmoins les autres emprun-tent leur force. La Balance & la Romaine ou le Pe-so n résultent du Levier. Le Levier de fer se nom-me Pince', on en parlera à son Article. Le Levier debois conserve son nom ; c’est celui dont on parleici.
Ce dernier Levier n’est qu’une longue & forte piè-ce de bois,dont on mesure la grosseur & la longueursur la pesanteur des choses qu’on veut lever. Plusil est long, plus il fait effort ; mais toute fa forcene vient que de l’endroit où l’on place le coin furlequel on veut faire la pesée.
Pour se servir du Levier, on en met un des boutsfous le fardeau qu’on veut lever ; & après avoir pla-cé un coin de pierre ou de bois au dessous & prèsdu bout engagé fous le fardeau , on pèse sur l’autrebout. Les Charpentiers , Marbriers , Tailleurs dede pierres, Carriers, & autres tels Ouvriers qui ontde pesans fardeaux à remuer , se servent du Levierde bois.
On nomme Orgueil le coin qu’on met fous le
Levier ,