Satiriques. 3^7
imieux fermer. Vous faites le César, quanddu haut de votre Tribune Pédagogue, & Bour-reau de cent Ecoliers, vous regardez gémirfous un Sceptre de bois votre petite Monar-chie ; mais prenez garde qu’un Tyran n’exciteun Brutus ; car quoique vous soyez l’efpacede quatre heures fur la tête des Empereurs,votre Domination n'est pas 11 fortement établiequ’un coup de cloche ne la détruise deux foispar jour. On dit que pan tout vous vous van-tez d’expofer & votre conscience & votre sa-lut. Je crois cela de votre piété, mais derisquer votre vie à cette intention , je saì quevous étés trop lâche & que vous ne voudriezpas jouer contre la Monarchie du Monde,vous conseillez & concertez ma ruine, maisce lònt des morceaux que vous taillez pourd’autres, vous seriez fort aise de contemplersûrement de la rive un naufrage en haute mer,& cependant je suis dévoué au pistolet parun Pédant bigot ; un Pédant m sacrk , quidevroit pour l’exemple, si l’image d’un pisto-let avoit pris place en fa pensée, se faire exor-ciser. Barbare Maître d’Ecole ; quel sujet vousai-je donné de me tant vouloir de mal, vousfeuilletez peut-être tous les crimes dont vousêtes coupable, & pour lors il vous souvientde m’accùser de l’impiété que vous reprochevotre mémoire ; mais sachez que je connoisune chose que vous ne connoisl'ez point, quecette chose est Dieu, & que l’un des plusforts argumens, après ceux de la Foi, quim’ont convaincu de fa véritable existence,c’est d’avoir considéré que fans une première& souveraine bonté qui régne dans l’Univers,foible & méchant comme vous êtes, vous n’au-riez pas été si long-tems impuni. Au restej’ai appris que quelques petits Ouvrages un
peu