ne se joue pas deux fois à ceux qui en Pa-yent tant. Ces considérations & d’autres queje ne vous dis pas, m’obligent, Guillemette,à vous dédier mon Livre. II me semble queje vous en vois déja ronger les cordons ; quevous vous en battez les joués, & que vous ledéchirez faisant mille gambades, qui me satis-feront bien plus, que le froid accueil d’un grandSeigneur, qui ne me fauroit point de gré demon présent, dans la pensée qu’il auroit, queje lui en demanderois un autre. Maudit soitle Poète , tant Poète íbit-il, qui s’est servi lepremier des productions de son esprit commed’un hameqon. Depuis que les Auteurs fontles gueux en Vers, ou en Prose, l’Epître *Liminaire ne passe que pour une estocade, &quand le Mécénas (a) n’a pas eu la force de
la pa-
louanges ; mais parce qu’ils floriffoient de son teins,ils l’ont flaté. Tacite & Suétone font plus sincères;ils n’ont ni craint, ui espéré, ni reçu de ce côté-là ;& c’est tout dire.
* II Falloit dire Préliminaire.
(il) On dit Mécénas & Mécène. En attendantque P Académie se déclare sur cette hagatelle, onsaura que Mécénas étoit un ancien Chevalier Ro-main qui avoit beaucoup de crédit à la Cour d’Au-guste, & qu’il Favorisoit auprès de cet EmpereurHorace & Virgile. Depuis on a appelle Mécénascelui qui appuyé les amis des Muses: mais hélas!Qu’il y a peu de Mécènes en ce tems-ci ! La plu-part des enfuis du Parnasse & autres qui se mêlentde grisonner , meurent de faim & ne sont couvertsque de simple Bureau. Le pauvre Cassamlre & lepauvre du Perier font de tristes exemples de cetteVérité.
Ma foi, leur fortune efi petite ,
Le Feu île la Frose U des FersNs fait plus bouillir la marmite.