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Tome premier.
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Z2L Lettres

s’il vous plaît, en passant, qu’en cette occa-sion il y va non seulement de shabile homme;mais de l’homme d’honneur. Un Plagiairefait un larcin de choses d’autant plus précieu-ses, qu’elles font spirituelles. C’est un cri-me de la volonté, aussi bien qu’un défautdé l’entendement ; & la Morale y souffre auffibien que la Poésie & la Rhétorique. Maislaissons ce chapitre à part, je ne fuis pas payépour censurer vos mœurs. Je n’en veux qu’àvotre ftile, qui ( pour vous dire ce que j’en

Í iensc ) est bien un des plus étrangers que’on ait jamais vû dans tous les Pais & entoutes les Langues. II semble que vous n’é-criviez jamais que pour mettre les esprits àla torture, votre intention ne se peut décou-vrir , on a beau chercher votre pensée, ona beau se donner la gêne pour la deviner,on n’en sauroit venir à bout. Commentai-res , gloses, conjectures, vous êtes à l’épreu-ve & à l’abri de tout cela. Chacun de vosVers à part fans se mêler avec son voisin, abien quelque espèce de signification ; maisquand on pense en joindre deux, on perdla tramontane, on ne fait plus où l’on enest. On se doute bien que c’est une sottise :mais on n’est pas assure quelle sottise c’est.Je vous avoue que vous feriez bien de vousrendre obscur comme vous faites, si quelqu’unvous obligeoit à écrire ; parce qu’il est avan-tageux qu’on ne sache pas ce que vous vou-lez dire. Mais si vous voulez n’étre pas en-tendu , qui vous empêche de vous taire ? Est-ce une nécessité que vous écriviez ? Est-il be-soin que vous soyez un importun public, &que vous veniez tous les jours nous romprela tête , parce que la civilité nous empêchede vous imposer silence? A’avez- vous point