A MADAME Costar,
Tom. I.
LA MARQUISE Lett. i;/.
DE L AVARDIN.
Réflexions far les Lettres de Mr- le Car-dinal Bentivoglio.
J E ne saurais mieux, Madame, vous remer-cier des excellentes Lettres Italiennes, qu’ilvous a plú m’envoyer, qu’en vous faisant part ,du profit que j’ai fait d’une si charmante lec-ture. Leur Auteur a une incroyable facilitéde «'accommoder à toutes fortes de sujets &de personnes. Ses ornemens font fans affec-tation : fa négligence est agréable ; fa forcen’est ni trop rude, ni trop étendue; & sonftile est si rempli de lumières, que quand ilne brille pas, il luit. Ce qu’il dit des Suisses,me paraît heureusement imaginé ; que les Al-pes font faites pour eux , & qu’ils font faitspour les Alpes. L’Alfa fan per gli Suìzzeri ,e gli Suizzeri per Alfa. En effet, un Peu-ple si. sauvage ne meritoit pas un Ciel plusdoux. Je me souviens là-dessus de ces Versdu Tasse, fur les Habitans du Blefois & delaTouraine :
Non è gente robujìa , o faticofa ;
Si ben tutta di ferro eíla relnce ,
La Terra molle , eletta, e dilettofa,
Simili à se gli Jiabitator produce.